‹ Le livre (volume 3)Chapitre 28 sur 163 · GÉRAUD, op. cit., p · texte numérisé non relu

GÉRAUD, op. cit., p

l'amour des livres et de la lecture, k'^

livres pieux, et en forma une iinporlaiifo eolleclioii à Conslanlinople. L'empereur Ji lu:n dil l'Apostat («T» 1-505) voulut supprimer cette bibliolliècjue, ce (fui ne i'empik-ha pas d'en fonder deux aulres, l'une aussi à Conslantinople, et lautre à Antioclie; sur le Irontispice de ces établissements il avait fait graver cette sentence, officiel aveu de sa constante passion pour les livres : « Alii quidem equos amant, alii aves, alii feras; mihi vero a puerulo mirandum accjuirendi et possidendi libros insedit desiderium' ».

« Ces collections publiques ne durent pas peu contribuer à entretenir chez les particuliers l'amour des livres. Déjà, du temps de Sénèque, le luxe des bibliothèques était poussé à Rome à un degré inimaginable. Une bibliothèque était regardée dans une maison comme un ornement nécessaire; aussi en trouvait-on jusque chez les gens qui savaient à peine lire, et [certaines étaient] si considérables que la lecture des titres des livres aurait seule rempli la vie du propriétaire ^ C'est vers ce temps que vint à Rome le grammairien Épaphrodite de Chéronée, qui ramassa jusqu'à trente mille volumes de choix. Plus tard, Sammonicus Severus, précepteur de Gordien

\. Diderot, Enrudopédic. art. Bibliothè«iue, Œuvrer complètes, t. XIII, pp. 446-447. •- Les uns aiment les chevaux, d'autres les oiseaux, d'autres les bètes sauvages; moi, dès l'enfance, j'ai été saisi d'un prodigieux désir d'acheter et de posséder des livres. »

2. SÉNÈouE, De la tranquilUlé de l'àme, ix. C(. supra, pp. 16-17.

le Jeune, laissa à son élève la bibliothèque qu'il avait reçue de son père et qui se montait à soixante-deux mille volumes....

« Enfin nous trouvons, dès le n'- siècle, des bibliothèques publiques dans de petites villes de ritalie : Tibur en possédait une assez bien fournie, située dans un temple d'Hercule. Pline le Jeune nous apprend lui-même qu'il avait prononcé un discours pour l'inauguration de la bibliothèque de Gôme, sa patrie; et Tensemble de sa lettre* prouve que cette collection avait été formée peut-être en entier, mais bien certainement en partie, par lui et sa famille. Dans une ancienne inscription découverte à Milan, nous trouvons, entre autres choses, que Pline le Jeune avait donné, pour la réparation ou l'entretien de cette bibliothèque, une somme de cent mille sesterces (environ 25000 francs) ^ »

Ainsi que nous le verrons plus loin, les chrétiens héritèrent du zèle des littérateurs romains pour les collections de livres, et formèrent à leur tour de nombreuses bibliothèques.

Avant de quitter les anciens, disons succinctement ce qu'était le livre chez eux et comment il se fabri-

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