‹ Le livre (volume 3)Chapitre 46 sur 163 · GÉRAUD. Op. cit., p. 5L · texte numérisé non relu

GÉRAUD. Op. cit., p. 5L

f/AMOGR DES LIVRES ET DE lA LECTURE. 75 turc, pour écrire un nouveau texte par-dessus, l^es parchemins ainsi trailés s'appellent pallmpsesfet^^. Cette pratique fut malheureusement fort répandue dans les couvents du moyen âge, et nous a coiilé beaucoup de précieux monuments de la littérature antiijue. Souvent, toutefois, le lavage et le grattage nont pas été poussés très loin, de sorte que les traces de fa première écriture sont restées visil)les et ont pu do nos jours être rendues plus distinctes par l'emploi de réactifs chimiques*. Il a été possible de retrouver de la sorte quelques-uns des textes classiques que les moines avaient grattés pour y superposer des écrits ecclésiastiques....

« Il est bon d'ajouter que, dans d'autres cas, ce sont des textes ecclésiastiques qui ont été recouverts par des textes classiques : ainsi la bibliothèque de Florence possède un manuscrit de Sophocle,

1. " La facilité de faire des palimpsesies sur papier et sur parchemin, dit encore Géraud {op. cit. y p. 48), provenait surtout de la nature de l'encre dont se servaient les anciens. ••

2. « Nous indiquerons, comme un procédé infaillible (pour faire revivre les anciennes écritures) et dont les résultats se manifestent instantanément, celui qu'emploie le savant abbé Peyron, de l'Académie de Turin.... Il se sert de deux liqueurs, le prussiate de potasse et l'acide murlalique étendu d'eau. Il trempe un premier pinceau dans le prussiate de potasse, et le passe légèrement sur l'écriture effacée; avant que cette première couche soit sèche, il jjromène sur l'écriture un second pinceau imbibé d'acide muriatique; les lettres pâhes ou effacées reparaissent à l'instant. » (Géraud, op. cï<., p. 40.)

écrit en 1298, au-dessus d'une copie en onciales de

la version grecque de la Bible dite des Septante'. »

C'est grâce au parchemin que le moyen âge put faire ces admirables manuscrits, ces missels, ces livres d'heures, aux merveilleuses miniatures, qui sont la joie de nos yeux.

Mais ni le papyrus ni le parchemin n'auraient pu aider Gutenberg et ses émules dans leur invention : le papyrus était trop mince et trop cassant, le parchemin, au contraire, trop sec et trop résistant: tous les deux se montraient, comme on dit en termes du métier, trop peu « amoureux de l'encre » .

Le papier, heureusement, avait fait son apparition, et, dès le xn'' siècle, était entré en usage : l'imprimerie devait trouver en lui un excellent auxiliaire.

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