‹ Le livre (volume 3)Chapitre 31 sur 163 · GÉRAUD, op. cit., p · texte numérisé non relu

GÉRAUD, op. cit., p

2. « Les lettres s'écrivaient sur la même matière que les livres, c'est-à-dire sur le papier d'Egypte. Le papier auguste ou royal fut celui qu'on employa principalement à cet usage : Augustœ in epistolis auctoritas relicta. (Pline l'Ancien, XIII, 24.) On le nommait, comme chez nous, papier à lettres, cliarta epistolaris. (Martial, XIV, 8 [11].) Il paraît qu'on taillait, pour les lettres, des feuilles de papier auguste, auxquelles on donnait une très petite dimension. On trouve une preuve de ce fait dans Sénèque, qui termine ainsi sa quarante-cinquième épUre : « Pour ne pas dépasser les limites d'une •• lettre (jul ne doit pas remplir la main gauche de celui qui la « lit, je renvoie à un autre jour ce qui me restait à dire. » (GÉRAUD, op. cit., p. 114.)

5. D-^ James Gow, Minerva, édit. publiée par M. Salomon Reinach, pp. 18-19.

ceux de Thucydide ou d'Homère aient été jamais réunis sur un seul rouleau, dont la longueur aurait atteint 80 mètres; mais nous possédons des papyrus égyptiens qui ont près de 45 mètres de longueur. Des rouleaux aussi considérables étaient d'un maniement incommode, ce qui fit dire à Callimaque, poète et bibliothécaire alexandrin vers 200 av. J.-C. : (xsya ptêXi'ov, [Xzyx xaxov^ » La forme, la nature môme des vohcmina^ obligeaient ainsi les auteurs à publier leurs ouvrages par sections, et par sections relativement peu étendues : c'est ce qui explique la division en livres des œuvres de la plupart des écrivains latins, d'Horace, de Virgile, d'Ovide, de Martial, Stace, Tibulle, Properce, Apulée, Aulu-Gelle, etc.,

1. Grand livre, grand inconvénienL Ainsi déjà on se [)laignait des grands formais. « Chez les Romains, dont le sens était si exquis pour tout ce qui tient aux choses du goût, on publiait les poésies en petits volumes, et les ouvrages d'histoire en grand format. » (Mouravit, le Livre el la Petite Bibliothèque d'amateur, p. 11)7, note.) Cf. Lalanne, op. cit., p. 24. Remarquons cependant que. d'après Peignot {o)>. cit., p. 45), la hauteur des volumina était relativement et forcément assez restreinte, les feuilles de papyrus étant collées à la suite les unes des autres, non dans le sens de la hauteur de la plante, — ce qui aurait donné des rouleaux de 2 mètres à 2 m. 50 de haut (cf. supra, p. 46) et aurait été tout à fait incommode, voire impraticable, — mais dans le sens de leur longueur. Dans cette position, leur hauteur n'était plus que de 14 pouces (environ 58 centimètres) pour les plus grandes feuilles de papyrus, et de 5 pouces (14 centimètres) pour les plus petites; les volumina ne pouvaient donc guère dépasser (en défalquant la rognure des deux tranches) 55 ou 56 centimètres de hauteur.

et les dimensions, généralement restreintes, de chacun de ces livres. Aussi ne faut-il pas se faire illusion sur le nombre considérable de volumes, de rouleaux, de certaines bibliothèques anciennes : quand nous lisons, par exemple, « que la bibliothèque d'Alexandrie renfermait sept cent mille volumes, il faut bien se persuader que cette masse énorme de volumes était peut-être le produit des veilles de six à sept mille auteurs tout au plus, et que toute cette bibliothèque d'Alexandrie n'aurait peut-être pas occupé trente à quarante mille de nos in-folio actuels ^ »

C'était autour d'une baguette, dite umbilicux, fixée à la dernière feuille, baguette de cèdre, de buis ou d'ivoire, que la bande de papyrus s'enroulait-. Les deux tranches du rouleau, — les deux

1. Peignot, op. cit., pp. 46-47. « Combien d'écrivains anciens dont la fécondité en petits volumes ou rouleaux est attestée par l'histoire! La plupart en ont laissé cent cinquante, deux cents, quatre cents, et jusqu^à cinq à six cents; Pline l'Ancien, lui seul, en a écrit pour sa part plus de quatre cents, et il en eût laissé bien davantage sans sa fin tragique (voir, à ce sujet, la lettre de son neveu, livre III, 5). Bien plus, Origène nous apprend qu'un certain Didyme d'Alexandrie avait composé, du temps de Jules César, six mille volumes; Sénèque ne lui en attribue que quatre mille, et Athénée trois mille cinq cents; c'est déjà fort honnête. Mais cela prouve qu'il faut restreindre cette idée de volume à un seul louleau de parchemin ou de papyrus renfermant cinquante, soixante, quatre-vingts de nos pages. » (Id.. ihid.)

2. Gkraud (op. cit., p. 06) dit qu' <• il est certain que, pour rendre. la lecture du rouleau plus commode, on le garni-

L AMOUR DES LIVRES ET DE EA EEr/riJRE. 53

bases de ce cylindre, — se nommaient frontex; elles étaient souvent coloriées. Les extrémités de la baguette, appelées, elles aussi, umhllirl^ se trouvaient d'ordinaire garnies de petits boutons, bosseltes ou pommettes {cornua), qui étfiient d'ivoire, d'argent, d'or, ou de pierre précieuse, suivant le prix et le luxe du manuscrit. Ces petites pièces, travaillées avec beaucoup d'art, formaient un point brillant au centre de chaque volume (d'où ce nom LVmnbilicus, nombril), et « portaient sans doute, soit au milieu, soit autour de la bossette, le nom de l'auteur du livre* ». Peut-être aussi une étiquette contenant ce nom et le titre de l'ouvrage était-elle suspendue par un fd à ce bouton 2. Quant aux volumes de condition plus modeste, ils portaient sur leur tranche supérieure, c'est-à-dire sur celle qu'on plaçait en vue, une languette de papyrus ou de parchemin, dite

sait de deux ombilics, un au commencement et l'autre à la (in. » Peignot {op. cit., p. 57) ne parle que d'un seul ombilic : « ...Cette longue bande de feuilles réunies tenait, par une de ses extrémités, du côté de la droite (lin du volume), à un bâton ou cylindre [Vumlnlicus) sur lequel on la roulait; et son autre extrémité du côté de la gauche (commencement du volume) était adaptée à une peau ou pièce de parchemin solide qui en formait la couverture, portait le titre, et, par le moyen de courroies (les lora, au singulier lorum) qui en faisaient partie, serrait fortement le volume lorsqu'il était fermé, c'est-à-dire roulé. ■

Page 1