‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 3 sur 166 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

En 1850, nous disent les biographes, Rossetti s'éprit d'une demoiselle de magasin, admirablement belle, Elisabeth Siddal, et s'en fit aimer. Mais il ne se décida qu'en 1860 à l'épouser.

Durant ces dix années, il n'avait pu ni renoncer à elle ni lui garder fidélité; et, par lui, elle avait souffert. Aussi, lorsque, le 10 février 1862, il la trouva morte en rentrant chez lui, fut-il saisi de remords. Comme don suprême et comme expiation, il déposa à ses côtés, dans le cercueil, l'unique manuscrit des vers qu'il avait composés jusqu'alors et il fît vœu de renoncer désormais à la poésie. Le temps passa; son chagrin s'affaiblit et ses remords se turent. Alors il regretta ses poèmes ; il voulut les ravoir. Dans la nuit du

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