Tome I, pages 214-215. (L'amour des livres
« On a parfois comparé... les grandes bibliothèques à des nécropoles. Que de vivants sont moins vivants que ces prétendus morts! » Etc. (Albert Collignon.)
Sur l'influence des livres, des morts et de la tradition, notons ces très belles considérations de M. Maurice Barrks (le Livre seule richesse normale essentielle, dans le Livre à travers les âges par Georges Brunel, pp. 25-24 ; Paris, Mendel, 1894) : « Toujours les morts commandent à la vie.... Nous vivons dans un ordre social qu'ils nous imposent, que nous n'avons pas choisi. De nos pensées elles-mêmes, sommes-nous les maîtres? Combien en est- il que nous ayons vérifiées dans notre esprit? Formules et préjugés, c'est tout notre ; bagage. Les morts habitent notre cerveau, animent 1 tout notre être. Tous les livres sont des morts.... Les livres sont des morts, et en même temps ils sont la survie des siècles passés. Telles paroles inscrites, il y a trois mille ans, sur un parchemin, sont plus vivantes et plus fraternelles pour nous que la voix même de notre frère. Le livre est, dans l'humanité, la force qui conserve par excellence, en même temps que la force qui éveille; en lui repose l'essence même de l'énergie ; humaine. C'est toute force et toute richesse. » Etc.
Tome I, page 215 (21*»), note 2. (L'amourdes livres....) ... Le livre de M. Mouravit (le Livre et la Petite Biblio-
thèque d'amateur), où abondent les précieux conseils, lumineuses réflexions et les plu* sages maxin
Parmi ces excellents avis se trouve le suivant, qui explique on ne peut mieux l'importance de la science bibliographique, et le rôle qu'elle devrait occuper : « 11 serait bon. il serait souhaitable que les littérateurs, les hommes de goût, la masse même de ceux qui lisent, comprissent enfin la nécessité de s'éclairer par des connaissances personnelles en matière de livres. En considérant les lumières que la bibliographie peut nous donner sur la date et le succès des compositions, sur le choix des texte-, sur les matériaux accumulés autour de chaque question scientifique ou artistique, on apprendra à apprécier à sa juste valeur cette science, que l'on peut dire nouvelle, car elle ne s'est guère offerte jusqu'à ce jour au monde lettré que sous la forme fastidieuse d'un inventaire. Et cependant la bibliographie n'est-elle pas le pronaos [portique en façade, vestibule] qui donne accès dans le temple de la Science, et sur lequel s'ouvrent les portes qui livrent à chacun la partie du sanctuaire où il souhaite s'asseoir plus à l'aise et mieux recueilli? Ne renferme-t-elle pas le foyer de cette lumière inspiratrice et féconde propre à éclairer le talent et à doubler le prestige et l'auréole du génie.' 11 faut donc que la connaissance des livres et le culte des lettres se donnent la main, qu'ils s'unissent dan^ un embrassement qui les honorera, les élèvera. » (Gustave Mol ravit, op. cit., pp. 340-342.)