‹ Le livre (volume 3)Chapitre 116 sur 163 · Ap. Peignot, op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

Ap. Peignot, op. cit., t. I, p

5. Cf. supra, p. 126, n. 1, la lettre de Henri IV à Marie de MédicJLS : « ... Plutarque me sourit toujours dune fraîche nouveauté; laimer, ccsl m'aimer, " etc.

Le chancelier TraiH^ois Bacon (Lj()1-J62H) disait, que « les livres ne sont que des répétitions.... l'ouillez les Grecs, les Romains, les Arabes et tous les jiuteurs modernes : vous ne verrez partout qu'Arislole, Platon, Euclide et Plolénu'e. »

Malherbe (l')i)*)-l()'28) comptait parmi ses préférés Stace, Sénèque le Tragique, Juvénal, Ovide, Martial, et surtout Horace, qu'il appelait son bréviaire.

Richelieu (1585-lOW) faisait de ÏArgeni^i^, du romancier anglais Jean Barclay, son livre favori. Il plaçait en tète des savants de son époque Saumaise, Grotius et Jérôme Bignon. Par une singulière hyperbole, il comparait aux quatre éléments quatre écrivains de son temps, qu'il regardait comme les meil leurs : le cardinal de Bérulle, comparé au feu pour son élévation; le cardinal Duperron, à la mei' pour son étendue; le Père CoetTeteau, à lair pour sa vaste capacité; et Du Vair, à la terre pour Tabondance et la variété de ses productions. Ces quatre prétendus éléments sont bien déchus et bien oubliés maintenant, et Ton voit, ajoute Peignot^ que les goûts littéraires de Son Éminence étaient bien nu-dessous de ses talents politiques.

L'écrivain espagnol Ouevedo ( 1580-1 Giôj admiiail par-dessus tout Don Quichotte : quand il le lisait, il

1. Roman satirique, qui dépeint les intrigues et les vices des cours princières.

t>. Op. cit., [. I. p. Mi.

était, disait-il, tenté de brûler tous ses ouvrages. Grotius (1580-1645) avait toujours un exemplaire de Lucain dans sa poche, et. raconte Gui Patin, « il le baisait plusieurs fois le jour ». Consulté par M. Dumaurier, ambassadeur de France en Hollande, sur les livres qu'il devait lire et étudier de préférence, Grotius lui indiqua les suivants : VEcclésiaste et le livre De la Sagesse ; les Vers doives de Pythagore ; toutes les œuvres de Platon; la Rhétorique et la Politique d'Aristote; les Harangues de Démosthène ; les Fragments de Théognis et de Phocylide * ; les tragédies d'Euripide; les Caractères de Théophraste ; les comédies de Térence ; les Offices et les Oraisons de Cicéron; les écrits de Salluste; les Èpîtres d'Horace; le Manuel d'Épictète; les œuvres philosophiques de Sénèque; les tragédies de Sénèque; les Opuscules de Plutarque; les écrits d'Hiéroclès, d'Arrien, de Dion Cassius^; l'ouvrage de

1. Théognis (vp siècle av. J.-C), le poète gnomique par excellence (fjnomê, sentence). Phocylide de Milet, contemporain de Théognis : il est aussi -< le type le plus complet du poète gnomique, un Pibrac grec, comme l'appelle M. Cioiset ». [La Grande Encyclopédie.) Une traduction des Sentences de Théognis, de celles de Phocylide, ainsi que des Vers dorés de Pythagore, dues toutes les trois à Pierre-Charles Lévesque (1757-1812), se trouve dans le volume Moralistes anciens (Bibliothèque des philosophes et des historiens grecs; Paris, Lefèvre, 1840; in-18).

2. Hiéroclès, philosophe grec de l'École néo-platonicienne, vivait à Alexandrie vers le milieu du v^ siècle de notre ère: il est l'aiateur d'un Commentaire sur les vers dorés de Pytha-

Polybe sur les Républiques, les Pandectes et le Code de Justinien. « On est surpris de ne pas voir Homère, Virgile et les Vies de Plutarque figurer dans cette liste*. »

Vaugelas (1585-1650) faisait très grand cas du style de V Histoire romaine de Goefleteau. 11 délaissa ensuite Goefleteau et lui préféra les traductions de d'Ablancourt, surtout celle d'Arrien, qui lui servit de modèle pour sa traduction de Quinte-Gurce.

Le savant médecin Samuel Sorbière (1615-1670) mettait les Offices de Cicéron au-dessus de tous les livres, excepté TÉcriture sainte. Pour les modernes, il les plaçait dans Tordre suivant : Charron, Montaigne, Balzac et La Mothe-Le Vayer. « Ges quatre messieurs, disait-il, font presque toute ma bibliothèque. »

Gui Patin (1601-1672) dit, dans une de ses lettres» : « VHistoire de Pline est un des plus beaux livres du monde; c'est pourquoi il a été nommé la Bibliothèque des pauvres. Si l'on met Aristote avec lui, c'est une bibliothèque presque complète. Si Ton y

(jore, d'un Traité de la Providence, etc. — Arrien (Flavius), historien grec, lîé vers Tan 105, a écrit la vie d'Alexandre le Grand (Anabase), un Manuel sur la philosophie d'Épictète, etc. — Dion Cassius, autre historien grec, né vers l'an 155, auteur d'une Histoire romaine, écrite dans la manière de Polybe, mais de moindre valeur.

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