‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 138 sur 166 · Poésies, II · texte numérisé non relu

Poésies, II

2. Les mieux informés avaient bien ouï parler de la demi réconciliation : mais ils la croyaient ultérieure à rélection (Cf. Biré, Victor Hugo après 1S30, II, 64).

contre le « renégat » ^ , pouvait paraître le porteparoles de son ami Victor Hugo ; on (( s'attendait à de rimprévu- ».

11 n'y en eut point. Sainte-Beuve termina son discours par un salut courtois à Victor Hugo.

Mais en prolongeant, Messieurs, je m'aperçois que je cours risque de répéter involontairement ceux qui lui ont payé ce jour-là sur sa tombe (à Casimir Delavigne)le tribut de douleur 'de la France, et que je rencontre surtout cette parole gravement éloquente qui fut alors votre organe, qui Test encore aujourd'hui, et devant laquelle il est temps que je me taise 3.

De son côté Victor Hugo loua dignement « la variété d'aperçus et l'excellent tour d'esprit » du récipiendaire.

Peu d'hommes, lui disait-il, ont donné plus de gages que vous aux lettres et aux graves labeurs de l'intelligence. Poète, dans ce siècle oii la poésie est si haute, si puissante

1. La Presse du 24 février 1845. — Il est à remarquer que dans rintervalle (sous un masque, il est vrai) Sainte-Beuve n'avait pas craint d'écrire des comptes-rendus défavorables h Victor Hugo. (Réception de Saint-Marc Girardin : Chroniques parisiennes, p. 297. Cf. Lettre à Olivier du 2 février (JRei^Me des Deux Mondes^ l"aoùt 1904, p. 613-614).

2. Un mois auparavant, le 16 janvier 1845, Victor Hugo répondait à Saint-Marc Girardin. 11 y a là sur la femme, « pure et noble compagne de l'homme », un enthousiaste développement {Actes et paroles, I, 94-95) qui pourrait être un argument pour ceux qui soutiendraient que Victor Hugo connaissait alors le Livre d'amour : c'aurait été une façon de se porter à l'avance garant de la vertu de sa femme et de la défendre contre les insinuations que pouvait provoquer la réception prochaine.

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