DE DINKEUULE AL MUM SAI.M- MICHEL
tioii de buiilogiie ont été appréciés. Les liistoriens s'accordent pour attribuer à Jules César l'ori^'iiie de la ville, dont le nom viendrait de la cité italienne : Doloi/iie. Tout di; suite, lo port reçut un grand nombre de passagers pour rAnglelcne, car les légions romaines avaient fort à l'aire avec les populations bretonnes.
Caligula, qui recouvrait Iréquemment la raison et n'était pas toujours absorbé par les honneurs à accorder à ses chevaux favoris, Caligula fit construire une luur à fru pour éclairer l'entrée du port.
Les empereurs Claude, .\diieu et Constantin visitèrent Boulogne et l'embellirent.
« La ville, dit Malle-Brun, lit son apprentissage de résistance glorieuse aux invasions de 449; on ignore généralement qu'Attila échoua devant Boulogne, lui qui venait de semer les ruines par toute la Belgique. Mais Clovis la prit, et elle lit, dès lors, partie de la monarchie franque.»
Les côtes du Pas-de-Calais ne pouvaient échapper aux expéditions des NortliDien . Charlemagne, prévoyant le danger, éleva des fortifications, imprenables pour le temps, mais la faiblesse et l'incurie de ses successeurs laissèrent périr son œuvre
Bouloi;nc l'u lut victime. L'année 9^%^ la vit assiéger, prendre et ruiner de fond eu comble.
Sa situation mariliuie la sauva d'une destruction absolue. Intrépides navigateurs, commerçants habiles et industrieux, ses habitants savaient promptement trouver moyen de réparer leurs désastres. Cette prospérité valut une réelle inlluonce aux seigneurs de la ville, car Boulogne, et le territoire ipii un (lr[)L'iidait, formèrent un comté ayant des seigneurs particuliers, vassaux de la couronne de France. L'un des plus célèbres fut Philippe Hurepel, qui s'occupa tant de Calais.
La puissance des comtes de Boulogne s'étendait jusqu'aux confins de la Champagne et du Luxembourg.
La famille comtale dut bientôt fractionner ses possessions. Une des dépendances devint le duché de Bouillon qui, par héritage, échut à un fils d'Eustaclie de Boulogne, Godefroy, né vers 1058, à IS'ézy, près de Nivelle, dans le Brabant (royaume de Belgique). Du moins, quelques prol)abililés aulorisenl-elles à penser ainsi. Il est vrai que Boulogne reven(lii|Mo riioniit'nr d'avoir vu nailre le héros de la première croisade, le chrétien admirable, qui refusa la couronne de roi de Jérusalem pour yardur le simple titre de baron du Saint-Sépulcre.
D'ailleurs, il serait encore glorieux, pour la cité, que Godefroy fût simplement issu de la famille de ses comtes.
A plusieurs reprises, Boulogne fut l'objet de luttes terribles. Les Normands s'étaient à peine éloignés que, tour à tour, les Français, les Bourguignons', les Anglais y dominèrent.
En 1477, Louis XI réussit à s'assurer du comté, mais il se voyait en face d'une difficulté fâcheuse : l'obligation de rendre hommage au duc de Bourgogne, suzerain immédiat du territoire boulonnais. Une telle servitude pouvait amoindrir son prestige; il la brisa par un coup de la plus fine politique.
On honorait, à Boulogne, une statue de la Vierge, que les légendes représentaient comme miraculeusement apportée dans la ville par un vaisseau mystérieux. Le concours des pèlerins se succédait sans relâche devant la statue vénérée; des titres apprennent qu'il fallut même construire des hospices pour recueillir les voyageurs qu'une cause fortuite empêchait de retourner chez eux. Une confrérie fut établie sous le vocable de Notre-Dame-de-Boulogne; elle se répandit rapidement. Beçue dans un petit village de la banlieue parisienne, elle lui donna son nom.
Louis XI, très dévot envers la Sainte Vierge, n'avait pas manqué de venir se prosterner devant la statue miraculeuse et, pendant ce pèlerinage, entrevit tout le parti qu'il pouvait tirer de la dévotion chère aux Boulonnais.
Solennellement, il fit don à Notre-Dame-de-Boulogne du comté entier, se l'econnaissant son vassal et engageant, avec lui, les rois ses successeurs. Pour gage de foi filiale, il offrit à l'autel un cœur d'or pesant treize marcs'.
L'engagement de Louis XI fut toujours observé par les rois de France.
En 1544, une grande calamité fondit sur Boulogne. Henri VUI, roi d'Angleterre, s'en empara à la suite d'un siège des plus meurtriers. Six ans après, le roi de France, Henri II, la rachetait pour une somme de quatre cent mille écus.
Chaque fois que notre pays a été obligé de déclarer la guerre, on a vu les habitants de Boulogne se dévouer avec ardeur au '.riomphe de nos
1. 11 ne l'aut pas oublier que, jusque vers la fin du rùgiie de Louis XI, la Bourgogne forma un duché puissant, contre-balançant souvent le pouvoir des rois de France.