‹ Le livre (volume 3)Chapitre 133 sur 163 · Ap. Peignot, op. cit., t. I, pp. 345 et s · texte numérisé non relu

Ap. Peignot, op. cit., t. I, pp. 345 et s

4. Et il devait aussi délaisser souvent Voltaire, puisque, parlant de Tacite et de Montesquieu, il dit à Hérault de Séchelles, que « ce sont deux auteurs de cheminée : il ne faut pas passer un jour sans les lire ». (Peignot, op. cit., t. I, p. 546.) -

l»aptiste Rousseau et Juvénal lui plaisaient aussi beaucoup. En tête des écrivains, « si Ton voulait les jui^er par la force et l'étendue des idées», toujours au dire d'Hérault de Séchelles. il jdacait Pwu'on et Monlcs(|uieii ; puis PiulVon cl Diderot; (Misuite .Tean-Jac(|ues Rousseau, Mariuon- Icl, (TAlembert, Raynal et Saint-Lambert. Il considérait Rossuet et Jean-Jacques comme nos deux premiers orateurs. Pour lui, Massillon n'est qu'un g^rand écrivain; Rourdaloue, un faiseur de traités; Mascaron est informe et inégal; Daguesseau, sans lorce, sans imagination ; etc.

Le savant Grosley (1718-178.')) avait pour lectures préférées Erasme, Rabelais, Montaigne et la S/ffiiw Mriiipjjér^.

« Lorsque je suis affligé, disait Frédéiic le Grand (17^2.1786)^ je lis le troisième livre de Lucrèce, et cela me soulage. »

RuFFON (1707-1788) recommandait la lecture des œuvresdes plus grands génies, qu'il réduisait à cinq : Newton, Racon,Leibnitz, Montesquieu et... RulTon luimême. On sait encore qu'il faisait un cas particulier de Massillon, « qu'il estimait le premier de nos prosa-

I. Peignot, op. cit., t. I, p. 50j. Grosley avait pour Ueviso : " Paix et peu ». Il disait fort justement et joliment «jue c'est « le propre des Muses de nous amuser inutilement et <le " nous payer avec leur seule douceur ». (Cf. Sainte-Beuve, Tableau de la poésie française au xvP siècle, pp. 467 et iGS.)

"1. Ap. Sainte-Beuve, Causeries du lujuli. t. III. p. 10.".

leurs' », de FéneloneldeRichardson. Parmi les écrivains de l'antiquité, il estimait surtout Aristote etPline l'Ancien, dont il a écrit de pompeux éloges dans son Histoire des animaux et dans son Histoire du Monde-. L'avocat Gerbier (17'Jo-1788) était passionné pour les Lettres Provinciales de Pascal. « Les livres de sa bibliothèque, superbement reliés, dit Garât dans ses Mémoires sur Suard^, étaient plus le luxe de son état que de son goût; presque tous restaient neufs dans leurs rayons. Un seul, un seul petit volume se voyait dans ses mains, se rencontrait, à Paris et à Franconville, sur ses tables, sur ses fauteuils ; il le savait par cœur et le lisait toujours : c'étaient les Petites Lettres, les Provinciales. Ce n'est pas qu'il fût le moins du monde janséniste; mais il ne pouvait rien mettre à côté de cette logique nue et serrée, piquante et véhémente, à côté de ce style où la verve comique et la verve oratoire sont toujours si près l'une de l'autre, et toutes les deux près de la raison, pour l'environner d'une double puissance. »

1. Sainte-Beuve, op. cit., t. IX. p. 7. C'était aussi lopinion de Frayssinous {Défense du christianisme, Moïse législateur, t. I; p. 552) : '■ ... Massillon, le premier prosateur de la littérature française ». Sur Massillon, cf. supra, p. 258, n. 2.

2. Peignot, op. cit., t. I, p. 5b7. Rappelons la fière et belle déclaration de Buffon, qui pourrait et devrait servir de programme à tout véritable écrivain : « Je n'ai pas mis dans mes livres un seul mot dont je ne pusse rendre compte. - {Ap. Gustave Merlet, Études littéraires, Chanson de Roland. Joinville, etc. p. 566. Paris, Hachette, 1882. In-8.)

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