‹ Le livre (volume 3)Chapitre 57 sur 163 · Sauval, ap. Petit-Radel, op. cit., p. lôô · texte numérisé non relu

Sauval, ap. Petit-Radel, op. cit., p. lôô

bre au plus hault », 44i : ce qui donne un total de

975 volumes.

« Ce catalogue, ajoute M. Alfred Franklin^, est un document précieux pour notre histoire littéraire. On y trouve des Bibles latines et françaises, des Missels, des Psautiers, des Heures, des Bréviaires; la Légende dorée, les Vies des Saints, des relations de miracles; peu d'ouvrages des Pères, mais un grand nombre de traités d astrologie, de géomancie et de chiromancie, sciences dans lesquelles Charles ^' avait une grande foi. La médecine comprenait seulement quelques ouvrages d'Hippocrate, des fragments d'Avicenne et des traductions de l'arabe. La jurisprudence était représentée par les Décrétâtes, le Digeste et trois ou quatre coutumes de diverses provinces. Les livres d'histoire étaient assez nombreux. La plupart de ces volumes contenaient, d'ailleurs, de magnifiques miniatures, étaient revêtus de riches étoffes, et garnis de fermoirs en métal précieux. Aussi Christine de Pisan parle-t-elle avec admiration de « la belle assemblée de notables livres « et belle librairie qu'avait Charles V ».

Malheureusement, en 1429, lorsque les Anglais étaient maîtres de Paris, le duc de Bedford, régent du royaume, mit la main sur ces livres, les acheta à

1. Les Anciennes Bibliothèques de Paris, Bibliothèque du Roi, t. II, pp. H4-H5. Cf. aussi Léopold Delisle, le Cabinet des manuscrits, l. I, pp. 21 et s.

i/amuuh dks r.ivuKs kt de IA LECTUUK. 105 vil prix cl les onlcva. Quolquos-uns revinroni en France, cl noire Bibliolhèqnc nationale en possède aujourcriiui plusieurs.

La l^ibliolhèciuc des rois de France ne fui reconsliluée (pie sous Louis XI {i42r)-l isr)), qui réunil au Louvre les collections éparses dans les résidences royales, et y joignit les livres de son frère le duc de (iuyenne, puis une partie de ceux du duc de P)Ourgogne.

CuARLES VIII (1470-1498), malgré les guerres continuelles qui remplirent son règne, contribua à augmenter le dépôt du Louvre. Depuis Robert d'Anjou, le prolecteur de Pétrarque et de Boccace, Naples possédait une bibliothèque qui, sous Alphonse I" et Ferdinand d'Aragon, était devenue réellement précieuse. Charles VIII, pendant sa rapide expédition en Italie, pul s'emparer d'une partie de celle collection ; il la rapporta en France, où son bibliothécaire, Robert Gaguin, l'ajouta aux livres rassemblés par Louis XL

Mais déjà la maison d'Orléans possédait à Blois une bibliothèque, remarquable surtout par la beauté des volumes que le duc Louis, deuxième fils de Charles V, avait fait exécuter à ses frais. Charles d'Orléans (1591-1465), fils aîné du duc Louis, eut pour les livres le même goût que son père, et s'efforça d'augmenter la collection que celui-ci avait laissée. Retenu captif en Angleterre, avec son frère

Jean, comte d'Angoulême, il chercha, ainsi que lui, dans les lettres, une consolation aux peines de l'exil; et tous deux s'efforcèrent de racheter quelques-uns des manuscrits que le duc de Bedford avait enlevés de la Tour du Louvre. A leur rentrée en France (1 iiO), ils rapportèrent une soixantaine de volumes, que Charles d'Orléans expédia à Blois.

Louis XII (1462-1515), fils de Charles d'Orléans, avait conservé pour Blois, sa ville natale, une prédilection très marquée; il y transporta tous les ouvrages que renfermait encore la Tour du Louvre, les réunit à la bibliothèque de son père, et plaça celle-ci sous la direction de François du Refuge, son aumônier. Pendant son éphémère conquête du Milanais, il trouva le temps d'envoyer à Blois (1499) la belle bibliothèque que les Visconti et les Sforza avaient formée à Pavie, et qui ne comptait pas moins de mille manuscrits grecs, latins, italiens et français. Sa campagne contre les États vénitiens lui permit de s'emparer d'une partie de la précieuse collection qui avait fait les délices de Pétrarque; rinfatigable érudit l'avait rassemblée avec des peines extrêmes ; il la traînait avec lui dans tous ses voyages, et avait fini par la donner, en 1562, à la république de Venise ^

Louis XII enrichit encore sa bibhothèque d'une collection formée par Louis de Bruges, seigneur de

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