‹ Le livreChapitre 70 sur 152 · Op. cil., p · texte numérisé non relu

Op. cil., p

Les soirées sont réservées aux romanciers : « c'est le soir qu'à mon avis il faut lire les romans. La journée a fourni son contingent habituel d'occupations, de plaisirs et de contrariétés. Le courrier est arrivé : on a rapidement lu quelques lettres et jeté un regard sur le journal pour voir comment les potentats mènent le monde, ou comment les nations se dirigent et accomplissent leurs destinées, malgré les potentats. Il y a trêve jusqu'à demain avec l'inconnu, ce mystérieux adversaire contre lequel nous laitons tous plus ou moins. On se détend, on respire, on flâne.... Le bien-être qui nous entoure agit insensiblement sur nous. Le chat familier vient se frotter à nos jambes. Les grands yeux adectueux du chien sont fixés sur les nôtres et semblent chercher à y deviner notre pensée. Devant le feu, la bouilloire fait entendre sa monotone et pourtant agréable canlilène.... Laissons-nous bercer par ces admirables imaginatifs qui portent en euxmêmes et qui savent révéler aux autres un monde plus amusant, plus attrayant que le nôtre'. »

Parmi les romanciers, Waller Scott, Balzac, ileorge Sand, Dickens surtout, sont les préférés de .Iules Levallois ; « et de même, dit-iI^ que La Fontaine avouait bravement qu'il prendrait un plaisir extrême à entendre conter Peau (Tniir. je no rougis

\. Op. cit., |)p. ")()-j7.

'2. Op. cit., p. Ô7.

nullement d'avouer qu'à l'occasion je me divertirais fort à relire Mon ]^oisin Raymond ou la Laitière de Montfermeil. Quoi! du Paul de Kock? Eh! oui, vraiment. Il n'a manqué à ce bonhomme qu'une forme plus châtiée, qu'un peu plus d'artifice dans le style, pour prendre légitimement une place considérable parmi nos écrivains de race gauloise. »

« Ne trouvez vous pas, nous dit encore Levallois', qu'il fait bon lire, vers le temps de Noël et des Rois, ou encore aux environs du mardi gras, ces chers Gaulois, ces joyeux et gaillards compagnons à l'humeur facétieuse, aux lestes propos, à la parole salée? Eulrapel, Bonaventure des Périers, Béroalde de Verville, la Satire Ménippée, sont alors tout à fait de saison et s'offrent à nous fort à propos....

« Si je n'ai pas compris Rabelais dans ma litanie, c'est que ce géant, cet Homère bouffon, comme la si bien nommé Charles Nodier, est plus et mieux qu'un rieur ordinaire. Sa toute-puissante hilarité est pleine de leçons; elle vous force à réfléchir, vous ouvre des horizons, et suscite en vous mille pensées. Pantagruel n'est pas un livre de saison ; c'est un compagnon indispensable, et duquel, sous aucun prétexte, à aucun moment, on ne se doit séparer. Ce que je dis de Rabelais me paraît également vrai de Molière. Dans ses moindres farces, on trouve à s'instruire, et je donnerais toutes les dissertations de Cousin pour

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