Tome II, pages 157-159. (Livres de luxe
Comme pendant des strophes de MM. Fertiault et Piedagnel, voici les vers que M. Félix George a consacrés à la glorification du Livre, et que je trouve dans son recueil Chants et Sanglots (p. 1 ; Paris, Ollendorff, 1906) :
Le Monde agonisait, maudissant et maudit: Le Peuple, sans soutien, marchait comme un homme C'est alors qu'inspiré, Gutenberg lui tendit Le Livre ! —
Soudain le ciel bleuit; le jour devint plus clair; L'esclave fut armé du levier qui délivre; Un idéal rayon jaillit, sublime éclair, Du Livre! —
La Nuit fut dispersée au souffle de l'Esprit; Quelque chose de nous put enfin nous survivre, Et, dans chaque hameau, chacun prit et comprit Le Livre! —
Les bons furent meilleurs, et les meilleurs parfait- ; La Foule enfin connut le vrai but à poursuivre : Vaincre l'ombre et l'oubli, ce fut un des bienfaits Du Livre! —
O toi, dont on écoute à travers l'Infini, La plainte de cristal ou le refrain de cuivre. Sois à jamais chanté ! sois à jamais béni. O Livre! —
Dans son Décalogue du parfait bibliophile, publié dans l'Annuaire de 1906 du Livre contemporain (pp. 99-100 : siège social, 116is, rue de Prony), M. Alfred Melly parle du livre en très jolis termes, mais à un point de vue différent du nôtre, au point de vue du riche amateur, plutôt que du liseur et du travailleur. Voici ces « Commandements du livre » ;
De beaux livres achèteras Sans lésiner aucunement.
Numérotés tu les prendras, A petit nombre seulement.
Hollande ou vc-lin choisiras, .
chine on japon également.
An relieur lu les porteras, En le choisissant prudemment.
De maroquin les couvriras,
En un élégant vêtement.
D'un ex-lihris les orneras.
Les chérissant jalousement.
Dans un beau meuble les mettras ftien à l'aise, sans frottement.
Alors tu les contempleras Dans un exquis recueillement,
Et quelquefois tu les liras, Les prenant amoureusement.
Lors, sans te vanter, tu pourras Te dire heureux complètement.