‹ Le livre (volume 3)Chapitre 36 sur 163 · GÉRAUD, op. cit., p · texte numérisé non relu

GÉRAUD, op. cit., p

2. « Les anciens Latins appelaient caudex un assemblage de planches symétriquement disposées les unes sur les autres. Lorsque, après avoir écrit sur des tablettes isolées, on imagina de les réunir en les superposant, le livre carré qu'on forma ainsi prit le nom de codex. » (Géraud, op. cit., p. 125.)

3. On les appelait aussi libelli, adversaria, pugillares, etc. Cf. F!eignot,o;3. cit., pp. 58-59.

l'amour des livres et de la lecture. 63 plusieurs reuillels), tantôt en l'orme de diplyque ou de polyptyque, et tantôt comme un paravent. Elles s'employaient raremeni sans enduit, et Tenduit ordinaire était la cire. Des rebords en .saillie retenaient sur chaque feuillet cette substance malléable, sur hnfuelle on écrivait avec le stylet. Les tablettes ainsi préparées servaient partout aux correspondances, aux devoirs des écoliers, aux comptes, aux notes fugitives; car le principal avantage de la cire et la raison de son emploi, c'est qu'elle permettait d'elTacer et de remplacer facilement les caractères tracés. Par le même motif, l'usage des tablettes se perpétua jusqu'à la fin du moyen âge, la vulgarisation du livre proprement dit ne détruisant pas leur utilité toute spéciale. Charlemagne en avait d'habitude sous son chevet, suivant le témoignage d'Éginhard'. Aux x\V et xni^ siècles, les dames françaises en portaient à leur ceinture, renfermées dans un étui plus ou moins riche, et les fabricants de « tables à escrire » formaient à Paris une corporation.

« Les comptes de nos rois étaient dressés sur des tablettes de cire, avant d'être transcrits sur le parchemin, et un de ces brouillons attire encore à juste titre la curiosité du public dans le musée de nos Archives nationales. Ce précieux monument renferme une partie des recettes et des dépenses de Thô-

1. Vie de l'empereur Charles, chap. xxv. Irad. Teulet, p. 35, (Paris, Didot, 185ti.)

tel de saint Louis pour les années 1256-1257. Chacun de ses feuillels, autrefois réunis par des charnières, de manière à imiter la forme du livre, est revêtu de cire noire sur Tune et l'autre face; l'écriture y est tracée dans le sens le plus long, et barré»' aux articles vérifiés ou recopiés par les gens des comptes. La Bibliothèque nationale possède des documents analogues pour les règnes de Philippe III et de Philippe IV; on en voit d'autres à Florence et à Genève. Viollet-le-Duc a décrit et reproduit l'extérieur de tablettes fort curieuses, remontant au xiv^ siècle et conservées à Namur; mais celles-ci sont en ivoire sculpté et rentrent plutôt dans la catégorie des chefs-d'œuvre artistiques qui servaient de couverture à nos plus précieux manuscrits*. Le musée du Louvre contient trois ivoires ayant la même destination, qui ont été dépeints sommairement par M. deLaborde^ Nos pères utilisaient les , tablettes, non seulement pour leurs comptes et leurs messages, mais pour des extraits de livres, des reportations de sermons, des testaments, des projets d'actes, et, d'après certains étymologistes, le nom des tabellions n'a pas d'autre origine que celui des lahcUse sur lesquelles ils rédigeaient leurs minutes^. »

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