Supra, I. IV. p
'J. .ly/. Albert Maire, Manuel pratique du bibliothée i ]>. 445. — Paul-Louis Courier, qui aimait tant ses livres et les mettait si bien à profit, adressait de Rome, en 1811. à une sienne parente demeurant à Paris, et à qui il avait laissé <mi garde sa bibliothèque, les recommandations suivantes : « Je meurs de peur que mes pauvres livres ne soienl gâtés par les vers et par la poussière. Faites-les, je vous prie, non seulement épousseter. mais ouvrir et feuilleter tous les deux ou trois mois. » (P.-L. Courier, lettre1 à Mme Marchand, à Paris, — datée de Rome, le Pi novembre 1811 : Œuvres complètes, t. III. p. 7)i.": Paris, Paulin et Perrotin, 1854.)
fermées, mais sur des rayons libres). Le battage ne doit pas être brutal: il est surtout utile pour les volumes brochés, » etc.
Le battage peut se faire en frappant légèrement deux volumes l'un contre l'autre1, — du moins pour les volumes de condition ordinaire, dont la reliure n'est pas trop délicate, exceptionnellement belle, ou, au contraire, en mauvais état, et n'exige pas, par suite, de grandes précautions.
Le docteur Graesel va plus loin ; il n'autorise le battage que pour les volumes brochés : « ... On prend successivement tous les volumes qui sont sur les rayons ; lorsqu'ils sont brochés, on les bat par la fenêtre; s'ils sont reliés, on les époussète, puis on les essuie au moyen de chiffons de laine2 ou de toile; quant aux rayons, après avoir enlevé le gros de la
1. •< Il est nécessaire de prendre séparément tous les volumes, et, après les avoir battus deux à deux pour faire tomber le gros de la poussière qui pourrait s'être amassée sur les tranches, de les essuyer avec un linge bien sec : ce linge sera secoué de temps en temps en dehors de la fenêtre, » etc. (Jules Cousin, De l'organisation et de l'administration des bibliothèques publiques et privées, Manuel théorique et pratique du bibliothécaire, p. 142.) « Prendre les volumes deux par deux et les battre à la fenêtre (sinon hors de la pièce) en les frappant plat contre plat; essuyer la tranche supérieure avec un vieux linge; brosser cette tranche avec une brosse douce, une vieille brosse à chapeau, par exemple, pour chasser toute la poussière qui s'accumule entre la tranchefile et la coiffe ; » etc. (Yve- Plessis, Petit Essai de biblio-thérapeutique, p. 17.)
2. Nous allons voir qu'il est préférable que ces chiffons ne soient pas en laine.
poussière qui les recouvre, on passe sur toute leur surface un chiffon légèrement humide, en ayant soin de les laisser ensuite bien sécher, et de ne remettre les livres en place que lorsque toute trace d'humidité a disparu1. »
M. Jules Cousin est d'avis, lui, tout au contraire, qu'on ne doit pas battre les volumes brochés"2; et. en effet, très fréquemment, surtout lorsque leur dos a été exposé au soleil, ces volumes se cassent aisément : au moindre choc, le dos éclate, se fend d'un bout à l'autre. Raison de plus, encore une fois, pour les manier tous, brochés ou reliés, le plus délicatement possible.
Ce délai d'un an, fixé, par la circulaire ministérielle du 4 mai 4878, pour l'essuyage des bibliothèques universitaires, — l'essuyage d'un tiers seulement des livres de ces bibliothèques plutôt3, — vous paraîtra sans doute trop long pour une bibliothèque privée, contenant, d'ailleurs, en général, bien moin^ de livres qu'un établissement public. Vous agirez donc sagement en procédant à cette opération, sinon tous les mois, comme pour les susdites collections réservées, du moins et au moins une fois par