‹ Le livre (volume 2)Chapitre 43 sur 322 · Cf. Jules Cousin, op. cit.. p · texte numérisé non relu

Cf. Jules Cousin, op. cit.. p

2. Le journal l'Imprimerie, dans le Mémorial de la librairie française, 8 janvier 1907), p. 27>.

suffit de poser à plusieurs reprises un linge humide de chaque côté d'un des feuillets tachés, après avoir isolé ce feuillet des deux pages voisines au moyen de plaques de verre ou de feuilles d'étain. Dès que l'action du linge mouillé s'est produite, dès que la tache a disparu, on enlève le linge et les plaques de verre, on les remplace par du papier buvard, et l'on referme le livre. On nettoie de même les quelques autres feuillets1. Il est important que le linge ne soit que légèrement humide : s'il contenait trop d'eau, cette eau se répandrait dans le dos du livre et sur la tranche et tacherait les autres feuillets.

Mais quand le livre est entièrement ou à demi envahi par les mouillures, il faut se résoudre à le plonger dans l'eau feuille par feuille, et pour cela le découdre ou le dérelier, opération qui, dans ce dernier cas, exige de minutieuses précautions et de la patience, surtout si le livre est relié à dos plein.

Si ces mouillures, déjà anciennes et invétérées]

présentaient un caractère d'intensité exceptionnelle,

si elles s'étaient transformées, sur nombre de pages,

sur la tranche ou certains coins du livre, en moisim

sures, alors le mal serait des plus graves, le livre des

plus menacés. On commencera par le nettoyer à la

main feuille à feuille, frottant délicatement chaque

1. Cf. A. Bonnardot, le Magasin pittoresque, février 1877, p. 46 : Conseils pour la réparation clos livres. Voir aussi Anlony M éray, Annuaire du bibliophile, 1862, pp. 79-92: Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres.

page pour en enlever les germes de moisissure: puis on le placera grand ouvert au soleil, en plein soleil, ei on 1 \ laissera plusieurs jours, en l'ouvrant tantôl

à une place, tantôt à une autre, afin don (aire sortir le plus possible l'humidité. Si, comme c'esl probable, ces opérations ne suffisent pas, et si, oublia ni que le mieux est l'ennemi du bien, vous voulez tenter de guérir plus complètement ce malheureux, de ressusciter ce moribond, au risque de l'achever, force sera de recourir aux plus énergiques médications : eau de Javel plus ou moins concentrée, chlorure de chaux, etc. « La moisissure, dit très bien M. Ris-Paquot, est la plus terrible de toutes les taches; c'est la véritable gangrène du livre, et, quand elle est bien accentuée, nulle opération ne pourrait le sauver de cette terrible maladie, entraînant avec elle la décomposition de la pâte du papier. Là, tous les remèdes peuvent être employés : le malade est condamné à l'avance; il faut essayer, et, quoique les miracles ne soient plus à la mode, qui sait si un hasard providentiel ne viendra point couronner la persévérance?1 »

1. Ris-Paquot, Guide pratique du restaurateur-amateur de tableau.)-, gravures, ... reliureu et livres, p. 244. Paris, Laurens, 1X90.) Sur la moisissure dos livres, voici les considérations émises par M. Albert Maire (op. cit., p. 92) : « Les livres qui se trouvent dans des salles du rez-de-chaussée, ou même dans des étages supérieurs, sont sujets à se moisir, si l'exposition en est au nord. On sait quels ravages font ces cryptogames imperceptibles : les [le?] chœtok

Il est à remarquer que le eontaet prolongé de l'eau ordinaire ou de leau de Javel fait perdre au papier, redevenu sec, sa fermeté et son encolle. Nous avons vu ' que les papiers d'impression sont très souvent collés, ce qui leur donne plus de résistance, les rend moins susceptibles de se piquer, et permet d'y écrire avec de l'encre ordinaire. Nous avons vu également- qu'il y a plusieurs méthodes pour encoller le papier : nous ne rappellerons ici que l'encollage

mium [ou chétomion], le stachybotris, le pénicillium glaucum et Yaspergillus glanais, qui attaquent la couverture ou la tranche du livre, pénètrent dans l'intérieur sous forme de taches grises passant au violet et au vert pale. Le papier tombe miette à miette, se réduit en poussière, et le livre est perdu. Le parchemin n'est pas plus à l'abri de ces parasites dangereux que le papier, et souvent on trouve des manuscrits absolument perdus. Le remède, dès qu'on s'aperçoit de cet inconvénient, doit être employé rapidement. Il faudra retirer des rayons le livre attaqué, l'essuyer soigneusement et enlever toutes les taches de moisissure; on en aérera l'intérieur en l'ouvrant le plus possible et même en le laissant exposé au soleil, jusqu'à ce que toute l'humidité ait disparu. On devra défaire le rayonnage, gratter soigneusement la peinture, faire cimenter le mur pour obtenir une surface unie, après quoi laver toute la surface du mur avec de l'huile de lin très chaude, en y passant même plusieurs couches. Lorsque le tout sera bien sec. on pourra appliquer telle couche de peinture que l'on voudra, et alors seulement on rétablira le rayonnage. Cependant, avant de replacer les corps de rayons, nous engagerions à mettre contre le mincies panneaux en bois placés le plus économiquement possible. Sur ces panneaux seraient montés les rayon-.... •• Cf. notre tome IV, chap. Il, p. 153-456.

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