‹ Le livre (volume 3)Chapitre 53 sur 163 · Op. cit., cliap. XVII, \)\). 145-144. tJ. Ihid · texte numérisé non relu

Op. cit., cliap. XVII, \)\). 145-144. tJ. Ihid

l/AMOail DES LIVRES ET HE LA LECTUUE. 97

voluplé a réjoui notre cœur toutes les fois que nous avons ou le loisir de visiter Paris, ce paradis de rUnivers'! Là, par l'ardeur de notre passion, les jours s'écoulaient trop vite; là, existent des bibliothèques, bien plus agréables que des vases remplis de parfums; là, des vergers abondants en toutes sortes de livres; là, des prés académiques, jardin des péripatéticiens, hauteur du Parnasse, portique des stoïciens.... Aussi là puisions-nous dans nos trésors et déliions-nous de grand cœur les cordons de notre bourse; nous jetions l'argent à pleines mains, et nous retirions de l'ordure et de la poussière des livres inappréciables-. »

Et le bon et savant évêque résume en quelque sorte son traité par cette sentence : « Amorem librorum, amorem sapientiœ constat esse » : il est certain que l'amour des livres est l'amour même de la sagesse^.

Les livres ont aussi trouvé, à cette époque, dans le grand poète Pétrarque (1504-1374), qui était lié

L Voir, à cet endroit (p. 83), une note du traducteur sur ce qu'était alors Paris, « le rendez-vous de toutes les intelliijences », et une pièce de vers, composée au xiir siècle :

O (lulcis Parislus, décor omnis ville.. . G dulcis Parislus, parens sine pare....

'1. Op. cit., cliap. viii, pp. 85-85.

". Op. cit., chap. XV, pp. 261 et 128. Cf. aussi le chap. ii, "• Comme quoi les livres doivent être préférés aux richesses et aux plaisirs », pp. 21-20.

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d'amitié avec Richard de BuryS le plus enthousiaste apologiste : « J'ai des amis dont la société est délicieuse pour moi. Mes livres, ce sont des gens de tous les pays et de tous les siècles, distingués à la guerre, dans la magistrature et dans les lettres, aisés à vivre, toujours à mes ordres. Je les fais venir quand je le veux, et je les renvoie de même. Ils n'ont jamais d'humeur et répondent à toutes mes questions. Les uns déroulent devant moi les événements des siècles passés: d'autres me dévoilent les secrets de la nature: ceux-ci m'apprennent à bien vivre et à bien mourir; ceux-là chassent l'ennui par leur gaieté el mamusent par leurs saillies ; il y en a qui disposent mon âme à tout souffrir, à ne rien désirer, et me font connaître à moi-même. En un mot, ils m'ouvrent les portes de tous les arts et de toutes les sciences: je les trouve dans tous mes besoins.... Pour prix de si grands services, ils ne demandent qu'une chambre bien fermée dans un coin de ma petite maison, où ils soient à l'abri de leurs ennemis (c'est-à-dire de l'humidité et des souris). Enfin, je les mène avec moi dans les champs, dont le silence leur convient mieux que le tumulte des cités ^ »

« Je ne puis me rassasier de livres, écrivait-il

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