‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 140 sur 166 · Actes et paroles^ I · texte numérisé non relu

Actes et paroles^ I

tique ne dépouillait jamais entièrement le poète », et il consacrait à Port-Royal une brillante digression, que Royer-Collard lui-même déclarait « pas trop mal de la part d'un homme de théâtre ».

Sainte-Beuve était enchanté. Il crut devoir adresser à son ancien ami une lettre de remerciement. Victor Hugo lui répondit :

Monsieur.

Votre lettre me touche et m'émeut. C'est du fond du cœur que je vous remercie de votre remerciement*.

Vingt jours plus tard, Sainte-Beuve écrivait à Pavie :

28 février.

... Hugo a été (vous l'avez su) très bien pour moi en cette grave circonstance; il Ta été d'autant plus que la veille il avait voulu exiger de moi certaines modifications dans mon discours, lesquelles je n'avais pas consenties, et malgré mon refus fort net, il n'a rien changé à ses éloges. Ainsi, tout s'est passé dignement et avec une parfaite convenance. C'est le dernier hommage au passé, hélas 1 II y a même de la division^ là-dedans. Se féliciter de la convenance et dire que, cette condition rigoureusement observée, tout s'est passé à souhait ! Cher Pavie, qui eût dit cela il y a quinze ans, à

1. Inédite. L'autographe, des archives du vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, porte cette note de Sainte-Beuve : « Victor Hugo, après le discours académique. »

2. « Division », c'est ainsi qu'imprime M. Biré. Faut-il lire : <i dérision » ?

pareil mois, à pareil jour, lorsque les Consolations paraissaient * !

Oui, qui eût dit cela? Mais, à la même date, qui eût dit que Sainte-Beuve imprimerait le Livre cF amour?

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