‹ Le livre (volume 2)Chapitre 245 sur 322 · DAUPELEY-dOUYERNEl R, np, ri/., p. "2k · texte numérisé non relu

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nettoyer), on peut les considérer comme gâtées et demander leur remplacement ( a), b)...) : cf. le protocole, verso : Lettres gâtées.

La similitude de l'orme qui existe entre la virgule et l'apostrophe pouvant donner lieu à des confusions, on distingue l'apostrophe par un petit trait vertical ou mieux deux petits traits verticaux, placés en dessous ( ', ): cf. le protocole, verso : Apostrophe à ajouter. On procède de même pour distinguer les lettres supérieures des lettres ordinaires d' , 2°, ive : \% 'n *) : cf. le protocole, verso : Lettre supérieure à ajouter.

On pourrait se contenter, pour indiquer les rapprochements de mots (voir le protocole, recto : Mots trop espacés), du signe en forme de parenthèse horizontale, 2, placé en dessus et en dessous de la ligne, et répété dans la marge. Si nous y avons ajouté — avec la mention : Ou mieux — le signe de séparation (qui a la forme d'un dièse, #), c'est afin de bien indiquer que, tout en rapprochant ces mots, on doit laisser entre eux une séparation, un blanc égal aux autres blancs de la ligne.

Nous aurions pu de même, en indiquant des suppressions de lettres (voir le protocole, verso : Lettres à supprimer), mettre, à côté du petit signe en forme de d grec, o, appelé deleatur, le signe du rapprochement 3 • En effet, il ne suffit pas que le corrigeur enlève, dans les deux mots diviers et détarils, les lettres i et r qui s'y sont indûment glissées; il faut, ces lettres ôtées, qu'il rapproche les deux parties de chaque mot, div ers, déta ils, et c'est ce dont l'aurait averti notre signe ~. Mais ce surcroît de signes, ces minutieux détails, auraient, d'une part, l'inconvénient de trop charger les épreuves; ils sont, d'autre part, presque toujours superflus, le corrigeur se rendant bien compte des conséquences qu'entraîne la suppression d'une lettre dans un mot, c'est-à-dire de la nécessité de ce rapprochement.

Les séparations de lignes s'indiquent (voir le protocole, verso : Lignes à séparer) par un long trait horizontal portant à ses extrémités deux petits traits verticaux courbes, analogues à des parenthèses : ) ( ; à gauche, parenthèse fermée; à droite, parenthèse ouverte.

Pour indiquer que les lignes doivent être rappro chées, ces petits traits courbes, ces parenthèses sont dirigées dans l'autre sens, c'est-à-dire que la première, celle de gauche,est ouverte, et la seconde fermée : cf. le protocole, verso : Lignes à rapprocher.

Il est admis qu'on répète ces petits traits courbes ou parenthèses, à l'extrémité du long trait horizontal, autant de fois qu'on veut obtenir de points typographique* pour la séparation ou le rapprochement des deux lignes entre lesquelles court ledit trait. Ainsi, ces deux signes )) ((, placés chacun à l'extrémité du trait horizontal, indiquent qu'il faut séparer de deux points les deux lignes de texte ; ces trois signes i (| ))) indiquent qu'il faut rapprocher les deux lignes de trois points.

On évite le plus possible de terminer une ligne par une lettre commençant un mot (a-linéa. écrit) : cf. le protocole, verso : Mauvaise division de mot ; — ou encore de commencer une ligne par une division de mot formant une syllabe muette (extrê-me, laquel-le, typographique) : cf. le protocole, recto : Ligne à regagner : mauvaise division de mot. Ces mauvaises divisions peuvent et doivent surtout, on le comprend de reste, être évitées lorsque les lignes ont une longueur rationnelle et convenable, 0m,08 ou 0™. 10 au moins: dans les ouvrages à lignes courtes, à justification étroite, particulièrement dans l'habillage des gravures », il est très souvent impossible de toujours couper rémi lièrement les mots.

On évite de même, à cause du mauvais effet produit par cette disposition, de commencer une page par une

1. Sur l'habillage des gravures, cf. notre Lomé lit. pp. 22 7 - ■'•-' R.

ligne qui ne remplit pas toute la justification, une cligne courte », c'est-à-dire plus courte que les autres, uni1 fin d'alinéa, par exemple. On évite aussi de terminer trop fréquemment les lignes par des coupures ou divisions de mots : théoriquement, il ne faut pas qu'il y ail plus de trois divisions de suite.

En général, les auteurs ou correcteurs n'ont pas à s'occuper du détail du remaniement à opérer sur plusieurs lignes, ni de ïéchelle de divisions à tracer dans ce cas (voir le protocole, recto : Ligne à faire en plus) : ils peuvent se borner à demander ce remaniement, en laissant au compositeur le soin de l'effectuer le mieux possible.

Les mots omis (bourdons de petite étendue) seront inscrits en marge, en tète ou en pied de l'épreuve: cf. le protocole, recto : Mots omis (bourdon). Pour les bourdons comprenant plusieurs lignes, on joint à Tépreuve la page de la copie où se trouvent ces lignes, en inscrivant sur l'épreuve la mention : Bourdon, voir copie ci-jointe, p. 00, entourée d'un rectangle ou d'un cercle : cf. le protocole, recto : Lignes omises (bourdon de grande étendue).

Les lézardes, appelées aussi rues, sont des raies blanches produites dans la composition par la rencontre fortuite d'espaces placées les unes au-dessous des autres : cf. le protocole, recto : Lézarde à éviter. Ces raies blanches nuisent au bon aspect de la page, el exigent un remaniement.

Les lettres hautes sont des lettres qui dépassent la surface de la composition, qui piquent et qui viennent noires et empâtées : cf. le protocole, verso : Lettre haute. Ce défaut provient de ce que la forme est mal taquée; il faut donc la taquer1 de nouveau, — taquer

1. Au moyen du taquoir. « Taquoir, s. m. Typogr. Morceau de bois de sapin, doublé de chêne, sur lequel on frappe avec un maillet pour mettre rie niveau toutes les lettres

ces lettres qui dépassent, afin de les abaisser, de les mettre au niveau des autres. On ne doit évidemment pas confondre les lettres hautes avec les lettres supérieures, dont nous parlions tout à l'heure, lettres placées à l'angle droit supérieur de certains chiffres ou de certaines lettres, de capitales surtout : ÎVJI, 1';, 2', n', Mï, M"', etc : cf. le protocole, verso : Lettre supérieure à ajouter.

Les lettres basses sont celles qui, par suite d'un défaut quelconque, de l'usure notamment, n'atteignent pas la surface de la composition, et, par conséquent, ne peuvent prendre l'encre et marquer : cf. le protocole, verso : Lettre basse. Au lieu de hausser les lettres basses, il est plus expéditif et plus sûr de les remplacer.

On entend par manchette ou addition tout texte, note, glose, date, indication sommaire de chapitre, etc., qui se trouve placé en marge de la page, hors de la justification : cf. le protocole, recto : Manchette à baisser, manchette à hausser.

Nous avons dit, dans notre tome III (voir pp. 160, I6i et 50), ce que signifient les mots espace, interligne et frisquette, qui figurent également dans notre protocole.

On a vu aussi dans notre tome III (pp. '215 et suiv.) qu'il était, en général, plus commode pour le lecteur de trouver les notes rangées au bas des pages, que d'aller les chercher à la fin du volume. Seules, les notes d'une longueur anormale, ou qui forment un sujet complet, absolument distinct de celui du texte (insertion de lettres, de documents, etc.), peuvent être, sans inconvénient, rejetées, en appendice, à la fin du livre.

d'une forme. » (Littré, op. cit.) C'est naturellement le bois le plus tendre, le sapin, qui s'applique sur la forme, et la face opposée, la surface supérieure de la plaque de chêne, est d'ordinaire recouverte d'une bande de cuir destinée à amortir les coups du maillet ou du marteau.

Les notes sont toujours composées — à moins de cas tout à fait spéciaux — en caractère inférieur — inférieur de deux points au moins — à celui du texte, et elles sont séparées de ce texte par un blanc plus ou moins large ou par un filet maigre. Autant que possible, chaque note ne doit former qu'un alinéa. Si une note se trouve scindée et occupe deux ou plusieurs bas de page, il faut veiller à ce qu'aucun fragment, aucun bas de page, en d'autres termes, ne se termine par un point. Ce point pourrait laisser croire au lecteur que la note est terminée à cet endroit, et le dispenser de passer à la page suivante. C'est surtout quand la note enjambe d'un recto sur un verso que cet inconvénient est sensible.

Les vers insérés dans une page de prose se composent en caractère inférieur à celui de cette prose, et se rentrent, se renfoncent, suivant leur nombre de syllabes. Exemple :

A l'œuvre on connoit l'artisan.

Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent:

Des frelons les réclamèrent;

Des abeilles supposant, Devant certaine guêpe on traduisit la cause.

Pour indiquer qu'une ligne doit être rentrée, renfoncée, voir le protocole, verso : Ligne à rentrer; et recto : Ligne à renfoncer. Ces deux termes rentrer, renfoncer, sont du reste synonymes dans ce cas.

On remarquera dans notre protocole (recto : Nombres intervertis), la courbe qui enlace les nombres 45-106, et indique qu'ils doivent être substitués l'un à l'autre. Cette courbe passe de chaque côté de la division (trait-d'union) qui se trouve entre ces deux nombres, et l'isole en quelque sorte : c'est pour montrer au corrigeur que la division ne doit pas changer de place, qu'elle doit rester entre les deux nombres, quelle que soit leur position. Vous pourriez encore recourir à une autre méthode, indiquer l'interversion

de ces deux groupes de chiffres sans vous occuper de la division, c'est-à-dire par une courbe enlaçant les deux nombres, et la laissant à sa gauche ou à sa droite: puis, pour qu'il ne subsiste aucun doute, pour bien faire voir au corrigeur que la division doit se trouver entre les deux nombres, vous inscririez dans la marge. à côté de la petite courbe indicatrice de la correction, les deux nombres séparés par la division, tels qu'ils doivent se présenter dans le texte; et. afin que le corrigeur ne compose pas ces chiffres à nouveau, ne les prenne pas pour un ajouté, voie bien, en d'autres termes, qu'il ne s'agit là que d'un éclaircissement, vous les entoureriez d'un rectangle ou d'un cercle

Toutes les l'ois, d'ailleurs, que vous êtes embarrassé pour indiquer une correction, écrivez tout simplement, dans la marge ou dans un coin de l'épreuve, ce que vous désirez : le metteur en pages, chargé de diriger le travail de correction, vous comprendra, vous devinera au besoin, et fera exécuter vos volontés. Mais que ces volontés soient toujours réfléchies et raisonnables. Pour cela, si vous avez affaire à « un bon imprimeur », ne vous targuez pas de lui imposer vos idées, votre marche; dites-vous bien, au contraire, que cet imprimeur possède, dans les choses de son métier, plus de compétence et plus d'expérience que vous, et... oui. laissez-le faire typographiquement. Et puis n'oubliez pas qu'il n'y a pas de marche infaillible, applicable sans réserve et partout (notamment en ce qui concerne l'emploi des majuscules) : ici ou là, tôt ou tard, surgit le cas particulier; l'exception.... L'absolu n'est pas de ce monde.

Sur votre copie, pas plus que sur vos épreuves, ne mettez jamais ni poudre ni sable pour faire sécher l'encre, parce que le compositeur étant obligé, afin d'effectuer son travail, de déplier et de manier ces papiers au-dessus de la composition, ce sable ou relie

poudre tombe et s'insinue entre les caractères, produit des approches que rien ne peut l'aire disparaître, et endommage, en outre, l'œil de la lettre'.

Enfin, que tout ce que vous écrivez sur vos épreuves et qui ne doit pas être composé — à moins qu'il n'y ait absolument aucun doute, comme, par exemple, poulies chiffres marquant l'ordre des lignes à transposer : cf. le protocole, recto, — soit toujours, ainsi que je viens de vous le dire, entouré d'un rectangle ou d'un cercle au crayon ou à l'encre. Autrement, vous vous exposeriez à une mésaventure analogue à celle qui advint jadis à George Sand.

In compositeur allemand — compositeur de musique et non typographe — l'avait instamment priée de lui confier « un poème d'opéra », écrit par elle, et qu'il se faisait fête et gloire de mettre en musique. Ce compositeur, peu familiarisé avec la langue française, avait un tel respect pour les moindres coups de plume de l'auteur de Consuelo, qu'il n'omit aucune ligne du manuscrit, et alla jusqu'à prendre pour un vers du livret une simple indication de jeu de scène. C'est ainsi qu'à la fin du premier acte, un chœur de villageois saluait le départ du seigneur en chantant triomphalement à tue-tête :

Il sort par la porte du fond!

Il sort par la porte du fond!2

Vous, de même, en n'isolant pas vos explications par les carrés ou cercles dont je viens de vous parler, vous risqueriez de retrouver ces gloses, commentaires et hors-d'œuvre au milieu de votre texte, insidieusement interpolés dans votre thèse ou discours, — ce qui, avouez-le, comme tout à l'heure pour George Sand, « ne serait pas de jeu »t

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