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DU MONT SAINT-MICliliL A LORIKNT
du grand Ministre, ol l'un de ses fils fut Armand, duc de Uichelieu, U) célèbre vainqueur de Port-Mahon.
A moins d'un kilomètre de la terre ferme, l'îlot du Verdelet on des Verdelets prouverait, si l'on n'en avait beaucoup d'autres exemples, la réelle douceur du climat et la fécondité de la terre. Une herbe verte couvre les rociiers; c'est peut-être même à cette circonstance que l'îlot doit son nom, et, comme aux Ebihens, le jonc marin, les œillets roses, les soucis, les pensées, les saxifrages y épanouissent leurs jolies fleurettes, broutées sans respect par les moutons, que l'on envoie là chercher une pâture des-
Entrée du port de Uahouët.
tinée à rendre leur chair plus délicate, plus pénétrée d'un aromatique fumet.
Au milieu des rochers et un peu partout dans le sable, on trouve des coquillages exquis. Les oursins y deviennent énormes; jadis, les huîtres dites pied-(le-cheval y prospéraient à merveille.
Sur le Verdelet, affirment les gens de Dahouët, t des moines rouges » (les chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean, plus tard de Malte), avaient un observatoire qui leur permettait de correspondre par signaux avec la côte de Pléboulle, en Matignon.
Du reste, sauf cette tradition, on n'a aucun autre renseignement sur les ruines de l'îlot.
La commune de Pléneuf, tout entière, jouit d'un sol fertile. Le figuier blanc et le mûrier y poussent vigoureux, autant (jue les arbres indigènes, les plantes potagères, les grains. Il en résulte que, sans chercher beaucoup, on trouverait plus d'un « pâtour portant montre »; cela dénote la* grande aisance des habitants (dont beaucoup, certainement, élèvent leurs
Ilôt du Verdelet.
propres enfants à la dignité de bergers), mais excitait, il y a peu de temps encore, la verve légèrement envieuse des cultivateurs voisins.
« Les docteurs de Pléneuf », disaient-ils, en souriant d'un air narquois, prétendant ainsi blâmer une « importance » non justifiée, quoique « affichée avec ostentation ».
Querelles de clocher, tendant heureusement à disparaître en un échange de bons offices profitables à tous.
Dahouët est très fréquenté par les Lamballais pendant la saison des
La côte et le Verdelet, vus du large.
bains de mer. il est entouré de plages charmantes, comme celle de Saint- Symphorien, où le sable, ferme et fin, offre une promenade sans l'ombre de danger. Une autre petite grève est couverte des jolis coquillages appelés porcelaines; probablement un courant sous-marin les y apporte, car on ne les trouve que là. Les falaises creusées en grottes sont de granit pur, mais plusieurs présentent des veines de marbre brillant.
De charmantes vallées occupent les anfractuosités de la côte. Le V.\l- André, délicieux petit Eden, reçoit, à juste titre, beaucoup de visiteurs.
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Les sables de l'anse de Morieux sont baignés par les eaux de l'étang que forment les rivières du Gouëssant et d'ÉvRAN. On s'y arrête volontiers pour visiter l'admirable chaussée des Ponts-Neufs, terminant, sur une longueur de quatre-vingts mètres, l'extrémité de l'étang. Le trop plein de cette belle nappe limpide, bondissant sur des rochers qui occupent une pente de quinze mètres de hauteur, produit une cascade d'un effet très pittoresque.
Parfois, malheureusement, la crue des eaux remplissant l'étang, peut la rendre menaçante.
Œuvre des Romains, affirment les traditions, la chaussée fut reconstruite par ordre du duc Jean I" le Roux (1240). Emportée en 1584 par l'effrayante
Le Val Aiidr^
"" pression des eaux, elle fut encore presque dé-
truite en 1785.
Une ancienne voie romaine traverse le l^eiii Cotentin; ainsi appelle-t-on, dans le pays, la commune de Morieux, dont l'assemblée* est très fréquentée, grâce au pèlerinage vénéré de la fontaine consacrée à Sainte-Eugénie.
11 nous souvient d'avoir vu des pèlerins, approchant pieusement de cette fontaine, le front comprimé par plusieurs tours d'un mince cordon de cire. On devait, ensuite, faire une dernière prière, boire un peu d'eau, puis allumer, sur la margelle, la cire qui brûlait avec plus ou moins de clarté, accompagnant de ses crépitements le choc léger produit par la chute, dans le bassin, des aiguilles dévotement détachées de la veste ou du corsage des fervents suppliants.... Offrande naïve, que nous retrouverons à chaque
1. Synonyme du mol fcle tl, parfois, du rnot foire : une foire accompagnant souvent la réunion.
1G6 LE LITTORAL DE LA FlUNCE
source aujourd'hui placée sous une invocation sacrée; vestige persistant des coutumes familières à nos pères : Celtes et Gaulois.
IIiLLioN, où nous nous rendons, occupe une véritable petite presqu'île, à la pointe orientale de l'anse d'YFFiNiAC. Ce dernier nom est celui de la commune située au fond de l'anse, à l'embouchure de I'Urne'. LA^GUEUx ferme le côté occidental.
L'agriculture, l'élève des chevaux, les produits maraîchers constituent les sources de l'aisance des habitants. L'exploitation des marais ou, plutôt, des sables salants, y était autrefois assez prospère; mais l'élévation du prix du bois et diverses autres causes l'ont fait disparaître.
Les salines du pays de Guérande sont universellement connues; mais, ici, les procédés de fabrication différaient et le sel obtenu présentait une belle couleur blanche fort appétissante.
Une première originalité, c'était la culture, le mot n'est que juste, des sables, labourés en sillons vers le milieu du printemps, afin de soustraire aux flots une plus grande quantité de la substance recherchée. Après ce labour, on laissait le marais au repos pendant un grand mois; la surface en devenait bientôt toute miroitante. Quand on la supposait assez imprégnée, de grands râteaux enlevaient la croûte salée que l'on plaçait sur des las de paille, destinés à laisser filtrer l'eau de mer dont elle était soigneusement arrosée. Bientôt, le sable se trouvait épuisé de toute particule alimentaire et l'eau recueillie était mise dans des récipients, à fond presque plat, posés sur un feu très vif.
L'évaporation se produisait au bout de quelques heures. Le sel n'avait plus, ensuite, d'autre manipulation à subir que la mise en panier, où il achevait de sécher et d'où on le versait dans les barils destinés à son transport.
La seigneurie de Saint-Brieuc levait jadis un droit minime en avoine sur chaque usine à sel. L'impôt moderne sembla être plus lourd, plus tracassier, soumis qu'il est à une foule de règlements. On ne pourrait guère, de nos jours, employer le sel comme engrais, ainsi que le faisaient les Bretons d'avant la Bévolution. Par bonheur, les sables marins, la tangue, les goémons peuvent s'expédier à assez bas prix pour encourager les cultivateurs des terres froides et pauvres à en faire un usage fructueux.
Yffiiniac aurait été un port romain appelé Fines, d'où plusieurs variantes ayant formé le nom moderne, maintenant popularisé par la culture d'excel-
i. Cette rivière est aussi appelée Ane.
lents léj:^iimes. Certaines parties de ces vastes grèves de sable sont dangereuses. Elles cèdent facilement sous le pied et, comme au Mont Saint-Michel, peuvent provoquer un véritable enlisement*.
Langufux se livre de môme à la culture maraîchère, ne laissant pas
improductif le moindre coin de son sol. Le bel établissement agricole de Saint-Ilan , fondé par M. le comte du Clésieux (1844), est situé dans la commune. On y reçoil des jeunes garçons envoyés aux frais de l'État, à titre pénitentiaire, ou directemenl par des parents soucieux de les arracher au vice et de leur voir acquérir le goût du travail. Le but de l'existence de celte colonie est donc le même que celui poursuivi par h maison de Metlray, avec une différence heureuse, toutefois. Les enfants placés n'ont pas, sans distinction, subi la comparution devant un tribunal. Nulle ombre fâcheuse ne les suivra dans la vie, et cela vaut mieux.