‹ Le livreChapitre 133 sur 152 · Jules Jaxin, r Amour des livres, pp · texte numérisé non relu

Jules Jaxin, r Amour des livres, pp

2. Tallemaxt des Réaux, Historicités, Du Moustier, t. III, p. 159. (Paris, Techener, 1862; 6 vol. in-18.) Au nombre des « non-prêteurs », citons encore, d'après M. P^ertiault {les Amoîireux du livre, p. 555) : le médecin italien Demclrio Canevari (1559-1625): Guillaume Colletet (1508-1659) et Guilbert de Pixérécourt (1 775-1 84i), dont nous parlerons tout à l'beure; le critique et pbilosophe Naigeon (1758-1810); le marquis de Morante (1808-1868), magistrat, sénateur et bibliophile espagnol; Cigongne (?) [s'agirait-il de Charles Sigonio dit aussi Sigonius (vers 1520-1584), archéologue italien, un des créateurs de la science de la diplomatique?]; Gitanins (... — ...); et J. -Thomas Aubry, curé de l'église Saint- Louis-en-l'Ile (... — ...). — « Un jour que Gaspard Schopp [Scioppius, célèbre philologue et grammairien allemand : 1576-1640] priait Gifanius de lui prêter un manuscrit de Symmaque, Gifanius lui lit celte réponse : ■• Me demander de ]»rêter mon « Symmaque. monsieur! mais c'est comme si l'on ■> me demandait de prêter ma femme!- Perinde est alcjue uxnrem meam utendam postulare! « (Emile Deschanel, .4 bâtons rompus, Quand on range sa bibliothèque, p. 152.)

reiir, celte colère et cette exaspération que provoquent les emprunteurs de livres parmi les bibliophiles ou les simples travailleurs! « Un livre prêté est à moitié perdu », nous disait, il y a un instant, M. Octave Uzanne ; on en use sans façon avec les livres d'autrui. « Un volume une fois sorti de Tintérieur d'une bibliothèque, nous dit à son tour le bibliographe Constantin', est exposé à toutes les chances, sinon de perte, du moins de dégradation et d'avarie de la part des maladroits, des négligents et des malpropres; il ne rentre ordinairement qu'à la volonté de l'emprunteur, qui le garde pendant des années et souvent môme tout à fait, parce que le principe que garder un livre n'est pas un vol est malheureusement adopté par beaucoup de personnes. »

Comme exemple de l'inqualifiable incurie des emprunteurs délivres, on rapporte l'aventure survenue à André Chénier, aventure bien propre à décourager les bibliophiles prêteurs de leurs trésors.

André Chénier, qui avait une prédilection spéciale pour Malherbe, dont il a d'ailleurs commenté les vers, possédait une bonne édition de ce poète, un petit in-8 publié par Barbou en 1776, avec la notice et les notes de Meunier de Querlon. Un jour un visiteur emprunta ce volume à Chénier, qui ne sut pas le défendre, n'osa pas refuser, et le livre ne lui

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