MIRACLES ET INTERCESSION DE LA SAINTE
TOMBREUX furent les miracles de Marguerite. Jésus au jour de ses noces lui en avait donné le don, mais il ne nous est pas possible d'en rapporter ur grand nombre dans ces pages qui ne sont qu'un abrégé de son admirable vie.
Un jeune enfant venait de mourir dans les bras de sa mère. Au désespoir, et craignant la colère de son mari, cette femme songea à s'enfuir, mais, pensant à Ja Sainte Tertiaire, elle vint avec confiance lui demander la vie de son enfant.
Marguerite pleura d'abord sur cette mère désolée et la consola ensuite en lui disant : ‘Allez, votre enfant est guéri!” Elle retrouva son fils ressuscité et lui souriant. Dans les transports de sa reconnaissance elle publia partout le prodige.
Un homme de lettres, découragé, s'était pendu de désespoir. Marguerite en fut avertie par révélation. Accompagnée
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malheureux, coupa la corde et lui sauva la vie. Délivré de la mort cet homme proit à sa libératrice de remplir désormais
ses devoirs avec plus de courage.
Le bruit de ces miracles s'était répandu au loin, on lui amena de Bourg-Saint- Sépulcre, un enfant possédé du démon.
Quand 1 esprit malin l’agitait, trois hommes ne pouvaient maintenir cet enfant.
Le démon lui-même avait avoué qu'il ne serait chassé que par les mérites de Marcuerit
Dès que les pèlerins furent en vue de Cortone, le démon s'enfuit, en déclarant que l'air était saturé des prières de la Sainte, qui pour lui étaient comme ur feu dévorant. Les parents et l’heureux délivré n’en continuërent pas moins leur route pour remercier la Pénitente qui, toute confuse, leur répondit : ‘* N'attri- | buez qu'à Dieu un miracle auquel mes péchés et mes ingratitudes n'auraient pu | que mettre obstacle.”
Du même Bourg-Saint-Sépulcre fut également délivrée une femme qui abovaïit comme un chien, mugissait comme un
bœuf, rugissait comme un lion et agitait
la tête avec une violence capable di don-
ner la mort.
De son vivant déjà l'intercession de Marguerite était puissante sur le cœur de Dieu. Combien reçurent force, consolation et lumière, grâce à ses prières !
Le Divin Maître renouvela à sa servante la promesse de l'Evangile : ‘ Tout ce que tu demanderas x mon Père en mon nom, tu l'obtiendras. Cortone méritait d'être châtiée; mais à cause de l'alfection, de la vénération qu'elle te témoigne je l’épargnerai, et les calamités dont elle était menacée ne tomberont pas sur elle. J'agirai de même avec quiconque t'aimera et prendra ta défense. Je bénirai ceux qui te béniront et maudirai ceux qui te maudiront.”
Un peu plus tard, fl lui renouvelait la même promesse : J'exaucerai, je béni-
rai quiconque ft ‘invoquera. =
EX LE PÜURGATOIRE.
S son intercession fut secourable aux +7 vivants, elle ne le fut pas moins pour les Ames du Purgatoire. Marguerite avait une compatissante dévotion pour les pauvres âmes et priait avec instance pour leur prompte délivrance.
Celles-ci lui apparaïissaient souvent, et la conjuraient d'être leur libératrice, en leur ouvrant les portes du céleste séjour.
Le Seigneur lui dit un jour :
‘* Dis aux Frères-Mineurs de se souvenir des trépassés, Les âmes qui attendent et souffrent en Purgatoire sont en tel nombre qu'on saurait à peine s'en faire une idée. Elles sont peu secourues par leurs amis. Tu leur diras, en outre, que les religieux qui se mêlent trop aux sollicitudes du siècle souffrent de très grands supplices dans ce lieu d'expiration. ””
Lui révèlant le sort d'une de ses compagnes, Notre Seigneur dit à la Sainte :
‘ Gillia séjournera un mois en purga-
toire où elle ne souffrira cependant que
d’ légères peines pour les viva ités commises sous prétexte de zèle.”
‘“ Je t'annonce que ton père, pour qui tu as tant prié est sorti du purgatoire.
N'en doute pas à la pensée de ce que tu connais de sa vie, car les peines du purgatoire sont variées, il lui en a te réservé de très vives pour qu'il soit plus vite purihié.”
Par une permission divine, les âmes sortaient elles-mêmes de ces prisons de feu pour solliciter la charité si tendre de Marguerite. Deux malheureux assassinés lui apparurent un jour et lui dirent :
‘* Quoique nous n’ayons pas pu nous confesser avant de mourir, la mort nous ayant surpris dans cette forêt sous le coup des brigands, cependant Notre Créateur nous donna à ce moment la contrition de nos péchés et la patience dans la cruelle mort qu'on nous infliveait. Ainsi par sa miséricorde nous avons échappé à l'enfer, mais nous avons péché et nous souffrons cruellement ici, priez pour nous pieuse mère, épouse de Dieu.”
“Les trois défunts pour lesquels tu m'as prié ne sont pas damnés comme on le pense, mais îls souffrent de telles
peines que sans la visite de mes anges ils
ni
© CrOiralent cux-mêmes damnés tant ils sont près des réprouvés,
® Comme Îles cellules des Frères sont séparces les unes des autres, ainsi sont distinctes les peines du Purgatoire: ll | uns sont purifiés dans d'épaisses téné-
bres, d’autres en des caux torrenticlles
ceux-ci dans la glace, ceux-lh dans un incen e de feu.’
Quand le Dieu des éternelles récompenses Jui annonça l'heure de sa mort, Il lui assura qu'elle ne rentrerait pas seule dans la Bicnheureuse Patrie, mais qu'elle serait escortée par une troupe nombreuse d'âmes du Purgatoire déli-
vrées par son intercession, '*