Cf. Peignot, op. cit., t. I, p
2. Un des fils de Jules-César Scaliger (qui eut quinze enfants), Joseph-Jules Scaliger (1540-1609), s'était acquis, de son vivant, « une telle réputation, que Juste 'Lipse écrivait qu il aimerait mieux jouir de l'entretien de Scaliger que de voir toute la pompe triomphale dun ancien consul romain. Ce compliment était peut-être dû en partie à la terreur qu'inspirait l'espèce de despotisme exercé par l'orgueilleux Scaliger sur tous les littérateurs de son temps. Casaubon tremblait en écrivant, quand il pensait que ce qu'il écrivait serait vu par Joseph Scaliger. " Etc. (Peignot, op. cit., t. I, pp. 93-94, note.)
5. « On récite de plusieurs chefs de guerre, qu'ils ont eu certains livres en particulière recommandation; comme le grand Alexandre, Homère, Scipion Africain, Xénophon, Marcus Brutus, Polybius : Charles cinquième, Philippe de Commines, et dit-on, de ce temps, que Machiavel est encore ailleurs en crédit. Mais le feu mareschal Strozzi, qui avoit pris César pour sa part, avoit sans doute bien mieux choisi; car, à la vérité, ce debvroit estre le bréviaire de tout homme de guerre, comme estant le vrai et souverain patron de l'art militaire. » (Montaigne, Essais, II, xxxiv: t. III, p. 212. Paris, Charpentier, 1862.)
Mélanchtiion (14*.I7-I5()(J) bornait loulo sa bibliuthèque à quatre auteurs dont les noms commencent par la même lettre : Platon, Pline, Plutarque et Ptolémée'.
L'amiral de GoLitiNv (IM7-b*)7'J) faisait, dans sa jeunesse, sa lecture habituelle des Eléments d'Euclide et des Vies des hommes illustres de Plularque.
Le poète Jean Dorât ou Daurat (1508-1588) admirait tellement certaine épigramme d'Ausone (la lO?'^ : In puerum formosiim), qu'il prétendait qu'un démon en était l'auteur.
Le célèbre jurisconsulte Cujas (1520-151)0) disafl des ouvrages de Paul de Castro, professeur de droit, mort à Florence en 1-457 : Qui non habet Paullm de Castro tunicam vendat et emat. Ce mot a été appliqué depuis à l'ouvrage de Domat (1G25-1696), Des lois civiles dans leur ordre naturel.
Montaigne (1555-1592) aimait Boccace, Rabelais et Jean Second. Il estimait les Géorgiques de Virgile « le plus accompli ouvrage de la poésie ». Lucrèce, Catulle et Horace lui semblaient être, avec Virgile, les quatre meilleurs poètes latins. Il affectionnait aussi particulièrement Lucain et Térence, Plutarque
1. Peignot, op. cit., t. I, p. 95, à qui, comme je l'ai dit. sont empruntés tous les faits et détails non accorppagnés de notes. — Bien que Mélanchthon ait commenté et édité Pline le Jeune {la Grande Encyclopédie, art. Mélanchthon). il s'agit ici de Pline l'Ancien. Pline sans épithète s'appliquant d'ordinaire à l'auteur de VHifitoire naturelle.
« depuis qu il est Franc^ais», Sénèque, Cicéroii, surtout dans ses ouvrages de philosopliie morale et dans ses lettres à Atticus (bien que, ajoute-t-il, — et c'est là une des erreurs de goût de Montaigne, — « sa façon d'escrire me semble ennuyeuse^ »), Diogène Laërce, César et Salluste.
Le poète Passerat (1554-1602) mettait, en tête de ses auteurs favoris, Properce, Catulle et TibuUe.
Le savant Juste Lipse (1547-1606) goûtait tellement Tacite qu'il l'avait appris par cœur en entier. On raconte qu'il fit un jour le pari de réciter de mémoire tous les endroits des ouvrages de cet historien qu'on lui désignerait, consentant à être poignardé s'il venait à se tromper ou à se trouver à quia. 11 est à remarquer cependant que le célèbre philologue ne donne aucune place à Tacite dans la déclaration suivante : « Je n'admire que trois hommes, Homère, Hippocrate et Aristote. Ce sont les seuls, à mon avis, qui ont porté l'humanité au delà de ses forces et de sa sphère naturelle "-. »
Comme l'amiral de Coligny, Henri IV (1555-1610) avait, dans sa jeunesse, un goût particulier pour \{i^ Eléments d'Euclidc et les Fies de Plutarque''.
1. Montaigne, Essais, H, x; t. II, pp. 2l\ et s. (Paris, Chaiperitier, 1862.) Ce chapitre x du livre II est entièrement consacré par Montaigne à ses ouvrages préférés.