‹ Le livre (volume 3)Chapitre 8 sur 163 · Lettres à Atticus. N° 25; t. V, p · texte numérisé non relu

Lettres à Atticus. N° 25; t. V, p

2. •• Tyrannion, natif d'Amys, dans le Pont, fut fait prisonnier lorsque Lucullus chassa Mithridate de ses États. AtTrancln parMuréna, ce Tyrannion, bibliophile très instruit, devint l'ami de Cicéron, prit soin de sa bibliothèque, et en forma une pour lui-même, que l'on porte à 50 000 volumes. Sa passion pour les livres contribua beaucoup à la conservation des ouvrages d'Aristote. C'est lui qui les fit copier, après que Sylla eut apporté la bibliothèque d'Apellicon, d'Athènes à Rome. Tyrannion a composé différents ouvrages dignes de l'estime de Cicéron et d'Atticus, Il est mort fort vieux, à Rome, postérieurement à l'assassinat de Cicéron. » (Peignot, Essai... sur la reliure des livres et sur Vélat de la librairie riiez les anciens, pp. 64-65, note.)

7). Lettres à Atticus, NMIl; t. V, p. 113. « Atticus... cet habile agriculteur, était en même temps un adroit négociant qui a fait heureusement tous les commerces.... On sait, par exemple, qu'il aimait beaucoup les beaux livres : c'était alors, comme aujourd'hui, une manie fort coûteuse; il sut en faire une source de beaux bénéfices. Il avait réuni chez lui un grand nombre de copistes habiles qu'il formait lui-même; après les avoir fait travailler pour lui, et quand sa passion était satisfaite, il les faisait travailler pour les autres, et vendait très cher au public les livres qu'ils copiaient. C'est ainsi qu'il fut un véritable éditeur pour Cicéron, et comme les ouvrages de son ami se vendaient beaucoup, il arriva que cette amitié, qui était pleine d'agréments

l'amour dks livres et de la lecture. 15

SÉNKyuK (ô-Or) ap. J.-G.) rst un des écrivains ({iii ont le mieux parlé des livres el de l'élude.

« Le loisir sans les lettres est une mort, déclaret-il : c'est la sépulture d'un homme vivant'. »

« Réfugie-toi dans l'étude, dit-il ailleurs, tu échapl)eras à tous les dégoûts de l'existence'. »

« Celui-là cultive de vrais amis qui cherche tous les jours à se familiariser davantage avec un Zenon, un Pytha'gore, un Démocrite, un Aristote, un Théo- |)hrasle, et tous ces autres oracles de la morale et de la science.... Nul n'a eu le privilège de se choisir ses aïeux, dit-on tous les jours; c'est le sort qui les donne. On se trompe : l'homme peut désigner à qui il devra sa naissance. Il y a des familles de nobles génies : à laquelle veux-tu appartenir? Choisis, et non seulement son nom, mais ses richesses seront les tiennes''. »

Ailleurs encore, Sénèque nous donne d'excellents conseils sur l'achat des livres, nous trace tout un programme, toujours exact et toujours bon à méditer, du choix à faire dans nos lectures et de la meilleure manière d'en tirer profit :

« Rien de plus noble, écrit-il, que la dépense

pour son cœur, ne fut pas inutile à sa fortune. « (G. BoissiER, Cicéron et ses amis^ p. 154.)

1. Lettres à Lucilius, 82. (Sénèque le philosophe, Œuvres complètes, trad. Baillard, t. II, p. 252. Paris, Hachette, 1801.)

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