Éclair, M novembre
Je ne vois pas d'article de Sainte-Beuve sur Victor Hugo auquel puisse s'appliquer ce récit, — si ce n'est l'article sur les Mémoires de Mirabeau: après, Victor Hugo, brouillé avec Sainte-Beuve, n'a pu se plaindre à lui directement ; avant, il n'a pas eu lieu de se plaindre. Je crois donc que M. Troubat, en écoutant Sainte-Beuve, aura compris qu'il s'agissait d'une conversation, là où il s'agissait des lettres citées plus haut. Tout s'expliquerait alors : Sainte- Beuve, exaspéré de la feinte de Victor Hugo, aurait, quelques semaines après, saisi l'occasion de lui écrire une lettre de reproches ; et de là serait née la rupture dernière.
Cette fois-ci, c'était bien fini. C'est en vain qu'au mois de mai Guttinguer, alors brouillé avec Victor Hugo et désolé de ses égarements, suppliait néanmoins Sainte-Beuve de rester son ami : « Ne labandonnez pas, je vous prie. Si son cœur pouvait s'adoucir M... » A la fin de cette même année, Sainte-Beuve commençait son Journal. Dès les premières pages, il y mit un portrait de « l'homme grossier » où s'exprimaient toutes ses rancunes.
L'homme grossier est tout au contre-pied du sentiment des nuances morales et de Tobservation des convenances... Si vous le louez moins, si vous vous taisez après lui avoir