Histoire d'un livre, ap. Numa Raflin, toc. cit., p
2. Ce n'est pas sans raison que M. Numa Raflin, dont l'étude sur A.-M.-H. Boulard est très soigneusement et consciencieusement faite, met en doute la véracité de Mary Lafon, dans cette Histoire d'un livre, qui ne comprend, d'ailleurs, qu'une centaine de pages et n'est qu'une fantaisie sans intérêt. Ajoutons qu'un ami des livres comme Boulard ne se serait pour rien au monde résigné à « ranger >• ses trésors dans une cave.
BIBLIOMANES ET BIBLIOLATRES. 259
par le rival de Boulard, par le bibliomane anglais dont nous parlions tout à l'heure, sir Richard Heber : « Après la vente Boulard, qui dura de 1828 à 1853, ajoute M. Numa Raflin', les étalagistes de Paris furent tellement encombrés, que, pendant plusieurs années, les livres d'occasion ne se vendaient plus que la moitié de leur valeur habituelle. »
Au lieu de prendre la peine d'acheter tant de livres et de se donner l'embarras de les caser et de les aligner, certains « amateurs » se sont avisés de faire peindre sur les panneaux de leur appartement des rangées de volumes vus de dos, de façon à imiter des bibliothèques. Turgot, à l'époque où il était intendant de Limoges, en 1761, avait fait ainsi « orner » son cabinet de travail : « Sur une porte où sont simulées des tablettes en rapport avec les rayons de la bibliothèque, figurent des livres également fictifs, et dont les titres sont évidemment l'œuvre de Turgot, » dit Tenant de Latour, qui a consacré à cette bibliothèque de Turgot tout un chapitre de ses Mémoires d'un bibliopldle^. Ajoutons que ces titres, imaginés par le caustique intendant et inscrits au dos de ces volumes de bois, cachent,