L'ÉPREUVE DE LA CALOMNIE
ee dire tout ce que la Servante de Dieu eut à souffrir et dans son corps et dans son âme? Mais voici une épreuve qui lui fut très sensible.
Par la malice de quelques personnes, des bruits calomnieux furent répandus contre la Sainte, bientôt ils prirent une telle consistance que la vénération dont elle était jusque-là entourée se changea er. mépris général. Elle était traitée d'hypos rite, de folle, de poscédée, On la fuvait. Les soins charitables qu'en prenaient les Frères-Mineurs étaient un scandale ! La crédulité des personnes qui venaient de loin solliciter ses prières et ses conseils était tournée en ridicule.
Ceux qui autrefois avaient loué et béni la bonté de Dieu à l'égard de la pauvre pénitente prétendaient maintenant mettre des bornes à l'infinie miséricorde de Dieu, en affirmant qu'il n'était pas possible que Dieu eût pardonné à une si grande pécheresse et surtout lui eût accordé ses
faveurs.
Pour l'accabler, le Ciel s'unissait À la terre. Pendant cette épreuve, le Seigneur la priva des effets extérieurs de ses ravissements, des larmes et des autres faveurs visibles qui lui avaient attiré le respect de tous.
Pour toute vengeance, Marguerite priait pour s°s calomniateurs, et À l'oc- Casion, leur faisait tout le bien possible.
Une injure soufferte pour l'amour de Jésus-Crist, disait-elle, m'apporte une douceur qui me réconforte et me restaure plus que toute chose,
Ces murmures qui venaient surtout de personnes honorables ébranlèrent les lranciscains eux-mêmes, ils conçurent des doutes et se demandérent si la pauvre pénitente n'était pas le jouet de l’illusion, Le Père Giunta lui-même la traitait durement. Désolée d'être ainsi en suspicion auprès des Frères-Mineurs, Marvuerite souffrit cette peine en silence, se contentant d'en faire part à Notre Seigneur qui l'encouragea à supporter l’épreuve jusqu'à ce qu'il lui plût d'y mettre fin.
Le Chapitre Provincial tenu à Sienne sémut à son tour des bruits fâcheux qui circulaient à Cortone. On recommanda
äuü coniesseur fa plus grande circons-
pection, Le Père Giunta redoubla de réserve, La calomnie n'en continuait pas moins. On cru alors né éssaire d'éloigner le confesseur qui fut envoyé au couvent ‘de Sienne.
La perte de son confesseur fut pour Marguerite une rude épreuve. Homme éclairé de Dieu, il l'avait toujours conduite avec sûreté dans les voies de la perfection. Le Père Jean qui remplaçait quelquefois le Père Giunta fut également éloigné. =
La Sainte comprit qu'elle était, dans son épreuve, un sujet de troubles pour les religieux intimidés. Elle fit donc le sacrifice d'abandonner l’église de Saint Françcois où elle avait été comblée de tant de grâces et elle alla recevoir les sacrements dans une autre église.
La rude épreuve dura sept ans. Quand cet orage si long fut passé, le Père Giunta revint à Cortone et prit soin de l'âme de Marguerite jusqu'à la fin de sa
vie terrestre.
LAXI