‹ Le livre (volume 3)Chapitre 37 sur 163 · I.K I.IVIU., — T · texte numérisé non relu

I.K I.IVIU., — T

I/AMOUH DES LIVUKS HT DK f.A LECTURK. G7 Le xtylr, qui sorvail à ('crirc sur les tablotlos do <iiv, «était un petit insirumonl d'os, de fer, do cuivie ou d'argent, long de ([uaire à cinq pouces, minée, effdé et pointu à 1 une de ses extrémités, tandis que l'autre, assez forte, était aplatie.... La pointe traçait récriture sur la cire, et, si l'on avait une lettre ou un mot à corriger ou à efl'acer, on retournait le style et l'on employait l'extrémité aplatie pour faire disparaître la lettre ou le mot réprouvé, pour rendre unie, dans cet endroit, la surface de la cire, et pouvoir substituer un autre mot à celui qu'on venait d'efl'acer. L'expression vertere slylum^ retourner le style, passait en proverbe chez les Romains pour dire corriger un ouvrage. C'est ce qui fait qu'Horace, conseillant aux poètes de souvent revoir et corriger leurs ouvrages, leur dit :

Sfepe styluni verlas, itcrum (|iue cligna legi siiit, Scripturus'....

« Il paraît que l'usage du style est fort ancien; il en est question dans la Bible. Dieu menace de détruire Jérusalem, et, selon l'expression de la Vulgate, de l'effacer comme on efface ce qui est écrit sur des tablettes, en passant et repassant plusieurs fois le style par-dessus ^ Mais si le style a été en

1. Satires, I, 10, p. 216, trad. Panckoucke : « Effacez souvent, si vous voulez qu'on relise vos écrits ».

-1. « Delebo Jérusalem sicut deleri soient tabulas : et delens vertam, et ducam crebrius stylum super faciem ejus. » {Regicm, IV, 21, verset 15.)

usage longtemps avant Tère vulgaire, on s'en est encore servi longtemps après. Saint Boniface, apôtre d'Allemagne, nous apprend, dans une de ses lettres (la septième), que les styles d'argent étaient encore à la mode au viii^^ siècle. Nous avons vu précédemment que leur usage s'est prolongé bien au delà de ce siècle, puisque les tablettes de cire étaient encore employées au xv*^^ »

Durant ce long intervalle, le style est plus d'une fois devenu une arme dangereuse, s'est plus d'une fois transformé en stylet. « César, se défendant, en plein sénat, aux ides de mars, contre ses assassins, perça le bras de Cassius avec son style, graphlo trajecit, dit Suétone^. Caligula, désirant la mort d'un sénateur, suborna des gens pour l'attaquer comme ennemi public, et le malheureux fut massacré à coups de styles Un chevalier romain, dit Sénèque^, fut également massacré sur la place publique par les styles du peuple, pour avoir tué son fds à coups de fouet. Saint Cassien, maître d'école à Imola, en Italie, fut martyrisé, vers le iv^ siècle, à coups de style, par ses écoliers •\ Du temps de Martial ^

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