Journal de la Jeunesse, G avril 1907, Supplément
7). C'est, comme nous l'avons vu (t. IV. p. 51), la mauvaise habitude de quantité de libraires et de bouquinistes : ils serrent tellement les livres sur leurs rayons ou dans leurs boîtes qu'on ne peut les en tirer, ces malheureux livre-. qu'en risquant de les abîmer, ou de se casser le^ ongles.
Si les livres rangés sur un rayon sont trop serrés pour que vous puissiez les saisir par le dos, c'est forcément par leur partie supérieure <{ifil faut les prendre, c'esl en appuyant le doigt sur la lèle ou le sommel de la gouttière, — mais non en tirant sur la mi (Te, comme on est toujours tenté de le faire, — que vous réussirez à vous en emparer sans dommage et avec le moins de peine possible.
Vous êtes parvenu à le prendre, ce livre, et vous vous apprêtez à l'ouvrir et à le lire, comment le tiendrez-vous? comment le manier?
S'il est de petit format, rien ne vous empêche de le tenir à la main, et c'est par la partie inférieure du dos que vous le soutiendrez en le maintenant ouvert.
S'il est de grand format et trop lourd pour être ainsi supporté, il faut vous résoudre à le poser sur une table, devant laquelle vous vous assoirez : dans ce cas, si, lorsqu'il est ouvert, les feuillets ont tendance à se relever, votre main peut suffire à les maintenir baissés. Si vous désirez ne pas immobiliser vos doigts, si vous avez besoin, par exemple, (récrire, de copier des extraits de ce livre, servezvous, pour le tenir ouvert, soit d'un de ces pupitres dont nous avons précédemment parlé1; soit d'un presse-papier suffisamment lourd ; soit d'une de ces petites pinces à ressort, faites en bois ou en métal, !. Cf. t. IV. pp. 488 et suiv.
comme certains négociants en emploient afin de garder en ordre leurs notes ou factures.
Pour lire un de ces gros et importants volumes, vous plonger dans la lecture d'un de ces in-folio ou in-quarto, n'allez pas appuyer vos coudes sur les pages, l'un sur un côté du livre, l'autre sur l'autre côté : cela fatiguerait la reliure et pourrait l'endommager; vous risqueriez, en outre, de froisser ou déchirer les pages.
« Si l'on convient, dit très sensément et gracieusement Jean Darche1, qu'un bon livre est un ami, un maître avec lequel on converse, quelle irrévérence n'est-ce pas de le traiter si mal! Oserait-on agir de la sorte envers un ami vivant? Tout livre, dès qu'il est bon, dès qu'il est admis à notre intimité, a un droit acquis, par là même, à notre estime^ à notre affection et à notre respect. »
Le respect des livres, écoutez en quels termes naïfs, mais pleins d'émotion, de persuasion et d'éloquence, l'auteur du Philobiblion le recommande aux étudiants de son siècle et à tous le- lecteurs :
« Non seulement nous remplissons un devoir envers Dieu en préparant de nouveaux volumes, mais nous obéissons à l'obligation d'une sainte piété si nous les manions délicatement, ou si, en les remettant à leurs places réservées, nous les maintenons dans une conservation parfaite, de façon qu'ils