‹ Le littoral de la France (volume 2)Chapitre 46 sur 54 · Vinllelle-Duc · texte numérisé non relu

Vinllelle-Duc

PF ni'NKRROUF AI' MONT S MNT MICIIRT,

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Chef-d'œuvre, il Icnniiie la série de clicls-d'œuvre si jubleiiicul injiiiiiicc la Merveille.

Mais comiiifiil, d.Mis une dfsrription forci'incnl trop sommaire, espérer faire passer um- oiiilire de la beauté dont est empreinte l'abbaje"!'

Ce (ju'il lant, c'est vom : puis, (piand (m a vu, (piand on a réussi, ensuite, à fixer dans sa pensée ce démesuré souvenir, il laul recommencer le pèle-

tiiiVrie d'A(|iiilon.

Alors, seuieiiienl. une inipi'iissable image appaiail tonte radieuse do grandi'ur, de liioniphaiite poi'sie (|ue Von ne sauiait jamais oublier.

Nous nous conlenlerons donc de dii'e, (iua|nvs la .l/cnc/ZA;. on trouve la terrasse de Beaurcgard ou AJirandc, bien nommée, elle aussi : la perspective sur laquelle on plane étant sj)lendide. On y est, néanmoins, importuné, en songeant que, de là, un nuillieureux prisonnier se jeta trois Ibis sur les rochers avant de Irouvei' la mort. l,'aji|iellali(in île S(ii:{-(!<iiillicr vient de celle circonslaucc.

o20 Llî LITTORAL DE LA FIIANCE

Montons, montons toujours... pensons qn'il faut franchir plus de cinq cents marches pour arriver à la lanterne du clocher actuel! Passons par VEscalier de dentelle, chemin aérien, dont la descente, comme l'ascension, peut donner le vertige aux plus aguerris.

Nous voici accoudé sur la balustrade supérieure entourant le chœur; l'horizon a grandi. 11 grandit encore à chaque nouvelle marche gravie — Bientôt, devant la baie ejitière, se dégagera une sensation de beauté, de génie, de splendeur qu'il serait impossible de dépasser.

Reprenons le même chemin ; il nous reste à parcourir les étages souterrains creusés dans le roc vif. Leurs noms disent assez ce que devaient être de telles prisons.

Le Grand Exil, le Petit Exil, le cacliot du Diable, des caveaux où jamais un rayon de jour n'a paru....

On en sort au plus vite, en poussant des soupirs de soulagement, en respirant avec bonheur l'air frais envoyé par la mer.

Dé même, on ne peut pas partir sans voir la Tunr Perrinc, le Cliâtelet, la Tour Claudine, la Tour Boucle, le Corps de garde, la Toiir du Guet, la Tour

Giibriel, supportant les ruines d'un moulin à vent Ou, pour parler plus

exactement, rien ne laisse indifférent, et, après avoir vu, on désirerait voir encore.

Nous sommes, de nouveau, dans la petite ville du Mont. C'est son importance militaire, au moyen âge, qui lui a valu une qualilication dont, aujourd'hui, on sourit volontiers.

Sa population se compose tout entière d'hôteliei's et de marins. On doit s'adresser à ces derniers si l'on veut clore le voyage par la contemplation d'un tableau magique : le tour du rocher fait au moment de la haute marée. 11 n'a de comparable que le flux équinoxial pendant lequel la mer, d'abord retirée à quatorze kilomètres de distance, monte avec une furie, un déchaînement de vagues implacables.

Lors du plein d'une haute marée, l'ensemble est autre. Sans crainte, on peut se confier aux hardis pécheurs, ils connaissent le moindre repli des grèves.

Enfants, n'ont-ils pas commencé leur rude apprentissage avec les coquetiers et coquetières, pauvres gens tout occupés à ramasser, dans le sable, le succulent petit mollusque bonnement appelé : coque. La coque ou un autre coquillage plus grand, assez abondant aux environs du Mont, a eu l'honneur

DE DL^KEI'.HLE AU MuM SAIM -MICIIC L Vil

de figurer sur le blason de l'abbaye, sur le collier de l'Urdre roy;il de Sainl- Micliel.

Sa répulation était grande, puisque les pélrrins de tous pays se croyaient obliges d'en orner leurs vùtenicnls, et que la célcbre image de Saint-Jacques deCompostcllc en porte sur son cainail. Ce fait prouverait la rapidité de diffusion du culte de Saint-Miclicl-tiu-iicril-dc-la-Mer.

Il n'y a donc rien à craindre en se confiant aux pécheurs niontois. Leur premier travail les a familiarisés ave»- tous les dangers de la baie.

On a écrit, et cela est strictomcnl vrai, que, vu de la mer, l'aspect de l'abbaye change à chaque coup d'aviron.

Les constructions se présentent faisant corps avec le roc, se recourbant autour de lui, le domptant ou empruntant de ses déchirures, de son escarpement, une magnificence nouvelle.

Les sables grisâtres ont disparu, car le iMont est éloigné de deux kilomètres du rivage. Il domine tout.

L'îlot voisin, Tombclaiue, ancien château fort, ancien pèlerinage de yolre- Uame-la-Gisuntc, maintenant désert, semble prêt à s'abîmer dans les flots, écrasé par la puissance de son rival.

On comprend que les traditions affirment l'existence, sur le Mont, d'un temple dédié à Juj)iter.

Les Romains ne pouvaient choisir un meilleur emplacement pour l'autel du Maître des dieux.

Que devait être le paysage, lorsque le rocher dominait une immense forêt bornée par la mer?

N'importe ce qu'il a été, le paysage actuel le surpasse. Nous n'en voulons pour preuve (ju'une excursion en pleine eau pendant les sereines nuits de juin, où un clair crépuscule remplace le soleil.

L'abbaye, la ville, plongées dans la douce lumière, font penser aux cités fantastiques, palais des enchanteurs de l'Orient.

Et SI l'on ne redoute pas le froid d'une longue nuit d'hiver, le choc des flots turbulents, l'impression éprouvée sera plus durable encore.

Le Mont, chaigé de ses vieux remparts, de son audacieuse église, ressemblera aux palais sombres, puissants, demeures préférées des enfants d'Udin....

GG

Nous touchons, maintenant, à la terre bretonne. L'immense développement de son littoral mérite bien que nous lui consacrions un travail spécial.

Ce sera le texte de noire second volume, destiné, nous l'espérons, comme celui que nous achevons aujourd'hui, à faire mieux connaître, à faire mieux îimcr la giuxde Patrie Française!...

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