Op. cit., p
5. Ovide, exilé sur les bords du Pont-Euxin, parle ainsi d'un de ses livres (au début de ses Tristes, I, 1) et en décrit en ces termes la forme extérieure :
Parve (nec invideo) sine me, liber, ibis in urbera :
Ilei mihi! quo domino non licet ire tuo. Vade, sed incuUus, qualem decet exulis esse.
Infelix habituni temporis hujus liabe.
Nec te purpureo velenl vaccinia succo;
Non est conveniens luctibus ilïe color; Nec titulus minio, nec cedro charte notetur:
Candida nec nigra cornua fronte géras.
Felices ornent hsec instrumenta libellos;
Fortunée memorem te decet esse mese; Nec fragili geminse poliantur pumice frontes;
Hirsutus sparsis ut videare comis; Etc.
« Va, petit livre, j'y consens, va sans moi dans cette ville où, hélas! il ne m'est point permis d'aller, à moi qui suis ton père; va, mais sans ornements, comme il convient au fils de l'exilé ; et malheureux, adopte les insignes du malheur- Que le vaciet {vaccinia, arbrisseau qui porte des baies donnant une belle teinture rouge) ne te farde point de sa teinture de pourpre; cette couleur n'est pas la couleur du deuil ; que le vermillon ne donne pas de lustre à ton titre, ni l'huile de cèdre à tes feuillets. Qu'on ne voie point de blanches pommettes [cornua) se détacher sur tes pages noires; cet appareil peut orner dés livres heureux, mais toi, tune dois pas oublier ma misère; que ta double surface ne soit point polie par la tendre pierre ponce; présente-toi hérissé de poils rà et là; " etc. (Trad. Nisard, p. 661; et cf. les notes de la page 745 de cette même traduction.)
l'amour des livres et de la lecture. 55
Scrinium ou Capsa
l'amour DKS LIVRKS ET DM LA LECTURE- 57 (Iroile, et le cIitohIjuI, au lui' cl à mosuro dr la Icrturc, avec sa main gaucho*; cello (Icrnièrc main lui servait à enrouler de nouveau graduellemenl la portion du volume dont il avait pris connaissance; de là les expressions : rvolvcrr ou crpliraiv lUrruin ou voluiiipn ; ad umbiUrxnn ou ad i/mbiliroK ou ad rornua ^ pervenire ou po-diiccrr, pour signifier « lire un livre, le lire jusqu'au bout ». Le verbe explicarr (dérouler; supin explicalurn, ou cj'plic'iium, d'où le participe pxplirilioi) s'appliquait d'ailleurs aussi bien à la transcription qu'à la lecture des livres. ExplicÀlw< Uher, « le livre est déroulé », formule qu'on abrégea dès le ur siècle % et qu'on réduisit à explicit, fin d'un livre, les lignes finales, où le copiste prend congé du lecteur, commençant d'ailleurs d'ordinaire par ce mot : Explicit'*....
\. Le papier se déroulait ainsi dans la même direction que récriture, en sorte que la lecture s'effectuait de gauche à droite, comme celle des feuilletons de nps journaux. « Parmi les peintures d'IIerculanum, plusieurs représentent des volumes tantôt isolément, tantôt entre les mains de personnes qui les lisent. Tous ceux qui sont ouverts se déroulent, à l'exception d'un seul, horizontalement et de gauche à droite, dans le sens de leur longueur. » (TlKHAri). o;j. cit.. p. 70.)
1. Expli<Mliim nobis usque ad sua roriuia lihruni. Et quasi peiieoturn, Septiciane, relers.
Omnia Icfiisti....
Tu me rends mon manuscrit, Septicianus, conune si tu lavais déroulé et lu jusqu'au bout. Tu as tout lu.... •• (M.\r- TiAL, XI, 107. trad. Nisard, p. 5*22.)