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Esaai sur les livres dans Vantiqitilé, p

2. Géraud cite ici, entre autres références, Félibien, Uisloire de Paris, pièces justificatives, t. III, p. 177, et une série d'articles intitulés Des Bibliotliètjues au moyen âge. j)arus dans les Annales de philosophie chrétienne de janvier et février 1859. Ces précautions et ces soins n'étaient malheureusement pas pris dans tous les monastères. Voir ce qui est dit dans notre tome I, page 81 : ■• La règle des couvents, comme toutes les lois en général, indique ce qui devait se faire, et non pas ce qui se faisait, » etc. ; plus loin, page 102 la visite de Boccace à l'abbaye du Mont-Cassin; et, dans le présent volume, page 270, le désordre qui régnait parfois dans les bibliothèques conventuelles.

Les rois eux-mêmes étaient astreints à cette clause, obligés de déposer un gag^e, quand ils empruntaient un volume à une bibliothèque conventuelle. Louis XL désirant faire copier un manuscrit du médecin arabe Razi ou Rasis (...-1>;2Ô). « le plus beau el le plus singulier Ihresor de nostre Faculté » de médecine de Paris, n'en obtint communication que moyennant le dépôt dune somme de « douze marcs d'argent, vingt livres sterling, et l'obligation d'un bourgeois, — un nommé Malingre, — pour la .somme de cent écus d'or' ».

Certains livres même, dans les bibliothèques publiques, notamment à Leyde, à la Laurenlienne, à la cathédrale dHereford, etc., étaient alors attachés par des chaînettes de fer à leurs rayons ou à leurs pupitres, de façon à ne pouvoir être consultés que sur place : c'étaient les mtenali, les |« enchaînés ».

Les livres des bibliothèques publiques, ceux surtout des cabinets de lecture-, otîrent, pour la santé,

1. Peignot, Manuel bibliographique, p. ùO. n. 1 ; et Ludovic L.\L.\NNE, op. cit., pp. 135-lôG.

2. Disons, en passanL que c'est en 1742 qu'a été établi à Paris, par les soins du libraire François-Augustin Quillau. le premier cabinet de lecture, ■• le premier cabinet littéraire où se réunissent les lecteurs ». (Ambroise Firmin-Didot, Essai .<iur la typographie, col. 844.)

des dangers qui ont été mis récemment en évidence. Les docteurs du Cazal et Calrin, entre autres, ont nettement démontré que les livres sont de véritables véhicules des germes des maladies contagieuses, de la diphtérie, de la tuberculose, de la fièvre typhoïde principalement*.

La Revue scientifique du 4 février 1899*, dans un article sur « les Papiers dangereux et leur désinfection », signale les faits suivants :

« Le Bulletin mensuel de l'Œuvre des enfants tuberculeux nous apprend que la Caisse d'épargne de Bruxelles vient d'installer un service pour la désinfection des livrets et autres papiers qui affluent dans l'établissement. Tous les documents sont exposés maintenant pendant quelques heures aux vapeurs de l'aldéhyde formique.... Mais il est un danger de contaminalion beaucoup plus grand encore, et dont le public ne semble pas s'émouvoir : c'est celui que présentent les livres des bibliothèques publiques ou des cabinets de lecture. Tel roman populaire, tel bouquin à succès passe par mille ou quinze cents paires de mains avant d'être absolument trop crasseux ou trop fripé pour être hors d'usage. Dans ce nombre de lecteurs, il y a des convalescents, des malades, des tuberculeux. Or, le papier est un excel-

1. Cf. le* journaux de février 189G, entre autres, l'Événement du 19 et VÈrlair du 25 février.

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