‹ Le livre (volume 3)Chapitre 30 sur 163 · GÉRAUD, op. cit · texte numérisé non relu

GÉRAUD, op. cit

rwVMOUH DKS f.IVRES KT DK LA [.ECTUKK. 47 IViulrc longiludinalcmcni en deux parties égales; ensuite, avec une aiguille', on enlevait des bandes de papyrus aussi minct\s et aussi larges que possible. Ces bandes se nommaient en latin phiJtjrœ. Les meilleures étaient les deux qu'on enlevait d'abord dans chaque partie de la tige, c'est-à-dire celles qui formaient le centre delà plante; les autres diminuaient de qualité à mesure qu'elles se rapprochaient de Técorce. Avec les premières, on fabricpiait le papier de première qualité; avec les secondes, le papier de seconde qualité; avec les troisièmes, celui de troisième qualité; ainsi de suite. La première qualité de papier se nomma d'abord îiiéra tique, ou sacrée, parce qu'elle était réservée aux livres saints; la tlatterie lui fît donner ensuite le nom de papier auguste, ou royal; par le même motif, le papier de seconde qualité fut appelé livien, du nom de Livie, femme de l'empereur Auguste. Dès lors la dénomination de hiératique ne s'appliqua plus qu'au papier de troisième qualité. Le papier de quatrième qualité était connu sous le nom d'amphithéâtnque, parce qu'il était fabriqué à Alexandrie, dans le quartier de l'amphithéâtre. Fannius, grammairien de Rome, ayant réussi à améliorer le papier amphithéûtrique, à étendre un peu sa largeur et à polir sa surface, fît,

1. PeuUHre, dans le texte de Pline, faut-il lire arie^ au lieu de aru, remarque (iéraud : « M. Stoddhart n'a pu enlever les lames du papyrus de Sicile qu'avec un instrument très tranchant ».

d'un papier commun, un papier de première qualité, le papier fannien, pouvant rivaliser avec le papier auguste. Le papier de quatrième qualité, qui n'avait pas reçu cette préparation, garda son nom d'amphithéâtrique. Le papyrus qui croissait en abondance aux environs de la ville de Sais, sur le delta du Nil, mais qui était de qualité inférieure, servait à faire le papier de cinquième catégorie, le papier saïtique. En sixième lieu venait le papier ténéotiqiie, ainsi nommé d'un quartier d'Alexandrie* où on le fabriquait; de qualité inférieure, il se vendait au poids. Quant au papier emporétique{&iLT:ooioL^ commerce, marchandises), qui occupait le dernier rang, il était impropre à l'écriture et ne pouvait servir que pour envelopper les autres papiers, ou emballer des marchandises.

Ces diverses espèces de papier se fabriquaient de la façon suivante : « Sur une table inclinée et mouillée avec de l'eau du Nil, on étendait, les unes à côté des autres, des bandes de papyrus aussi longues que la plante avait pu les fournir, après qu'on en avait retranché les deux extrémités, c'està-dire l'ombelle et la racine: on les humectait encore avec de l'eau du Nil. Cette eau, pénétrant les lames du papyrus, délayait les sucs qu'elle pouvait contenir; par là elle perdait sa limpidité, devenait trouble et acquérait une viscosité suffisante pour tenir lieu

\. Dune localité voisine de Sais, dit Egger, op. cit.. p 11.

l'amour des livres et de la lecture. 49

de colle et assujettir entre elles les bandes de papyrus, dans le sens de leur longueur. Sur ces bandes longitudinales on en posait transversalement d'autres, qui, coupant les premières à angle droit, l'ormaieut, avec elles, une espèce de claie. Les feuilles, plar/ulœ, ainsi faites, étaient soumises à l'action d'une presse, puis séchées au soleil; ensuite on les réunissait en un rouleau, scap/zs (en attendant que, revêtu d'écriture, il prît le nom de voluinen), qui, du temps de Pline, contenait vingt feuilles. Au iv^ siècle, la main de papyrus, comme nous dirions aujourd'hui, n'était plus que de dix feuilles*. »

Mais, avant même d'être collées ainsi bout à bout et réunies en rouleau, ces feuilles subissaient diverses autres opérations : chacune d'elles était battue au marteau, et soigneusement polie au moyen de la pierre ponce, d'une dent d'animal, ou d'un coquillage ; puis ordinairement encollée, afin que •l'écriture pût s'y tracer sans bavures. « La colle commune se composait de fleur de farine délayée avec de l'eau bouillante, dans la(|uelle on jetait quelques gouttes de vinaigre. La mie de pain fermenté, détrempée également dans l'eau bouillante, formait une colle de meilleure qualité, moins épaisse, et qui donnait au papier une finesse égale à celle d'une étoile de lin : l'une et l'autre devaient être employées dans les vingt-cjualre heures. Après

L GÉHAUD, op. cit., p. '27.

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avoir couvert avec cette colle la feuille de papyrus, on la pressait dans la main pour l'égoutter, ensuite on la dépliait et on l'étendait à coups de maillet; chaque feuille subissait deux fois cette opération*. »

Pour écrire sur la bande de papyrus, on traçait, en colonnes verticales, de véritables pages d'écriture (paginœ), dont chacune avait à peu près le même nombre de lignes, et qui se succédaient parallèlement Tune à l'autre ; au contraire, pour les lettres ou missives, auxquelles suffisaient de petits rouleaux, — « le papier à lettres « (charta epistolaris)^ — les lignes étaient écrites dans le sens le plus étroit de la bande, de manière à ne former qu'une colonne d'un bout à l'autre du rouleau ^.

« Il n'est pas probable, remarque l'auteur de Minerva'"^ que des ouvrages aussi volumineux que

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