‹ Le livre (volume 2)Chapitre 44 sur 322 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

à la gélatine, qu'on j>eul employerà froide! préparer d'avance. On fait bouillir 10 grammes de gélatine Manche dans un demi-litre d'eau, ou « une plaquette par litre d'eau, en y ajoutant un peu d'alun, afin de décourager les vers que pourrai! adirer la gélatine1 » : on laisse tiédir ou refroidir, et l'on badigeonne le papier avec cette colle ou encolle, ou mieux, on y plonge un à un tous les feuillets; puis, après les avoir mis sous presse, on les étend sur des linges et à l'ombre, pour qu'ils sèchent lentement. En général, d'ailleurs, lorsqu'on a fait subir au papier un lavage quelconque, il a tendance à se boursoufler, et il faut éviter de le faire sécher trop vite2.

Remarquons encore, au sujet du chlore, et, par conséquent de son composé l'eau de Javel, « qu'assurément les effets de cette substance sont à peu près infaillibles pour le blanchiment du papier: mais on peut dire que la conlexturc du papier lui-même n'a pas d'ennemi plus terrible, qu'il détruit lentement ce qu'il a blanchi, et que, sans de sages précautions, son usage est des plus pernicieux. Fermer un livre blanchi au chlore, c'est, pour nous servir d'un dicton populaire, enfermer le loup dans la bergerie5. »

L'eau de Javel ne doit donc s'employer qu'avec

grande circonspection et ménagement, en tâtonnant,

I. Antonj Méray, /<"■. cit., pp. 84-85. '1. Cf. .Iules Cousin, op. rit., pp. 166-167. ô. Le Magasin pittoresque, février 1877, p. 46 •. Conseils pour la réparation des livres.

pour ainsi dire. Ii n'y a que dans le cas de moisis sure, comme nous venons de l'expliquer, qu'on puisse user d'elle libéralement, sans retenue ni regret : cet infortuné, que la gangrène dévore et va anéantir, elle le prolonge et le purifie à la fois.

Dans ces derniers temps, on a remplacé l'eau de Javel par l'eau oxygénée (bioxyde d'hydrogène) « à un demi-volume, additionnée d'un peu d'ammoniaque, de manière que le liquide soit à peine alcalin », et l'immersion dans ce bain, pendant vingtquatre heures, a produit d'excellents résultats, surtout pour le nettoyage des vieilles gravures. « Cette recette est la meilleure de toutes, » dit même Gaston Tissandier, dans ses Recettes et Procédés utiles*.

Pour l'eau oxygénée, comme pour l'eau de Javel, il est bon d'ailleurs de procéder avec modération, de n'augmenter la dose que par degrés, peu à peu, d'avoir soin même de faire des essais préalables sur des papiers sans valeur.

Pour enlever les taches dues à la poussière ou même à la boue, il suffit souvent de les frotter avec de la mie de pain ou du caoutchouc (gomme à effacer), ou encore avec un grattoir très légèrement manié.

Quant à (('lies qui persisteraient, voici, d'après I laston Tissandier2, divers procédés à leur appliquer :

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