‹ Le livre (volume 2)Chapitre 9 sur 322 · Le journal la Nature,\e< octobre 18î)k2, pp · texte numérisé non relu

Le journal la Nature,\e< octobre 18î)k2, pp

k2. Elle est cependant en contradiction avec ce que nous avons dit (t. III, p. 76), d'après des recherches relatives à l'altération dés couleurs du papier, dont le Cosmos, la Revue biblio-iconographique et le Mémorial de la librairie française ont rendu compte : « Les livres (le papier de leurs tranches) exposés souvent à la lumière du gaz brunissent rapidement ».

11 y a quelques années, en lévrier 1900, la Société des Arts de Londres (Society of Arts), sur la demande de la Library Association, chargea une commission d'étudier le degré de résistance et de durée des différents cuirs employés dans les reliures, et voici les conclusions formulées par cette commission1 :

1. Revue industrielle. L2 octobre 1901, pp. iOT-108. article de M. Ph. Delahaye. On ne lira pas sans intérêt les détails suivants, relatifs aux travaux de cette commission de la Société des Arts de Londres, détails extraits de ce même article: « ... Le premier sous-comité de la Société des Arts a constaté, en ce qui concerne la destruction prématurée des reliures modernes en cuir, que les livres reliés pendant les quatre-vingts ou cent dernières années fournissaient plus d'exemples de détérioration que ceux reliés à une date antérieure. Un grand nombre de volumes reliés récemment ont donné des signes de détérioration au bout de dix, et même de cinq années. Le sous-comité en a conclu qu'il y avait là une justification évidente des plaintes relatives à la qualité du cuir moderne, qui ne durerait pas aussi longtemps que celui employé autrefois. Il est difficile de fixer la date à partir de laquelle s'est produite cette détérioration, mais on est arrivé à conclure que, bien que le cuir de toutes les époques présente certains signes d'altération, la détérioration est plus générale pour les livres reliés après 1850; quelques cuirs se sont bien conservés jusque vers 1860, mais presque tous semblent devenir plus défectueux après cette date. La détérioration des reliures en veau à la fin du xix° siècle peut être attribuée autant à la finesse excessive du cuir qu'à sa mauvaise qualité.... Les reliures sont, en général, en meilleur état dans les bibliothèques où l'on n'emploie pas d'éclairage artificiel. Elles sont dans le plus mauvais état, surtout dans les rayons supérieurs, lorsqu'on se sert du gaz.... La l'innée du tabac est certainement nuisible. La lumière du jour, et encore plula lumière directe du soleil, provoquent la désagrégation «lu • un-. Les livres renfermés dan- des armoires, avec portes

« 1° La'conviction générale, que le cuir employé dans la reliure moderne est inférieur comme qualité à celui dont on se servait autrefois, est justifiée; le cuir moderne a moins de durée que le cuir employé

fermant hermétiquement, sont en meilleur état que ceux exposés directement à l'atmosphère; cependant, quand l'humidité provenant des murailles ou d'autres causes peut arriver jusqu'à eux. ils en souffrent plus que s'ils étaient placés dans un endroit bien ventilé. Le sous-comité a conclu, à propos de la nature des cuirs propres à la reliure, que les anciens cuirs des xv° et xvie siècles (peau de porc blanche), lannés probablement à l'alun, étaient les plus durables; mais leur dureté excessive et leur manque de souplesse les rendent peu propres à la plupart des travaux modernes. Le veau vieux et brun résiste bien; mais il perd sa souplesse et devient raide et cassant quand on l'expose à l'air et à la lumière. Certains des cuirs blancs mégis du xv° et du xvie siècle, autres que les peaux de porc blanches, et probablement en peau de daim, ont très bien résisté. Des reliures en peau de mouton des xv° et xvr siècles sont restées souples et flexibles, mais leur surface est tendre et s'abîme beaucoup par le frottement. Le vélin semble avoir bien résisté, mais il est très sensible aux changements atmosphériques et à la lumière. Les premiers spécimens de maroquin rouge, du xvr siècle à la tin du xvme siècle, ont été trouvés en bon étal, et, de tous les cuirs signalés, le maroquin parait être le moins atteint par les essais auxquels on l'a soumis. Le comité croit que ce cuir a été tanné avec du sumac ou avec une matière analogue renfermant du tannin. Les reliures en maroquin antérieures à 1860 ont été trouvées en assez bon état: mais, à partir de cette année, elles sont de qualité inférieure, et. dans bien des cas, ont été entièrement gâtées. On a pris l'habitude, à la fin du wiii siècle, de rogner [c'est-à-dire de refendre ou sn'er] le veau, de façon à le rendre au>si mince qu'une feuille de papier. On ne semble pas s'être servi, depuis 1850, de veau de bonne qualité, car toutes les reliures de ce genre, minces ou épaisses, ont disparu. Un grand nombre de

il y a cinquante ans et autrefois ; mais on peut obtenir aujourd'hui sans difficulté du cuir aussi bon que n'importe quel cuir ancien.

« 2° Les méthodes appliquées de nos jours dans

reliures en mouton, du commencement du siècle, sont encore en bon état. Ce cuir naturel est devenu difficile à trouver depuis 1860, parce qu'il sert à imiter les autres cuirs en leur en donnant le grain, et ces imitations fournissent de plus mauvaises reliures que n'importe quel cuir, sauf peut-être le veau très mince. Les peaux de porc modernes et non teintes semblent bien résister: mais certaines d'entre elles, qui avaient été teintes, ont entièrement péri. Les cuirs modernes, teints à l'aide de l'acide sulfurique, doivent être tous condamnés. On a reconnu. dans presque tous les cas, que le cuir de Russie pourrissait, au moins en ce qui concerne les reliures des cinquante dernières années. Le sous-comité a conclu, d'une façon générale, que le tannage au sumac donne un cuir bon et durable, et qu'on peut faire du cuir aussi durable que n'importe lequel d'autrefois.... Il semble, d'après l'opinion générale, que les cuirs, et surtout le cuir de Russie, durent mieux sur les livres qui sont constamment eii service. On explique le fait par la légère quantité de matière grasse que le cuir prend au contact des mains; le comité émet l'idée qu'on pourra trouver une prépara: ion convenable, exerçant sur le cuir le même effet.... Le repoussage du cuir sous une pression élevée, pour lui donner du grain, a un effet très nuisible, de même que le refendage des peaux épaisses diminue la force du cuir en coupant les fibres élastique- de l'intérieur. L'emploi des acides minéraux, pour donner du lustre aux peaux et pour les teindre, affaiblit leur résistance aux causes de détérioration.... De toutes les influences auxquelles les livres sont soumis, la plus dangereuse est celle des produits 'le I" combustion du <j<iz-.... Les vapeurs ammoniacales exercent une influence très marquée; il en est de môme de la fumée du tabac, que le sous-comité rend responsable de la détérioration des livres d'une bibliothèque où l'on fume. En résumé, de toute- les influences auxquelles

l'a il de la reliure sont responsables, dans une certaine mesure, de la durée réduite des reliures modernes. Le refendage des cuirs épais est une cause fé e onde de détérioration.

« 3* Les conditions les plus favorables à la conservation des livres sont bien comprises aujourd'hui, sauf cependant que l'effet nuisible de la lumière sur le cuir n'avait pas été apprécié. Les produits de la combustion du gaz ont l'influence la plus pernicieuse de toul<>*. En réglant convenablement la ventilation, la température et la sécheresse des salles, les livres, placés sur des rayons ouverts, peuvent être préservés de toute détérioration pendant longtemps; mais, en règle générale, leur conservation est mieux assurée dans des armoires vitrées fermant bien1. »

les livres sont soumis dans les bibliothèques, les fumées <lii gaz sont les plus nuisibles, probablement à cause des acides sulfurique et sulfureux qu'elles renferment; la lumière, principalement la lumière directe du soleil, et l'air chaud jouent un rôle nuisible qu'on n'avait pas soupçonné jusqu'à présent; enfin, on ne saurait trop insister sur l'importance d'une température modérée et d'une bonne ventilation des bibliothèques. »

1. Nous avons vu, au contraire, dans notre tome IV, pp. 156 et làT-làS, qu' « il faut de l'air aux livres », et que, tout au moins pour les volumes dont la reliure et la dorure n'exigeai pas trop de précautions, les rayons libres sont, préférables aux vitrines fermées.

Insectes bibliophages.

\ous arrivons à une autre cause de destruction des livres, aux insectes qui les trouent, les déchiquettent, s'y promènent et s'en nourrissent.

Ces insectes sont très nombreux. M. C. Houlberl. dans la très soignée et savante monographie1 qu'il a publiée sur cette question, en compte 67 espèces, et il ajoute qif « il est certain que des recherches nouvelles augmenteront encore le nombre de celles qui sont connues jusqu'ici2 ». D'ailleurs, dit-il encore. » telle espèce considérée comme inoffensive ou peu dangereuse aujourd'hui peut devenir demain, en changeant de pays, par exemple, ainsi que l'expérience nous Tapprend. un fléau des plus redoutables". »

Les principaux insectes ennemis des livres sont :

1. Elle a pour titre : les Insecte* ennemi* des livres, leurs mœurs, moyens de les détruire (Paris. Alphonse Picard et fils, 1903; in-8. xxxvm-269 pp., 59 figures et 3 planches). Elle contient (pp. xxvii-xxxvi) un index bibliographique do 9i ouvrages, notes ou mémoires, relatifs aux insectes nuisibles aux bibliothèques. Le travail de M. C. Houlbert a obtenu, à Paris, en 1902, au concours ouvert, en 1900. par le Congrès international des bibliothécaires « pour l'étude des insectes ennemis des livres », le second prix Marie Pellechet. Voir un résumé de cet ouvrage,— article intitulé -les Insecte- delivres ». —par M. C. Houlbert lui-même, dans la Bévue universelle, 1902. pp. 626-628, Sur les concours ouverts pour l'étude des insectes bibliophages. cf. infrb, p. 52; note Let p. 58.

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