‹ Le livre (volume 3)Chapitre 137 sur 163 · Ap'. Peignot, op. cit., t. L pp · texte numérisé non relu

Ap'. Peignot, op. cit., t. L pp

iieille. « Racine nesl pas mon homme, disait-elle, excepté dans Mithridatc. t, Rabelais et Scarron lui avaient plu autrefois, mnis rn avançant en àfi^e, elle les avait oubliés.

Kant (I72i-180i) soutenait <|ue, lorsqu'tm esl tourmenlé par rinsoninie, il suffit le plus souvcnl de s'appliquer à écarter de son esprit toute idée iui- [)ortune, et de fixer son allention sur des choses indilïérentes ou agréables; il avait coutume, pour s'endormir, de se remémorer « la vie et les écrils de Cicéron, et cet exercice ne manquait jamais de le calmer' ».

La Harpe (1739-1805) tenait en la plus haute eslime Massillon et Fénelon : « Si la raison elle-même, écrit-il, si cette faculté souveraine, émanée de l'intelligence éternelle, voulait apparaître aux hommes sous les traits les plus capables de la faire aimer, et leur parler le langage le plus persuasif, il faudrait qu'elle prit les traits et le langage de Tauteur du Petit Crtréme ou de celui de Téléniaque ». Il divisait les principaux écrivains du xvnr siècle en trois classes : l'^ les philosophes, en tête desquels il plaçait Fonlenelle, BufTon, Montesquieu, d'Alembert et Condillac; i2° les moralistes et les économistes : Vauvenargues et Duclos, Ouesnay, Linguet, etc. ; 5° ceux qu'il nomme les sophistes, parmi lesquels il compte

1. Baron Tanneguy de Wogan, Manuel des gens de lettres, p. 405. (Paris, Didot, s. d.)

d'abord Toussaint, l'ex-janséniste devenu encyclopédiste: puis Helvéiius, Diderot ensuite, enfin Boulanger et Jean-Jacques Rousseau*.

Alfieri (1749-1805), le grand poète tragique italien, cite, parmi les livres qui firent sur lui, dans sa jeunesse, le plus d'impression, et eurent le plus d'action sur lui, les Vies de Plutarque et les Essais de Montaigne. Voici ce qu'il dit à ce sujet, dans ses Mémoires- : «... Pour moi, le livre des livres, \ celui qui, pendant cet hiver, me fit passer bien des heures de ravissement et de béatitude, ce fut Plutarque, et ses vies des vrais grands hommes. Il en est, celles, par exemple, de Timoléon, de César, de Brutus, de Pélopidas, de Caton, et d'autres encore, que je relus jusqu'à quatre et cinq fois, avec un tel transport de cris, de larmes et parfois de colère, que, s'il y avait eu quelqu'un à m'écouter dans la chambre voisine, on n'eût pas manqué de me croire fou. Souvent, à la lecture de quelques beaux traits de ces grands hommes, je me levais tout hors de moi, et des pleurs de rage et de douleur jaillissaientvde mes yeux% à la seule idée que j'étais né en

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