‹ Le livre (volume 3)Chapitre 138 sur 163 · Peignot. op. cit., t. I, pp · texte numérisé non relu

Peignot. op. cit., t. I, pp

2. Pages 151-152 et 156-157, trad. Antoine de Latour. (Paris, Charpentier, 1840.)

5. Cf. supra, pp. 466-167, Vauvenargues lisant les Vies de Plutarque : « J'en étais fou... je pleurais de joie, lorsque je lisais ces Vies; je ne passais point de nuit sans parler à Alcibiade, Agésilas et autres » ; etc.

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Piémont, dans un temps cl sous un gouvcrnwiitînt où rion de grand ne pouvait se faire ni se dire, et où, tout au plus, pouvail-on stérilement sentir et penser de grandes choses. »

« ... Les Essais de Montaigne (si depuis j'ai su penser un peu, je ne le dois peut-être qu'à ce livre), ces sublimes Essais du plus familier des écrivains, m'étaient aussi d'une grande ressource. Divisés en dix petits volumes et devenus pour moi de fidèles et inséparables compagnons de route, ils occupaient exclusivement toutes les poches de ma voiture. Ils m'instruisaient, ils me charmaient, ils flattaient même singulièrement ma paresse et mon ignorance; car il me suffisait d'en ouvrir au hasard un volume et de le refermer après en avoir lu une page ou deux, pour n'avoir plus moi-même qu'à rêver ensuite sur ces deux pages pendant des heures entières. J'éprouvais bien aussi quelque honte lorsqu'il m'arrivait, à chaque page, de rencontrer deux ou trois passages latins, et que je me voyais forcé d'en chercher le sens dans la note, incapable désormais de comprendre même les plus simples citations en prose, loin de pouvoir entendre celles que Montaigne emprunte sans cesse aux plus grands poètes. Je ne me donnai même plus la peine de l'essayer, j'allai droit à la note. » Etc. •.

1. Citons encore ces aveux de Victor Alfieri (op. cit., p. 565), terminés par une attestation ou profession de foi,

Comme Alfieri. avec qui elle était intimement liée, la comtesse d'ÀLBANv (1752-1824) faisait de Montaigne sa lecture habituelle : « C'est mon bréviaire que ce Montaigne, disait-elle*, ma consola-

qui va de pai'' avec celle de Buffon (supra, p. 266, n. "1) : ..... C'est à dater de ce jour que commença mon désenchantement de la gloire, qui. depuis, a toujours été en augmentant. Toutefois je persisterai dans la résolution que j'ai prise d'essayer encore pendant dix ou quinze ans, jusqu'à l'approche de ma soixantaine, d'écrire, dans deux ou trois genres, de nouvelles compositions. Je le ferai de mon mieux et avec tout le soin dont je suis capable. Je veux avoir, en mourant ou en vieillissant, l'intime consolation de me dire que. autant qu'il a été en moi. j'ai satisfait à l'art et à moi-même. ■> 1. Ap. S\ii!<te-Bel\e, Nouveaux Lundis, t. V, p. 426. CL supra, p. 261. ce que Mme du Deffand dit de Montaigne. -...Le livre le plus éminentde notre ancienne littérature, les ifôsa/s de Montaigne. » (Charles 'SoDiEn, Notice sur Bonaventure des Périos, en tète des Contes et Nouvelles Récréations de Bonaventure des Périers, p. 28 (Paris, Gosselin, 1843). « Philosophe, non de profession, mais par nature, sans programme et sans système, observant toujours et n'enseignant jamais, Montaigne laisse errer sa pensée et sa plume à travers tous les sujets qu'elles rencontrent : jamais on ne s'est aventuré avec un tel bonheur. >• (Daunou, ap. Sainte-Beuve, Portraits contemporains, t. IV, p. 544.) « ... Montaigne, notre plus grand peintre. » (Taine, La Fontaine et ses fables, p. 295.) « Montaigne... i^uel charmant, quel commode et quel joli voyageur c'était que cet homme de cabinet qui avait en lui l'étolTe de plusieurs hommes; quel naturel heureux, curieux, ouvert à tout, détaché de soi et du chez soi, déniaisé, guéri de toute sottise, purgé de toute prévention!... Oue d'accortise à tout venant! que de bon sens partout! que de vigueur de pensée! quel sentiment de^la grandeur, quand il y a lieu! que de hardiesse et aussi d'adresse en lui! J'appelle Montaigne '. le Français le plus sage qui ait jamais existé ». (Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. II, p. 177.)

PRKhir.ECTIONS P^\RTIClILIKlU:s. 'll'A

tion, et la patrie do mon Amo et de mon espril ! » Le célèbre orientaliste Anqietil-Dlperron (1751- 1805), le traducteur du Z end- Avesta et le créateur des études asiatiques en Europe, qui, sans fortune et sans ressources, brûlant d aller étudier la langue et la religion de Zoroastre, s'enrôla, à vingt-trois ans, comme simple soldat, dans une compagnie expédiée aux Indes, partit avec ces trois volumes dans son sac : la Bible, les Essais de Montaigne et le Traité De la Sagesse de Charron '.

William PiTT (1759-1806), fils de lord Chatham, qui, comme nous l'avons vu S « s'enchantait de Virgile », se complaisait avec Eschyle; et son adversaire. Fox (1749-1806), le chef des whigs, se délectait, lui, avec les lettres de Mme de Sévigné^.

Jacques Delille (1758-1815) se passionna d'abord pour le poème de la Religion, de Louis Racine \

Palissot (1750-1814) considérait le xvni^ siècle comme moins fécond en ouvrages de génie que le siècle précédent, mais « il paraît l'emporter du côté des traductions ». Celle de Térence par l'abbé

1. Edgar Quinet, le Génie des religions, livre II, chap. I, p. 47. (Paris, Chamerot, 1851.)

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