L'EGLISE DES FRANCISCAINS
sates
E Seigneur s'est plu de tout temps 4 à Se choisir des sanctuaires où il
fait, plus qu'ailleurs, éclater les mer-
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veilles de sa grâce, et nous n'avons pas à lui demander la raison de son choix, pourquot ici plutôt que là.
Pour Marguerite, ce sanctuaire privilégié fut l'église des Frères-Mineurs de Cortone. Notre Seigneur l'avait envoyée dans cette ville lui recommandant de fréquenter assidûment cette église, d'y entendre les messes et les prédications ; elle lut fidèle à l'ordre de Dieu et ne l'abandonna pour quelque temps que durant cette rude épreuve qui crucifia si violem-
ment son cœur. La désertion de cette
église aimée fut pour elle une vive peine.
Cette église des Frères-Mineurs lui était devenue chère à bien des titres. Là, elle avait lavé son âme dans le bain salutaire d'une sincère confession; là, elle avait revêtu les livrées séraphiques; là, Dieu l'avait favorisée de tant de grâces, de si nombreuses et si douces consola-
tions !
Prenant toujours la place que Notre Seigneur lui-même lui avait fixée près de la chaire, elle arrivait de bon matin, entendait la récitation de l'office canonial, assistait à la messe conventuelle à laquelle elle communiait. Presque toujours elle assistait également à toutes les nombreuses messes qui se succédaient, méditant surtout dans le grand livre de la Croix.
C'est là surtout, dans cette église, qu'elle trouvait plus facilement Dieu.
Une nuit, dans l’octave de l'Epiphanie,
sentant toutes les douceurs de la solitude et de l’oraison, elle demanda à NS.
de ne plus sortir de sa cellule, pour y goûter les divines délices loin du regard des personnes dévotes qui l'entouraient sans cesse, et Jésus lui répondit :
*O Marguerite, pourquoi me demander de goûter mes délices sans interruption et ne point te disposer, au contraire, À savourer mes amertumes ?
Fourquoi me demander de t'enfermer dans ta cellule? Va, va comme de coutume à l’église des Frères Mineurs. Va, te dis-je, dans ce sanctuaire de ton bienheureux Père St François, pour y enten-
dre les messes, pour m'adorer avec révé-
prêtres Va, et ne t'enferme pas, jusqu'à ce que je veuille moi-même te cacher.” Le lendemain, elle eut peine à se rendre à l'église, à cause de sa fatigue, mais peine y fut-elle arrivée qu'elle fut rem-
plie d’une céleste douceur et y resta en
oraison jusqu’au soir.