‹ Le livre (volume 2)Chapitre 40 sur 322 · La Fontaine* Fables, III · texte numérisé non relu

La Fontaine* Fables, III

4. Mélanges de littérature cl ote critique^ t. IL p. 504. (PariSj Raymond, 1820.)

les couvertures endommagées, les feuillets décousus ou déchirés, aussi bien que de nettoyer les livres et d'en faire disparaître les taches. En pareilles matières, rien ne remplace l'expérience et le doigté du praticien1. D'autant plus qu'une difficulté nouvelle se présente; nous retrouvons ici encore les funestes inconvénients des mauvais papiers modernes : d'après une très juste remarque, « le nettoyage du papier est rendu beaucoup plus difficile et beaucoup plus aléatoire depuis qu'on fabrique une si grande quantité de papier avec des pâtes fortement additionnées de matières minérales. En tentant d'enlever les taches, on peut détruire le papier2 ». Les hommes d'étude, écrivains ou savants, ont d'ailleurs autres choses à faire, et des choses plus urgentes, plus importa ni es, que de s'occuper de ces nettoyages et rafistolages.

Voici cependant, à ce sujet, quelques instructions succinctes :

Pour remettre en place les feuillets simples ou doubles, que l'usage ou un accident quelconque ont arrachés en droite ligne dans le pli de la coulure, et

1. " Il faut de la prudence et de la patience dans ce genre de travail (dans le nettoyage et la réparation des livres). On «i besoin <i"\ faire une sorte d'apprentissage, et il y aurait de la témérité d'entreprendre un essai sur un ouvrage précieux, sans avoir fait auparavant de longues épreuves sur des bouquins sales. »(Namur, Mcuwel du bibliothécaire, p. 257.)

"1. Bouant, Dictionnaire manuel Kl uni des connaissances pratiques, art. Taches.

qui ne se trouvent plus retenus par le fil, humecter légèrement de colle de pâte, à l'aide d'un pinceau et sur une largeur d'un demi-centimètre, toute la longueur de la marge du fond de la page décousue; appliquer ensuite avec précaution, et ajuster exactement bout à bout cette marge contre la marge correspondante de la page suivante, puis fermer le livre et laisser sécher.

Afin que le pinceau ne dépose pas trop de colle sur la marge, et que cette largeur d'un demi-centimètre ne soit pas dépassée, on étend préalablement sur la page décousue une feuille de papier qui ne laisse à découvert que l'extrême bord de la marge, cette mince bande d'un demi-centimètre, et c'est alors seulement qu'on y passe le pinceau de colle. On retire ensuite cette feuille de garde, etl'onmel en place la page, comme il vient d'être dit.

Si, au contraire, pour un motif quelconque, un grand nettoyage, par exemple, « un bain complet », vous étiez dans la nécessité d'enlever une page d'un livre, servez-vous d'une règle très étroite, d'un carrelet de bois, ou plutôt de métal, que vous appliquez et maintenez fortement d'une main sur le fond du livre, tandis que, de l'autre, vous détachez délicatement la page : vous la recollez ensuite sur l'onglet restant ou sur un onglet de papier mince ajouté par vous. Ou bien, ce qui vaudrait mieux, mais exigerait plus de dextérité el de doigté, proj

cédez comme les relieurs en pareil cas : prenez une règle métallique plate, glissez-la le long de la pag<' à enlever, presque jusqu'au fond du livre, et, au moyen d'un petit instrument nommé pointe de relieur, — sorte de réglette d'acier, terminée en pointe, dont l'extrémité, de chaque côté de cette pointe, est très soigneusement affilée, et qui sert aux relieurs à maints usages, entre autres, à ébarber isolément les feuilles trop longues, — vous coupez ladite page, et vous la recollez ensuite comme précédemment1.

S'il s'agit d'une déchirure que vous voulez empêcher de s'étendre, vous prenez une bande de papier transparent, de papier serpente, un peu plus longue que cette déchirure, vous l'humectez de colle de pâte et l'appliquez soigneusement, comme une compresse désormais immuable, sur la partie malade.

La manie, manie très fréquente aujourd'hui, de décoller les ex-libris fixés sur les plats intérieurs des volumes, afin de collectionner le plus grand nombre possible de ces vignettes, me paraît fâcheuse : c'est enlever au volume une partie qui lui était devenue intégrante, et qui lui constituait pour ainsi dire un

1. Gaston Tissandier (la Science pratique, p. 94; Paris, Masson, s. d.: in-18) conseille de pratiquer l'amputation de la page « au moyen d'un fil mouillé », qu'on appuie le long de «ette page : je préfère de beaucoup le moyen employé par lo< relieurs, la règle plate et la pointe.

état civil; c'est lui faire subir une quasi-mutilation. « Pour quel'ex-libris garde son intrinsèque valeur, et pour qu'il soit apprécié, déclare M. Edouard Rouveyre1, c'est à sa place originale qu'il faut le voir, » là où sa présence atteste une valeur de possession et de provenance.

Néanmoins, sur des tomes dépareillés ou des volumes en mauvais état, cet enlèvement s'explique, et voici, d'après M. le docteur Ludovic Bouland, président de la Société française des collectionneurs d'ex-libris, le meilleur moyen d'effectuer l'opération2.

« Mettez dans un flacon 10 grammes d'acide chlorhydrique, blanc et pur, ajoutez-y J 20 grammes d'eau. Pour décoller un ex-libris, prenez un pinceau doux à aquarelle ou autre, trempez-le dans cet acide ainsi étendu, et appliquez celui-ci sur la pièce à décoller seulement, comme si vous vouliez la couvrir d'une teinte plate. Il faut éviter surtout d'appliquer le liquide sur le livre lui-même.

« Lorsque l'ex-libris a été bien imbibé dans toute son épaisseur, c'est-à-dire au boni de cinq à six minutes, essayez d'en soulever doucement un des coins avec une lame quelconque ou un cure-dent. Il est rare que la vignette ne se décolle pas alors avec la plus grande facilité; autrement une seconde couche d'acide en aurait facilement raison.

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