‹ Le livreChapitre 66 sur 152 · I.K I.IVHB. T. it · texte numérisé non relu

I.K I.IVHB. T. it

Comme Paul-Louis Courier et Royer-Collard, Jules Levallois aime à relire encore plus qu'à lire,

ii'ôlnil i>a!~ oxlr.'iordinnire qu'on insérât ceux qu'on avait reçus.... Jules Levallois fut un des lecteurs les plus avisés et les plus consciencieux. Combien je connais d'hommes qu'il a fait arriver à la notoriété, puis à la gloire, après les avoir tirés de la misère, et qui l'en ont d'ailleurs récompensé, comme on récompense en ce bas monde, par la plus touchante indifférence! Mais Levallois est un philosophe modeste, aux goùls simples, sans ambition, et déjà trop content que ceux qu'il a obligés ne lui aient pas fait trop de mal. C'est ce qu'il appelle sa chance. Il fut un de ceux qui contribuèrent à faire de VOpinion nationale un des journaux les mieux rédigés de Paris. Ses fonctions l'y mirent naturellement en rapport avec tous les hommes en vue dans les lettres, dans les arts et rnème dans la politique. Il connut About, et aurait pu, tout comme un autre, fréquenter les salons de la princesse Mathilde. Mais il n'aimait pas le monde, et tout son bonheur consistait à vivre avec ses livres et à recevoir de temps en temps quelques amis dans un petit ermitage qu'il habitait à Montretout, sur les hauteurs de Saint-Cloud. Là se révélait un autre Levallois, celui des Cliansons; un Levailois inconnu, d'une jeunesse et d'un esprit étincelants. Il aimait à se délasser de ses articles graves en chantant luimême, et d'une façon fine et charmante, des couplets satiriques, qu'il improvisait ou à peu près, et où étaient caricaturés et portraiturés avec humour les faits et les hommes contemporains. Quelques-unes de ces chansons, dont beaucoup sont de purs chefs-d'œuvre, ont été publiées. La plujjart restent inédites.... C'est une figure peu ordinaire que celle de cet écrivain, quia toujours vécu dans la retraite, ne demandant rien à personne, ne se mêlant à aucune agitation, et qui, bien que républicain et spiritualiste, n'est même pas décoré, n'est même pas de l'Académie.... Jules Levallois est un esprit du xviii' siècle, que, dans sa marche, l'humanité a oublié. Il aurait dû converser avec Diderot, Grimra, Mme d'IIoudetot; on ne voit jjas ce qu'il a à dire aux marchands de coton. C'est pourquoi il s'est terré. Jules Levallois est le dernier homme de lettres. » Ajoutons, puis-

ainsi qu'il nous en a fait précédemment et franchement l'aveu'.

.\u printemps, il se plaît avec nos anciens poètes, avec Passerat, Desportes, Maynard, Racan, etc. En leur compagnie, «... je m'en vais dans les bois, moitié lisant, moitié me récitant Rosette, ou bien VAmuur ({II'' on ne peut dompter; car il convient de ne pas oublier, à ce moment, le plus cynique, mais le plus ('loquent des amoureux, Mathurin Régnier- ». Jules Levallois ne manque jamais de « célébrer avec ces aimables poètes la fête du renouveau ». Il fréquente aussi volontiers alors les épistolaires : Mme de Sévigné, Victor Jacquemont, l'abbé Galiani, Diderot, dans ses Lettres à Mademoiselle Volland\ Voltaire et Ducis, dans leur correspondance; tous livres qu'on ne lit pas d'affilée, qu'on peut aisément quitter et reprendre. Car, observe notre auteur, le printemps n'est pas la saison des lectures prolongées : a Un rayon de soleil vous invite à la promenade.... Je pose le livre sans plus de souci, et me voilà dans la campagne ■'. » Il range encore dans ses lectures printanières les Eludes et les Harmo-

'\n"\\ vient d'être question de Diderot, qu'on a très justement dit de Jules Levallois (dans le journal la Vie littérairei, numéro du '22 mars 1877) ce qu'on a dit de Diderot même : • Qui ne l'a pas entendu causer ne peut le connaître ».

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