Firmin Maillard, op. cit., pp
lectionneiir Motteley (. . . .-1850) ^ il y a un domisiècle, « Motteley, nous conte M. Firmin Maillard*, était un amateur enragé et jaloux; chaque porte de son appartement était garnie d'une serrure à secret, et la porte d'entrée, outre la serrure ordinaire, était encore agrémentée d'un énorme cadenas. Il recevait fort peu, n'aimant pas les visites, et se refusait obstinément de faire à sa demeure les réparations les plus urgentes, dans la crainte d'un contact imprévu, mais possible, entre des ouvriers aux mains blanches de plâtras et les superbes reliures de ses livres, lesquels furent seuls témoins de sa mort, qui arriva brusquement, au milieu de la nuit. Son cabinet valait bien cent mille francs, mais on ne découvrit chez lui qu'une somme à peine suffisante pour le faire enterrer. »
Motteley légua à l'État sa bibliothèque, riche en éditions elzéviriennes, en manuscrits à miniatures et en magnifiques reliures françaises et étrangères. Il eut soin, d'ailleurs, dans son testament^, de bien spécifier que cette colleclion serait placée « dans une galerie ou salon portant cette inscription : Musée bibliographique formé par le bibliophile Motteley »; et il exigea que le célèbre bibliophile Paul Lacroix^ fût