GÉRALD, op. cit.^ pp
l'amour des livres et de la lecture. 45
qiiail'. Ce mode de fabrication paraît avoir été identique on Grèce cl dans lo monde romain; le livre, à Athènes comme à Rome, se composait originairement d'une longue bande de papyrus roulée sur ellomômo, nommée on latin vohnnoi^ rouleau (au pluriel
L l^onr l'ôtudo du livre dans rantiquité, j'ai eu recours d'abord à l'excellent ouvrage de H. Okhaid, Essai sur les livres d<nis Canliqxùlé, particulièrement chez les Romains, (Paris, Tecliener, 18iO: in-8, 252 p.), qui est si abondamment documenté, si soigneusement et consciencieusement fait : on peut dire que l'auteur (mort en 1844, à 52 ans) a passé en revue tous les écrivains latins et grecs, et a butiné tout ce qui se rapporte à la question du livre chez les anciens; si bien que son « Essai », quoique datant de plus d'un demi-siècle, reste encore et sans conteste le meilleur travail qu'on ait publié sur cette question. J'ai mis aussi à contribution Gabriel Peignot, Essai historique et archéologique sur la reliure des lii^res et sur létal de la librairie chez les anciens (^Dijon, Lagier, et Paris, Renouard, 1854) ; puis Ludovic Lala.nne, Curiosités hibliorjraphiqucs (Paris, Delahays, 1857), qui s'est, lui aussi, beaucoup servi de l'ouvrage de Géraud; Lacroix, Fournier et Seré, Histoire de V imprimerie et des arts... qui se rattachent à la typograjjhie (Paris, Delahays. s. (I.); Egger, Histoire du livre depuis ses origines jusqu'à nos jours (Paris, Hetzel, s. d.), et le Papier dans Vantiquité et dans 1rs temps modernes (Paris, Hachette, 1807); Lecoy de la Marche, les Manuscrits et la Miniature {chap. i et vu) (Paris, Ouantin, s. d,); Delox, Histoire d'un livre, ()" édit. (Paris. HacheUe, 1898) ; D-^ .lames Gow, Minerva, Introduction h l'étude des classiques scolaires grecs et latins, édition française publiée par AL Salomon Reinach (Paris, Hachette. 1890), pp. 18-20, où la question du livre chez les anciens m'a paru bien résumée; Anthony Ricu, Dictio)inaire des antiquités l'omaines et grecques, trad. Chéruel (Paris, Didot. 1875); Daremderg et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines (Paris, Hachette; en cours de publication); etc.
volumina ; de volvere, rouler), d'où nous avons fait
volume.
La plante nommée papyrus par les Égyptiens, et Ç-'O.oç par les Grecs, est une espèce de roseau de la famille des cypéracées, qui croît dans les marais de rÉgypte, de î'Abyssinie, de la Syrie, de la Sicile et de )a Câlabre. Elle a une racine ou rhizome féculent, dont les anciens Égyptiens se nourrissaient, et une tige ou hampe triangulaire haute de 2 mètres à 2 m. 50, sans feuilles et terminée par une large et élégante ombelle ^ C'est avec la tige du papyrus que les anciens fabriquaient leur papier.
Dans son Histoire naturelle^, Pline nous donne d'amples détails sur les diverses opérations de cette fabrication, « mais les trois chapitres qu'il a consacrés à cette matière sont parfois si obscurs, que, malgré de nombreux commentaires et même diverses expériences tentées sur du papyrus de Sicile, l'interprétation de quelques passages reste toujours incomplète^ ». Voici les plus importants de ces détails, tels qu'ils ont été exposés et interprétés par Géraud et par Egger.
La tige seule du papyrus, avons-nous dit, était bonne à faire du papier. On commençait par la
1. Larive et Fleuiîy, Dictionnaire des mots et des choses, art. Papyrus.
2. XIIL 23-26, trad. Littré. (Collection Nisard, Paris, Didot, 1877.)