Trois kilos et demi
armes. Ses marins ont conquis un renom d'intrépidité bien justifié par tous les exploiLs qu'ils accomplirent.
Un fait historique moderne attira, pour quoique temps, sur Boulogne les regards de l'Europe entière. La lutte séculaire de l'Angleterre et de la France sembla sur le point d'être terminée, en notre faveur, par un effort gigantesque.
Bonaparte ne trouvait plus que le titre de Consul répondit à sa puissance ni à la place qu'il se croyait appelé à prendre dans le monde.
Toutefois, par un reste de prudence, il jugea utile de frapper un grand coup sur l'imagination française et, des plans divers qui pouvaient répondre à ses pensées secrètes, nul ne sembla devoir mieux réussir que celui dont le but aurait cette double portée : exaltei' l'amour-propre du peuple en satisfaisant son patriotisme.
C'était, également, mener de front les combinaisons du diplomate et celles du général, toujours en quête de victoires nouvelles.
Chez le futur souverain, l'exécution d'un plan suivait rapidement son cours. Des ordres furent donnés et, bicnlôt, l'Europe entière apprit avec crainte le danger qui menaçait la Grande-Bretagne, son alliée naturelle contre l'ambitieux soldat de fortune.
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BouLOGNK. — Enlrée du balcau à vapeur venant de Folkestonc.
Donc, à la veille de se faire couronner empereur, Napoléon ["■conçut le projet d'une descente en Angleterre. Rien n'était mieux étudié : les armées de terre et de mer donneraient en même temps...
Afin de commencer rexécutiou de ce projet, un corps d'armée prit la roule de Boulogne, désignée pour être le lieu de départ des troupes. D'immenses travaux sont entrepris dans le port, qui voit se rassembler près de mille vaisseaux sous les ordres de l'amiral Buuix.
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Boulogne. — Colonne de la grande armée.
Le maréchal Soult dirige les opérations territoriales. Chacun se prépare aux événements futurs; le camp devient une sorte de ville à côté de la cité elle-même. Napoléon, pour entretenir une ardeur utile, veut y distribuer en grand appareil, le 15 août 1804, des croix de l'ordre nouveau de la Légion d'honneur.
DE DUNKERQUE AU MONT SAINT-MfCflPI, "1
ua cérémonie fut tout à fait théûlrale. Le souvenir en a été conservé par un obélisque dont Soult poia la première pierre le 9 no- ▼embre 1804.
Le succès allait-il répondre aux espérances conçues? La funeste défaite de Trafalgar répondit à l'interro^jatiou....
Boci.OGNK. — li.i calluTalr
La grande arniéo fut ciivoyéo condiattrc en Allemagne, en Aulriclic, et le camp de Boulogne ne troubla plus i'osprit des Anglais.
Les monnnionls de la ville sont en bien petit nombre. L'hôtel municipal a remplacé le vieux palais des comtes où. aflirment les Boulonnais.
naquit Godefroy de Bouillon. Le vieux château et le beffroi remontent au treizième siècle.
La nouvelle église consacrée à Notre-Darae-de-Boulogne s'élève sur une crypte curieuse, jadis dépendance de la cathédrale.
Près de la colonne du Camp, se voient les ruines du phare de Caligula. Il était construit en briques, n'avait pas moins de douze étages et
s'élevait à quarante-deux mètres du sol. La tente de Napoléon le fui appuyée sur ces ruines.
Boulogne compte plusieurs hommes célèbres.
Claude-François Daunou, né en i7Gl, mort en -1840, fut un savant historien, un professeur et un critique distingué. Ses ouvrages sont estimés, sa vie a mérité de grands éloges. Paris l'a honoré en donnant son nom à une rue.
Pierre Sal"v.\ge (1785-1857), fut un inventeur de génie. Il construi-
sait des navires quand l'idée lui vint de reprendre les expériences de Charles Dam-kiiy , d'Amiens. Ce que ce dernier n'avait pu terminer. Sauvage le réalisa. Il appliqua Vhclue à la navigation, principe fécond en résultats heureux.
Mais, comme liien d'autres, le grand inventeur ne put, faute d'argent, exécuter sa machine dans les proportions nécessaires. Il eut même la douleur de se voir contester le mérite de ses travaux, et, pourtant, on s'en emparait sans scrupule.
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Dallery.
A Sauvage revient encore la gloire de plusieurs inventions, enire autres de la machine à rédudion, qui rend d'immenses services aux sculpteurs, car elle leur permet de réduire à volonté les dimensions d'une statue ou d'un groupe.
L'homme de génie mourut à la peine.... Sa mémoire est maintenant, à l'honneur, puisqu'on lui a élevé un monument. Mais s'il avait reçu une aide sérieuse pendant sa vie, peut-être nous aurait-il donné de nouveaux chels-d'œuvre.
Charles-Augustin Sainte-Beuve, le poète original, l'écrivain de talent,
LE LITTOn.VL DE LA FRANCE
le crilique incomparable, élail né à Boulogne en 1804. On sait la place toute spéciale qu'il avait conquise dans notre littérature contemporaine où, jusqu'à présent, personne ne l'a remplace.
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