‹ Le livre (volume 3)Chapitre 120 sur 163 · Louis Racine, Mémoires, ap. P. Mesnard, Notice bio · texte numérisé non relu

Louis Racine, Mémoires, ap. P. Mesnard, Notice bio

Claude Lancelot, savant de Port-Royal (1615- 1695), plaçait en tête des auteurs latins, pour la pureté de la langue, Térence, Cicéron, César, Virgile et Horace. Puis venaient Quinte-Curce, Salluste et Tite-Live.

Mme de Sévigné (1626-1696) était passionnée pour les Essais de morale de Nicole; puis pour Corneille, « dont je suis folle », écrit-elle'; pour La Fontaine, dont les fables « sont divines »2; et pour « le grand Bourdaloue ^ ».

Selon La Bruyère (1659-1696), « Moïse, Homère, Platon, Virgile, Horace, ne sont au-dessus des autres écrivains que par leurs expressions et par leurs images^ ».

Racine (1639-1699) savait presque par cœur, à l'âge de seize à dix-sept ans, Sophocle et Euripide, dans leur texte original. Il avait déjà chargé d'apostilles les marges du Platon et du Plutarque, édi-

graphique sur La Fontaine : La Fontaine, Œuvres, t. I, p. cxci; même édition.

1. Lettre du 9 mars 1672 (t. I, p. 475. Paris, Didot, 1867). «' Vive donc notre vieil ami Corneille! » écrit-elle encore (let. du 46 mars 1672, p. 477). « Pardonnons-lui de méchants vers en faveur des divines et sublimes beautés qui nous transportent : ce sont des traits de maître qui sont inimitables. •-

2. Lettre du 20 juillet 1679 (t. III, p. 465). « On croit d abord en distinguer quelques-unes: et, à force de relire, on letrouve toutes bonnes. •> [Ibid.)

5. Lettre du 28 mars 1689 (t. V, p. 566j. Voir aussi t. I. p. 141, et jmssim.

4. La Bruyère, Caractères, Des ouvrages de l'esprit, p. 10. (Paris, Dezobry, 1849.)

iioub de Bâle, texte grec également, sans traduction latine, dont il se servait dans ses classes. Étant encore à Port-Royal, entre 1655 et 1658, il trouva par hasard le roman grec de Théogène cl Charlçlée, criiéliodore. Il le dévorait, lorsque, raconte-t-on, le j^acristain et professeur, Claude Lancelot, le surprit dans cette lecture, lui arracha le livre et le jeta au feu. Le jeune Racine réussit à s'en procurer un autre exemplaire, qui eut le même sort. Il en acheta un troisième, et, pour n en plus craindre la perte, l'apprit par cœur; il le porta alors au bon Lancelot et lui dit ; « 'Vous pouvez brûler celui-ci comme vous avez brûlé les autres : je n'en ai plus besoin' ».

Saint-Évremond (1615-1705) écrit^ :

«... Don (Jukliollc, de Cervantes, est un ouvrage que je puis lire toute ma vie, sans être dégoûté un seul moment. De tous les livres que j'ai lus, Don Quichotte est celui que j'aimerais mieux avoir fait : il n'y en a point, à mon avis, qui puisse contribuer davantage à nous former un bon goût sur toutes choses.... Quevedo^ paraît un auteur fort ingénieux ; mais je l'estime plus d'avoir voulu brûler tous ses livres, quand il lisait Don Quichotte, que de les avoir su faire. » Et plus loin^ : « Les Es-str/s de Montaigne,

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