‹ Le livre (volume 2)Chapitre 244 sur 322 · Tome III, page 202. (L'impression · texte numérisé non relu

Tome III, page 202. (L'impression

Nous n'avons pas à nous occuper, dans celte étude consacrée à la connaissance, à l'usage et à V amour du Livre, des rapports des auteurs avec les éditeurs et les imprimeurs. Nous ne faisons qu'effleurer ici... cette très ititéressante et très complexe question : la correction deépreuves, etc.

Nous nous sommes effectivement proposé d'étudiei ici surtout le « livre faits, le livre en vente chez h libraire et le bouquiniste, ou en rayon dans la bibliothèque, el non le livre en exécution, le « livre à l'aire >

nous n'avons donc pas cru devoir parler en détail de la correction des épreuves H donner un ensemble de conseils pratiques relatifs à cette correction. D'après notre programme, nous ne voulions et nous ne pouvions, encore une fois. qu'« effleurer » le sujet.

Plusieurs de nos lecteurs nous ayant exprimé le désir de trouver, dans le présent ouvrage, un tableau des signes usités pour la correction des épreuves typographiques, un protocole de corrections, nous avons dressé, à leur intention, un spécimen (voir plus loin, pp. 404 405), où à peuprès toutes les difficultés et toutes les fautes qui peuvent se présenter, partant, à peu près tous les signes à employer, sont rassemblés. Ces signes n'existent dans aucune imprimerie, ne font partie d'aucune fonte : on comprend, en effet, qu'ils n'ont aucun motif d'existence, puisqu'ils ne servent qu'à indiquer au compositeur les fautes commises et les corrections à effectuer, et, par conséquent, ne jouent qu'un rôle tout à fait provisoire. Au lieu de composer typographiquement ce protocole, il a donc fallu inscrire à la main, sur l'c épreuve à corriger », lesdits signes conventionnels, accompagnés des corrections qu'ils indiquent, et faire reproduire l'ensemble par la photogravure1.

1. Parmi les plus intéressants et les meilleurs protocoles de corrections publiés dans les manuels de typographie, nous citerons en première ligne celui qu'a donné G. -A. Crapelet dans ses Études pratiques et littéraires sur la typographie, pp. 204-210; — celui de Thcotiste Lefevre, Guide pratique du compositeur d'imprimerie, t. I, pp. 286-287 (Paris, Didot, 1855), qui a été maintes fois reproduit, notamment par Larousse, Grand Dictionnaire, art. Correcteur: par Albert Maire, Manuel pratique du bibliothécaire, pp. 316-317, etc.; — celui de Brun, Manuel pratique et abrégé de la typographie française, pp. 162 163, reproduit par Auguste Tassis, Guide du correcteur, pp. 8-9; — celui de J . Claye, Manuel de l'apprenti compositeur, pp. 104-105; — celui de Daupeley-Gouverneir, h Compositeur et le Correcteur typographes, pp. 216-217: —

Comme préambule de notre protocole, voici quelques succincts avis et remarques, qu'on ne jugera sans doute pas déplacés.

Correction des épreuves.

La première chose à faire, lorsqu'on reçoit une épreuve à corriger (et il est bon, il est indispensable, que cette épreuve vous soit toujours envoyée en double exemplaire au moins), c'est de conférer, de collationner la copie* avec l'épreuve, le texte original avec le texte

celui de Désiré Greffier, les Règles de la composition typographique, pp. 78-79, reproduit par E. Desormes et A. Basile, Dictionnaire des arts graphiques, t. I, pp. 42-45; etc. — Nous signalons tout particulièrement, comme des plus instructifs et des plus originaux, l'article Correcteur du Grand Dictionnaire de Larousse (t. V, pp. 181-185, neuf colonnes). D'après Eugène Boutmy (Dictionnaire de l'argot des typographes, p. 41), cet article est d'Alexandre Bernier. ancien président de la Société des correcteurs. — Je profite de cette fin de note pour renouveler mes remerciements à M. Jattefaux, prote de l'Imprimerie Générale Lahure, pour les conseils et toute l'aide que j'ai reçue de lui dans cette partie de mon travail.

1. Copie, en typographie, s'applique indifféremment à tout texte manuscrit ou imprimé, — en réimpression, comme on dit, — destiné à être composé. Littré [op. cit.) se trompe en définissant ce terme : « Texte manuscrit sur lequel travaillent les compositeurs. » Hatzfeld commet la même erreur. La copie peut être un texte imprimé. « Copie manuscrite, imprimée. » (Théotiste Lefevre, op. cit., t. I, p. 422. ^ « Texte écrit ou imprimé.... » (Larousse, op. cit.) Etc. « On nomme, en argot typographique, copie, le manuscrit à composer, sans doute parce que les auteurs sont censés n'envoyer que la copie de leur œuvre. Peut-être aussi est-ce une ironique traduction du mot latin copia (abondance), car la copie manque toujours! » (H. de Balzac. Illusions perdues, Un grand homme de province à Paris, t. I. p. 516; Paris, Librairie nouvelle, 1855.) La traduction aujourd'hui n'a

I nouvellement composé. Donc, n'accepte/, jamais une

épreuve non accompagnée de sa copie.

De même pour une deuxième ou une troisième

I épreuve : vérifiez toujours bien et avant tout si les

I corrections portées sur l'épreuve précédente ont été

effectuées.

Ne vous dites pas que ce collationnement ou ce contrôle ont été déjà faits par l'imprimeur, d'abord parce que ce n'est pas sur, ensuite parce que, dans les opérations typographiques surtout, on n'est jamais bien servi que par soi-même.

Si la composition est non plus en placards1, mais en pages, commencez par vérifier le foliotage, les titres courants , l'interlignage , etc. ; si des notes accompagnent le texte, assurez-vous qu'elles sont bien rangées dans l'ordre numérique et répondent bien à leurs appels.

plus rien d'ironique; en librairie, comme dans les journaux, la copie, loin de manquer, abonde et surabonde toujours; elle écrase de plus en plus le marché, et comme conséquence, subissant la loi fatale de l'offre et de la demande, elle perd de plus en plus toute valeur commerciale. 1. Placard, s. m. Typogr. « Réunion provisoire d'un certain nombre de paquets, pour être corrigés avant la mise eu pages, lorsque l'ouvrage est susceptible de beaucoup de changements. >• (Théotiste Lefevre, op. cit., t. I, p. 450.) « Épreuve imprimée [sur un seul côté du papier] en colonnes espacées et sans pagination, pour recevoir des corrections. » (Larousse, op. cit.) Paquet, s. m. Typogr. « Nombre déterminé de lignes composées, liées provisoirement avec une ficelle, et remises par les compositeurs au metteur en pages. » (Larousse, op. cit.) — On comprend sans peine que les corrections, les ajoutés surtout, sont bien plus faciles à exécuter sur les placards que sur la mise en page-, dans ce dernier cas, pour peu qu'un ajouté ait plusieurs lignes, il oblige à des remaniements longs et laborieux parfois et dispendieux.

Tracez vos corrections au crayon sur une des épreuves: vous les reporterez ensuite à l'encre sur l'autre.

Ces corrections ne s'inscrivent jamais entre les lignes , dans le corps de l'épreuve, mais dans la marge. Certains correcteurs adoptent la marfje la plus large, la marge extérieure; cette marge est la marge de droite pour la page recto, et la marge de gauche pour la page verso. D'autres correcteurs, qui ont peut-être raison, préfèrent toujours, autant que possible, la marge de droite, parce que l'écriture va de gauche à droite, que « la droite est le sens naturel de notre écriture ». En effet, inscrites dans la marge de gauche, les corrections se trouvent rangées à rebours. Si elles sont très nombreuses néanmoins, si la place vous manque dans une marge, vous n'hésiterez pas à vous servir soit de l'autre marge, soit du pied ou de la tète de la page; mais en ayant toujours grand soin d'indiquer vos renvois d'une façon bien distincte.

Les corrections s'inscrivent devant chaque ligne dans l'ordre même où elles se font, c'est-à-dire que la première est toujours la plus rapprochée de l'extrémité de la ligne et sur le même niveau qu'elle. Le trait du renvoi, ce qu'on pourrait nommer ïappel de correction, se place au delà de la lettre ou du signe (a\ ?|). et non en deçà.

Quand il y a plusieurs corrections dans la même ligne, il est bon de varier les renvois, afin d'éviter toute erreur. C'est pour cela que nous avons mis. en face des coquilles des deux premières lignes du texte (voir le protocole, verso), deux sortes d'appels de corrections : les uns uniformes, desimpies et menus traits verticaux pour tous les renvois ou appels de la même ligne; les autres, ceux de la seconde ligne, varie- cl tous différents entre eux; et que nous avons fait pré-

céder cri le dernière sorte, ce second système, de 1;> mention marginale : Ou mieux.

On remarquera que quand une lettre ou un signe doit cire intercalé dans un mot, ou une espace entre deux mots réunis, l'appel de correction se termine par un petit crochet à angle aigu, indice de l'intercalation : v[\ le protocole, verso : Lettre... à ajouter, Mois à séparer, Apostrophe à ajouter.

En général, d'ailleurs, les signes se correspondent : un trait de renvoi correspond à un trait, une croix à une croix, etc. ; mais il y a des corrections qui, indiquées à l'endroit où elles doivent être faites [Y échelle de remaniement, par exemple : voirie protocole, recto: Ligne à faire en plus), n'ont pas besoin d'être signalées dans la marge; elles se voient suffisamment.

Dans les manuscrits, sur la copie, comme pour les corrections d'épreuves, on souligne d'un simple trait la lettre, le mot ou les mots à composer en italique (italique : italique) : cf. le protocole, verso : Lettre et mot à mettre en italique.

Pour indiquer, sur copie ou sur épreuve, qu'on désire qu'une lettre, un mot ou plusieurs mots soient composés en petites capitales ou petites majuscules, on souligne deux fois cette lettre, ce mot ou ces mots (petites capitales : petites capitales): cf. le protocole,

recto : Mot et lettre à mettre en petites capitales. Les petites capitales s'emploient spécialement, en bien des cas, pour la composition des noms propres de personnes, pour les signatures épistolaires, par exemple.

Mots ou lettres sont soulignés trois fois, s'ils doivent être composés en grandes capitales ou grandes majuscules (grandes capitales: GRANDES CAPITALES) : cf.

le protocole, recto : Grande capitale à mettre... en romain. Quatre soulignés indiquent les grandes capitales italiques capitales italiques : CAPITALES ITALIQUES)'.

cf. le protocole, recto : Grande capitale à mettre en italique.

Les caractères gras bas de casse (c'est-à-dire égyptienne ou normande minuscule) s'indiquent par un souligné ondulé (égyptienne: égyptienne): cf. le protocole,

verso : Sous-titre à mettre ... en égyptienne; — et les capitales de ces mêmes caractères par quatre soulignés dont le premier est ondulé (égypt. : ÉGYPT.). Mais si

l'on emploie, dans le même ouvrage, plusieurs sortes de caractères gras, tantôt de l'égyptienne, tantôt de la normande, il est indispensable de les différencier, et, pour cela, à côté du trait ondulé, on ajoute, dans la marge et en abrégé, le nom du caractère désiré ( — ég. ou égypt., • — norm.).

Quand la substitution d'un mot à un autre n'implique que le remplacement de certaines lettres du mot par d'autres lettres, il faut se borner à n'indiquer que ces lettres. Veut-on, je suppose, mettre le mot terreur à la place de frayeur, on n'efface pas ce dernier mot en entier, on ne biffe que la partie à remplacer : fray. et Ton inscrit dans la marge la partie de mot, terr, qui doit remplacer fray : voir, dans le protocole, verso, le mot envi à remplacer par envers. A première vue, il paraîtrait plus clair de biffer le mot entier : (envi) et d'écrire aussi en entier le mot qui doit le remplacer (envers). « Mais cela n'est point typographique : il faut toujours considérer la chose au point de vue de la plus grande simplicité pour le corrigeur appelé à lever ses corrections dans le composteur, et dont le travail doit se réduire à la levée stricte des lettres qui n'existent pas déjà dans la composition1. »

Au lieu d'indiquer les lettres sales comme devant être nettoyées (EEE) (cf. le protocole, verso : Lettre à

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