T1 SOUS LE FIGUIER
\ \RGUERI I E { hassée s'éloigne
avec son fils qui pleure, La mail-
heureuse jeune lemme ne sait où se
réfugier, elle s'arrête dans le jardin,
et, Ss’asseyant sous un figuier, laisse éclater sa douleur.
Alors le téntateur vient à elle et lui
dit : ‘‘ Reviens à moi, reviens aux délices de la vie. Tu as l'intelligen e, la beauté, la Jeunesse ; tu auras l'amour, et le monde veérsera encore dans ta Coupe toutes les ivresses. Tu n'auras point de reproches à te faire, Puisque tes parents te chassent de leur demeure.’ Marguerite subit tous les
coups de ce violent combat :
dureté d'un père et larmes d’un fils, vision des délices passées, vision des douleurs à venir !... Mais, avec la grâce de Dieu, son
tienne se relève :
âme chré-
"Non, non, Marguerite, se dit-elle avec énergie, ne livre plus tes jours à ]
gnominie et au remords. Assez longtemps tu as déshonoré
ton Créateur, assez longtemps tu as fait
igne mal- 1 se rdin,
écla-
| Jui lices uté, nde
les hes
has-
Her
guerre à Celui qui t'a rachetée au prix de son Sang, L'heure est venue l'expier tes révoltes et tes ingratitudes.
Qu'importe la misère ! Mieux vaut mendier ton pain que de retourner au mal.
lon père de la terre t'a rejetée, ton Père du ciel te recevra.’
La résolution était prise. Notre Seigneur lui rappellera plus tard, en ces termes, Îles étapes de sa conversion :
‘Souviens-toi, ma pauvre petite, de ce
jour où, cédant aux instiswations de ta
marâtre, ton père te chassa de sa mai- __
son. Privée de conseils et de secors:
humains, tu ne savais que faire; tu te retiras dans le jardin, tu t'assis au pied d'un figuier ct tu pleuras longtemps ; Puis, tournant ton regard vers moi, tu me prias d'être ton maître, ton père, ton époux, ton seigneur, en déplorant humblement ta misère corporelle et spirituelle. Mais au même moment, l'antique serpent te voyant chassée par ton père, en prit occasion pour t'inspirer la présomption odieuse que ta beauté et ta jeunesse te demeuraient comme un trésor sufisant; il te suggéra que, rejetée de la sorte, tu pouvais être excusable de t’abandonner de nouveau au péché...
Mais par mon inspiration et ma lumière,
je touchai ta conscience, je te fis prendre
la résolution de te rendre tout de suite a Cortone, Pour t'y soumettre a l’obéissance de mes lFrères-Mineurs : ton esprit fut rempli de force et tu te mis en chemin.”
ARE ei rad: SUR
PRIOR PSN 2"
CORTONXE,
PRES par l'inspiration divine
Marguerite rejetée par son père, victorieuse du tentateur, se dirigea vers Cortone., À l'entrée de la ville, elle fit la rencontre des deux comtesses Maneria et Rancria, la belle-mère et la bru, toutes deux dévouées à St François et à son Ordre. Elles remarquèrent cette jeune ctrangère, au visage tout défait et baigné de larmes, et, s'approchant d'elle avec bonté, lui offrirent leur assistance. Les sanglots de Margucrite redoublent. Au milieu de ses pleurs, elle leur fait le récit de ses égarements et découvre ses projets de pénitence qu'elle veut accomplir sous la conduite des Fréres-Mineurs.
l'ouchées de compassion, elles s'offrent 4 la recevoir dans leur maison ainsi que son fils, et à intéresser en sa faveur les religieux de St François. Marguerite accepte avec reconnaissance, voyart,
dans cette prévenance, une nouvelle bon-
té de Dieu à son égard. Son courage et
a confiance
Présentée par ses bienfaitrices aux Frères-Mineurs, elle demanda humblement d'être admise dans le Tiers-Ordre de la Pénitence. Mais les religieux voulur at Cprouver d'abord la constance de ses résolutions. En attendant, elle fut placée
sous la direction du Père Giunta Beve-
onati, homme remarquable par la sain-
teté de sa vie. On était en 1274 et Mar-
uerite avait 27 ans.
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