‹ Le livre (volume 3)Chapitre 54 sur 163 · Cf. CocHERi>, op. cit., ISotice biographique, p. xvn · texte numérisé non relu

Cf. CocHERi>, op. cit., ISotice biographique, p. xvn

2. Ap. Darche, Essai sur la lecture, p. 572: et Fertiailt. les Amoureux du livre, pp. 260-270.

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encore dans une de ses lettres', et cependant j'en ai peut-(>tre plus qu'il ne l'aut.... Les livres nous charment jusqu'à la moelle, nous parlent, nous donnent «les conseils, cl sont unis à nous par une sorte de i'amiliarité vivante et harmonieuse. »

« Pétrarque tombait dans Thypocondrie quand il cessait de lire ou d'écrire.... Dans le cours de ses fréquents voyages, il écrivait partout où il s'arrêtait*. Un de ses amis, l'évêque de Cavaillon, craignant que l'ardeur avec laquelle le poète travaillait à Vaucluse n'achevât de ruiner sa santé, déjà très ébranlée, lui demanda un jour la clef de sa bibliothèque. Pétrarque la lui remit, sans savoir pourquoi son ami voulait l'avoir. Le bon évêque enferma dans cette bibliothèque livres et écritoires, et lui dit : « Je te dé- « fends de travailler pendant dix jours ». Pétrarque promit d'obéir, non sans un violent effort. Le premier jour lui parut d'une longueur interminable; le second, il eut un mal de tête continu; le troisième, il se sentit des mouvements de fièvre. L'évêque,

1. Ap. MÉziKiîES, Pétrarque, j). 552. (Paris, Didier, 1868.) -'. Il avait une veste de cuir, sur laquelle il écrivait, durant ses promenades, lorsqu'il manquait de papier ou de parchemin. Ce vêtement, couvert d'écriture et de ratures, était encore, en 1527, conservé parle cardinal Sadoletcomme une précieuse relique littéraire. (Géraud, op. cit., pp. U-10.) Cf. Pascal revenant « quelquefois de la promenade avec les ongles chargés de caractères qu'il traçait dessus avec une épingle : ces caractères lui remettaient dans l'esprit diverses pensées qui auraient pu lui échapper ». (Sainte- Beuve. Port-Royal, t. IV, p. 599.)

touché de son état, lui rendit sa clef, et le poète

recouvra aussitôt ses forces ^ »

Pétrarque a non seulement composé différents opuscules relatifs à la bibliophilie, De V abondance des livres^ De la réputation des écrivains^, etc., remplis de sages conseils et aussi de fines et malicieuses remarques^ il témoignait le plus grand zèle, une véritable passion, pour la découverte et l'exhumation des manuscrits. On voit, dans sa correspondance, qu'il les faisait rechercher en France, en Angleterre, en Italie et jusqu'en Grèce, et qu'il ne passait jamais à proximité d'un ancien monastère, sans se détourner pour en visiter la bibliothèque. « Vers la vingt-cinquième année de ma vie, racontet-il dans une de ses lettres*, étant arrivé à Liège et ayant appris qu'il sy trouvait bon nombre de livres, je m'y suis arrêté et j'y ai retenu mes compagnons jusqu'à ce que j'eusse copié moi-même une oraison de Cicéron, et fait transcrire une autre par un de mes amis; je répandis ensuite ces ouvrages en Italie. »

l. ZiMMERMANN, De la soUtude, chap. vu, pp. 164-105, trad. Marinier. (Paris, Victor Masson, 1855.)

■2. Ces deux petits livres font partie de son grand ouvrage philosophique De remediis utriusque forlunœ, et ont été traduits par Victor Develay. (Paris, Librairie des bibliophiles, I88Ô.)

5. Nous en citerons des extraits plus loin, dans le tome II, chap. IV, en parlant du « Choix des livres ».

4. Ap. Petit-Radel, op. cit., pp. \7,{\-l7tl; ot Lalanne, op. cit., pp. 226-227.

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Pétrarque, qui a bien mérité le nom de Restaurateur DES LETTRES^ fit Connaître Sophocle à l'Italie; cita Aristophane iplus directement qu'on ne l'avait l'ait avant lui; découvrit, dans la bibliothèque du chapitre de Vérone, les Lettres familières de Cicéron- ; et, en donnant à la république de Venise plusieurs manuscrits, posa ainsi, comme il le dit lui-même, les premiers fondements de la bibliothèque de Saint- Marc. Oubliés dans une petite pièce voisine des quatre chevaux de bronze qui ornent la façade de Saint-Marc, ces manuscrits s'y détériorèrent, et aujourd'hui il n'en subsiste qu'un très petit nombre^.

Un autre illustre écrivain du même temps, Jean BoccACE (tT) 1 7^-\ 7)75), fut aussi un grand ami des livres, qui sentait saigner son cœur à la vue des mutilations et profanations dont ils étaient victimes. Voici en quels termes un de ses commentateurs, Benvenuto

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