I.E LIVRE. — T. I
choisis une pensée pour la bien digérer ce jour-là. C'est aussi ce que je fais : dans la quantité de choses que j'ai lues, je m'empare d'un trait unique. Voici mon butin d'aujourd'hui, c'est chez Épicure que je lai trouvé, car j'ai coutume aussi de mettre le pied dans le camp ennemi, non comme transfuge, mais comme éclaireur : « La belle chose, s'écrie-t-il, que « le contentement dans la pauvreté! » Mais il n'y a plus pauvreté s'il y a contentement '. » Etc.
Pline l'Ancien, ou le Naturaliste (25-79 ap. J.-C), qui avait l'habitude de dire ce mot, tant de fois répété : « 11 n'y a si mauvais livre où l'on ne puisse trouver quelque chose d'utile », Nullmn esse libnim tam malum, ut non aliqua parte prodesset^, nous apprend que la coutume de placer dans les bibliothèques des bustes et portraits d'hommes célèbres prit naissance de son temps. « Il ne faut pas omettre ici une invention nouvelle : maintenant on consacre en or, en argent, ou du moins en bronze, dans les bibliothèques, ceux dont l'esprit immortel parle encore en ces mêmes lieux; on va même jusqu'à refaire d'idée les images qui n'existent plus; les regrets prêtent des traits à des figures que la tradition n'a point transmises, comme il est arrivé pour Homère.... L'idée de réunir ces portraits est, à