‹ Le livre (volume 2)Chapitre 187 sur 322 · Tome II. page 61. (L'aii de parcourir · texte numérisé non relu

Tome II. page 61. (L'aii de parcourir

,. Les vieux routiers de* fart de lire savent seuls... parcourir du regard le champ <'i>(i<r dune page,... aller droit à la perle.... » (Paul Stapfer.)

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t A force de dévorer les longues pages in-folio, pour en extraire une phrase et quelquefois un mot entre mille, nies yeux acquirent une faculté qui m'étonna, et dont il m'est impossible de me rendre compte, celle de lire, en ijitc/ijiie sorte, par intuition, et de rencontrer prèsimmédiatement le passage qui devait m" intéresser. La force vitale semblait se porter tout entière vers un seul point. » (Augustin Thierry, Dix Ans d'études historiques, préface, p. li; Paris, Furne, 1868; in-16.)

« Quand il [Lamartine ... avait besoin d'un ouvrage, il l'envoyait chercher chez le libraire voisin, et le lisait, comme les avoués lisent un dossier, avec cette intuition merveilleuse qui les fait tomber juste sur les pasîs qui leur sont utiles, comme si ces passages étaient écrits en rouge. » i Ernest Legolvé, op. cit.. t. IV. p. 213.)

Le savant chimiste Berthelot (1827-1907) avait aussi le don de lire très rapidement. Voici ce que conte, à ce ^ujet, M. Ludovic Halévy (le Temps, 20 mars 1907): « Un jour, je le vis feuilleter devant moi un exemplaire d'une de nos grandes revues. En un quart d'heure, il lut arrivé à la dernière page. Je le plaisantai en lui disant qu'il paraissait attacher bien peu d'importance à ce que contenait le volume. Et comme il m'affirmait l'avoir /".je le mis à l'épreuve, et, prenant l'ouvrage, je l'interrogeai sur chacun des articles qu'il contenait. Il me répondit sans une hésitation ni une erreur. Il avait véritablement lu plus de cent pages en quelques minutes. »

Ajouter encore ces réflexions et conseils, extraits d'un

I l I IVRE. — T. V.

article anonyme du Magasin pittoresque (avril 1870,p.l.~0 : « Il est nécessaire de s'habituer à lire rapidement beaucoup de livres qu'il est utile de connaître, quoiqu'ils soient loin d'être au premier rang pour la profondeur de la pensée ou pour l'excellence de la forme. Plus on sait concentrer fortement son attention, plus on a acquis antérieurement de connaissances, plus il est facile de lire ces livres de second ordre avec rapidité; les yeux courent, mais l'esprit, calme et appliqué. perçoit jusqu'aux moindres détails au passage, et ne s'arrête que lorsqu'il rencontre une obscurité ou un sujet qui demande d'être sérieusement médité. On voit des personnes qui emploient jusqu'à une heure et plus à lire un journal; d'autres en ont fini avec la même feuille en moins d'un quart d'heure, et sont aussi parfaitement en état que les premières de dire tout ce qu'elle contient. Il y a bien peu d'ouvrages qui méritent qu'on les lise1 avec beaucoup de lenteur : il est vrai que ceux-là sont comparables aux aliments qui contiennent une substance très nutritive sous un petit volume; il en est qu'il faut relire le plus souvent possible, ou même dont il n'est besoin de lire que quelques lignes chaque fois. Il doit être bien entendu que les réflexions qui précèdent s'appliquent seulement au grand nombre des livres qu'il suffît d'avoir lus une seule fois dnn* tout le cours de la vie. »

Sur la rapidité de la lecture, voir notre tome III. p. 218 (219), note 1, où le docteur Javal (Physiologh la lecture et de l'écriture, pp. 159 et 162) estime qu' « on lit aisément 100 lignes par minute, soit 0000 lignes par heure.... Un de mes amis, lecteur très rapide.... a lu 550 mots par minute. » Ailleurs (Entre Aveugles, p. 10- Paris, Masson, 1903; in-18), le docteur Javal (1859-1901 — belle et forte intelligence, savant et puissant tra vailleur, qui, devenu aveugle à soixante-deux ans. !i preuve de la plus admirable énergie, mort tout ré<

ment, et dont je salue ici la mémoire, — donne, comme moyenne de lecture mentale rapide et complète, 500 mots par minute :

« Il ne serait pas difficile de réunir quelques chiffres sur la rapidité delà lecture mentale, celle qui importe réellement à l'homme lettré. On trouvera des différences individuelles considérables. Faute de renseignements précis, j'admettrai qu'on lit aisément, sans rien laisser passer, cinq cents mots par minute. »

Autre problème : « A quel âge lit-on le plus? A cette question, la Bibliothèque publique de Cambridge répond ainsi : Un adolescent de quatorze ans lit en moyenne r> volumes par an; à vingt ans, la moyenne est de 59 volumes; à trente ans, le besoin de lecture est à son point culminant, à cet âge les habitués de la Bibliothèque s'attribuent 174 volumes; à cinquante ans, la moyenne est de 27; enfin, à soixante ans, elle n'est plus que de 15 volumes seulement par an. » (Mémorial de la librairie française, 1er mars 1906, p. 106.)

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