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Lettre XI, pp

pour la plupart, quelque satirique allusion. On y trouve ceux-ci, par exemple : A7-t rie rowplujffC)' les ilue-itio7is simj)les, par l'abbé Galiam ; — Vér'Uoble utilité de la guerre, par les frères Paris (qui s'étaient enrichis comme fournisse\irs des armées); — Dictionnaire portatif deii métaphores et des comparaison.^, par S.-N.-H. Linguet (trois énormes volumes); — Du pouvoir de la musique, par M. Sedaine (de méchantes langues attribuaient la réussite des pièces de Sedaine aux charmantes compositions de Grétry et de Monsigny) ; — De remploi des images en poésie, par M. DoRAT (on sait que le succès des Baisers de Dorât fut dû uniquement aux admirables gravures d'Eisen) ; etc.

On rencontre encore fréquemment des bibliothèques de ce genre, — de ces rangées de livres peintes sur des panneaux de bois, principalement sur des portes, comme pour les masquer : — il existe des spécimens de ces bibliothèques fictives ou bibliothèques factices, notamment dans le château de Gompiègne et dans celui de Chantilly,

Le mot de Diogène (415-523 av. J.-C.) : « \voir des livres sans les lire, c'est avoir des fruits en peinture', » se vérifie donc ici textuellement et se matérialise en quelque sorte

« Il vous faut à tout prix de longues rangées de

l. Ap. Fertiault, les Légendes du livre, p. 156.

BIBLIOMANES ET BIBLIOLATRES. 261

volumes, écrit à ce propos M. Mouravit'; ilfaul que lambris et murailles disparaissent sous les files interminables de livres soigneusement alignés : eh bien ! suivez cette naïve pratique de vos bons aïeux en bibliomanie, qui faisaient figurer dans leurs cabinets d'amples bibliothèques où les volumes n'existaient guère que par des dos factices, qui réussissaient plus ou moins à faire illusion : vénérable coutume dont Sauvai^ avait parlé avant La Bruyère', el qui a pour soi, outre l'économie, l'avantage immense de rendre à la circulation des richesses immobilisées aux mains des plus sordides de tous les avares.

« Les Anglais, nos maîtres ici encore, avaient reconnu rexcellence de cette louable pratique : « Mylord est curieux en livres, nous dit Pope\... U « vous en fait parcourir tous les dos, chacun avec « la date de sa publication.... Admirez ces livres de « vélin ou ces livres de bois magnifiquement décorés : « pour l'usage que mylord en fait, ces derniers sont « aussi bons que les autres. »

Le môme bibliographe, M. Gustave Mouravit,

1. Le Livre et la Petite Bibliothèque d'amateur, pp. 159-141.

2. Histoire et Rerlierckes dea antiquités de la ville de Paris (1724), t. I, p. 18.

3. Les Caractères, De la Mode, p. 349, édit. Ilémardinquer. (Paris, Dezobry, 1849.)

4. Cité aussi par Edouard Fournier, l'Art de la reliure en France, p. 20G, n. 1. (Paris, Dentu, 1888.)

mentionne deux autres bibliothèques factices, celle d'Eugène Scribe (1791-1861). lauteur dramatique, et celle du roi de Naples Ferdinand IV (17ol-1825), époux de la fameuse Marie-Caroline, chez qui « on vit une collection rivale de celle de Turgot; mais le monarque y mit moins de malice, et voici ce qu'on lit, à ce propos, dans la Revue germanique (juin 1862, page 577) : « Javisai, dans la chambre à « coucher du feu roi. une fort belle bibliothèque « fermée par des portes vitrées, et je voulus y « prendre un livre. Elle contenait la fleur de la « littérature italienne... Ces livres que j'avais admi- « rés étaient des morceaux de bois figurant des « volumes et portant au dos le litre des ouvrages « qu'ils représentaient'. »

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