‹ Le livre (volume 3)Chapitre 130 sur 163 · LIVRE T. I · texte numérisé non relu

LIVRE T. I

pour Salluste, prédilection qui avait commencé sur les bancs de l'école. Elle lui fit prendre la résolution « non seulement de traduire ce qui nous reste de cet historien, mais encore de recomposer son Histoire romaine, » dont il ne reste plus que des lambeaux. C'est principalement pour compléter ,-es études sur Salluste que le président de Brosses entreprit son voyage en Italie (de 1759 à 1740), dont il nous a laissé, dans ses Lettres familières^ une si intéressante et si curieuse relation. Son Salluste l'occupa toute sa vie, et il ne publia ce travail que Tannée même de sa mort, en 1777 ^

VoLTAmE (1694-1778) avait toujours sur sa table VAthalie de Racine et le Petit Carême de Massillon^

Brosses, en tête des Lettres familières écrites d'Italie, par Charles de Brosses, t. I, p. x. (Paris, Didier, 1858.)

1. R. Colomb, op. cit., pp. xii,xiii, xlii. « ... Comment exprimer en peu de mots la vivacité de l'intérêt et la préférence, en quelque sorte monomane, qu'inspirait Salluste à M. de Brosses? Quand on songe qu'il a mis plus de quarante années à le compléter, le traduire, l'expliquer, à disputer à l'oubli des siècles jusqu'aux plus faibles débris des pensées de son auteur; enfin qu'il a dépensé peut-être cinquante mille francs à dépouiller le corps entier des anciens grammairiens, dont les manuscrits sont disséminés dans les principales bibliothèques de l'Europe, à faire dessiner et graver des bustes, des médailles, des plans de batailles, des cartes géographiques, il est impossible de ne pas accorder quelque estime à une telle entreprise. Peu de personnes savent, au juste, ce que M. de Brosses a fait pour Salluste; » etc. (Id., ibid., p. xxxvi.)

2. Le fait est attesté par d'Alembert, qui dit. dans son Élorje de Massillon : « Le plus célèbre écrivain de notre

PREDILECTIONS PARTICULIERES. 259

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) nous conte, dans ses Confessions^ qu'après avoir commencé par lire des romans, en compagnie de son père, il s'attacha tout particulièrement à Plutarque : « Le |)l;usir que je prenais à le relire sans cesse me guérit un peu des romans; et je préférai bientôt Ag('silas, Brutus, Aristide, à Orondate, Artamène et Juba ».

Plus tard, entre vingt et trente ans, Jean-Jacques aiïectionna tout particulièrement les livres « qui mêlaient la dévotion aux sciences.... Tels étaient particulièrement ceux de l'Oratoire et de Port- Royal. Je me mis à les lire, ou plutôt à les dévorer. Il m'en tomba dans les mains un du Père Lamy, intitulé Entretiens sur les sciences. C'était une espèce d'introduction à la connaissance des livres qui «en traitent. Je le lus et le relus cent fois; je résolu d'en faire mon guidée »

nation et de notre siècle (Voltaire) faisait des sermons de ce grand orateur une de ses lectures les plus assidues. Massillon était pour lui le modèle des prosateurs, comme Racine celui des poètes, et il avait toujours sur la même table le Petit Carême et Athalie », Sans indiquer d'autorité ni de source, Charles Nodier (Questions de littérature légale, p. 117: Paris, Crapelet, 1828) remplace Athalie par les Provinciales : « Voltaire avait toujours sur sa table les Provinciales et le Petit Carême ». Pour Dorât, le chantre des Baisers, Athalie n'était que « la plus belle des pièces ennuyeuses ». (Peignot, op. cit., t. I. pp. 285-286, note.)

1. Partie I, livre I (t. V, p. ÔIG. Paris, Hachette, 1804). Cf. infra, t. II, chap. il, Premières Lectures.

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